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Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 29/09/2022
Mis à jour par Anaïs Badillo, le 22/04/2026


En France, les transports constituent le premier poste d'émissions de gaz à effet de serre, devant l'industrie et l'agriculture. Et au cœur de ce problème, une réalité têtue : notre dépendance quasi totale à la voiture individuelle thermique, qui concentre à elle seule plus de la moitié des émissions du secteur. Pour faire des choix éclairés, et peut-être repenser en profondeur notre façon de nous déplacer, encore faut-il comprendre comment se calcule réellement l'impact carbone de nos trajets. Dans cet article, découvrez l’empreinte carbone de vos transports favoris.
On calcule l'empreinte carbone d'un trajet en multipliant la distance parcourue durant ce déplacement par le volume moyen de CO₂e produit par passager et par kilomètre, en tenant compte du moyen de transport utilisé.
Pour illustrer de manière simple l'empreinte carbone des transports, on peut segmenter le calcul en deux phases principales qui constituent le cycle de vie du voyage (source : ADEME, Agir pour la transition) :
Ex. : Pour un trajet de 10 km seul(e) en voiture thermique, on convertit la consommation d'essence en CO₂e grâce à un facteur fixe : brûler 1 litre d'essence libère environ 2,9 kg de CO₂ dans l'atmosphère, ce qui donne ici 1,9 kg pour la phase de conduite. On y ajoute ensuite une portion du coût carbone associée à la fabrication du véhicule, c'est-à-dire l'énergie et les ressources utilisées pour sa construction, divisées par le total des kilomètres qu'il effectuera durant son existence, ce qui équivaut à 0,28 kg additionnels, portant le total à 2,18 kg CO₂e. À titre de comparaison, le même trajet en métro n’émet que 0,04 kg, car les émissions de construction sont réparties sur un très grand nombre de passagers et de trajets. La voiture thermique émet donc environ 55 fois plus que le métro.
1% of people cause half of global aviation emissions – study
The Guardian, 2020
Selon une moyenne de 101-220 passagers par vol en France et en considérant l'effet des traînées de condensation, prendre l'avion entraînerait une émission de 178 gCO₂e par km (source : Base Empreinte ADEME). L’empreinte carbone d’un vol en avion (trajet long) se décompose comme suit :
L'écart s'explique par la même logique : un avion est conçu pour voler des dizaines de milliers d'heures, en brûlant d'énormes quantités de kérosène à chaque vol. L'énergie consommée en opération sur toute sa durée de vie écrase donc largement celle mobilisée pour sa fabrication. C'est la combustion continue et intensive du carburant fossile en phase de vol qui domine l'empreinte, non la construction de l'appareil.
Calculez les émissions de carbone de vos trajets
ADEME, Agir pour la transition, 2025
Selon les chiffres fournis par le Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires, l’empreinte carbone des transports se décompose comme suit (source : Service des données et études statistiques, 2025) :
Une voiture thermique est un véhicule fonctionnant grâce à un carburant issu des énergies fossiles.
Une voiture à essence produirait une émission de 218 gCO₂e pour chaque kilomètre parcouru, soit l'équivalent de 2 kilomètres en bus conventionnel et de 74 kilomètres en TGV (source : Base Empreinte ADEME). L’empreinte carbone d’une voiture thermique se décompose comme suit :
Voiture thermique | Impact CO₂
Base Empreinte ADEME
Tout au long de sa durée de vie en France, une voiture électrique émet généralement 2 à 3 fois moins de CO₂e comparée à une voiture thermique.
Les idées reçues sur la voiture électrique
Carbone4
Les idées reçues sur le transport de marchandises et le climat
Carbon4, 2024
Pour comprendre ces écarts, il convient de s'appuyer sur l'intensité carbone — soit les émissions produites pour transporter une tonne de marchandises sur un kilomètre (gCO₂e/t.km). À cette aune, le fret aérien apparaît comme le mode le plus polluant, émettant environ 25 fois plus que le routier et plus de 100 fois plus que le maritime ou le ferroviaire. Le transport routier occupe ainsi une position intermédiaire : moins sobre que le rail ou le maritime, mais bien plus répandu, ce qui en amplifie l'impact global.
C'est pourquoi réduire les émissions du transport routier constitue un levier prioritaire dans toute stratégie de décarbonation du fret.
Pour rappel, pour évaluer correctement l'impact environnemental de chacun de nos modes de transport, il faut l'étudier sur l'ensemble du cycle de vie. On ne peut pas, par exemple, se contenter de dresser des comparaisons sur la base du niveau de consommation de carburant (même si cet aspect compte bien évidemment).
En 2022, le cabinet de conseil Carbone4 a tenté de produire une estimation à court et long terme de l'impact carbone de nos différents moyens de transport, pour une fourchette de distance parcourue entre 400 et 1000 kilomètres (voir tableau ci-dessous). Cependant, les données fournies semblent indiquer que bien que l'impact de la construction ne soit pas insignifiant, il n'affecte pas le classement des moyens de transport les plus polluants.
Ainsi, l'avion à courte distance se retrouve en tête du classement. Talonné de près par le véhicule thermique (utilisé pour de l'autosolisme, c'est-à-dire par un seul usager).
| Mode de transport | Intensité carbone à court terme (hors construction) | Intensité carbone à long terme (avec construction) |
|---|---|---|
| Avion court-courrier | 262 gCO2e/passsager.km | 264 gCO2e/passsager.km |
| Voiture thermique - autosolisme | 173 gCO2e/passsager.km | 240 gCO2e/passsager.km |
| Voiture électrique - autosolisme | 18 gCO2e/passsager.km | 112 gCO2e/passsager.km |
| Voiture thermique | 79 gCO2e/passsager.km | 109 gCO2e/passsager.km |
| Voiture électrique | 8 gCO2e/passsager.km | 51 gCO2e/passsager.km |
| Autocar | 28 gCO2e/passsager.km | 30 gCO2e/passsager.km |
| TGV | 3 gCO2e/passsager.km | 10 gCO2e/passsager.km |