Fermer

Votre demande a bien été prise en compte.

Merci, votre email a été ajouté à notre base. Prêt(e) à voir la vie en vert ?

Réindustrialisation et transition écologique : est-ce compatible ?

La réindustrialisation est un enjeu majeur pour la France, au même titre que la transition écologique. Ces deux défis sont-ils compatibles ? Réponse dans cet article.
Entreprise
2023-05-12T00:00:00.000Z
fr-fr

Cela fait 40 ans que la France est victime d’une désindustrialisation excessive fragilisant l’économie nationale. À cela s'ajoute la volonté de devenir neutre en carbone en 2050 en vue de respecter l'Accord de Paris. 

La réindustrialisation et la transition écologique de la France constituent alors deux grands enjeux du pays. Mais sont-ils compatibles ? Comment relancer l’économie du pays sans impacter négativement effectuant notre transition écologique ?

Pourquoi la réindustrialisation de la France est-elle nécessaire ?

La réindustrialisation est le fait d’encourager la production industrielle en France (automobile, agro-alimentaire ou encore aéronautique) en vue d’améliorer l’économie du pays, mais pas que. 

La France victime d’une désindustrialisation excessive

Publiée dans Le Monde, la tribune de quatre économistes pointe du doigt la fragilité de l’approvisionnement de la France en produits de toutes sortes (des médicaments, des denrées alimentaires, du pétrole, du gaz, etc.). Quatre causes : 

  • la concurrence internationale ;
  • la dépendance de la France à une chaîne d’approvisionnement mondialisée ;
  • la politique de l’époque considérée comme trop expansionniste ;
  • le progrès technique trop rapide pour l’Hexagone.

Cela fait quarante ans que le pays est victime d’une désindustrialisation excessive qui ne cesse de s’aggraver. Émis pour la première fois à la fin des années 2000, ce constat s’est renforcé avec la crise de Covid-19, la guerre en Ukraine et les divers événements survenus au fil des années (à l’image du porte-conteneurs coincé dans le canal de Suez).

Pour améliorer son positionnement - notamment dans les rapports de force internationaux et commerciaux - la France doit élaborer une stratégie de réindustrialisation visant à : 

  • regagner une capacité productive correcte ;
  • retrouver son indépendance ;
  • récupérer des technologies différenciantes.
ouvrier habillé en orange

Les conséquences sociales, économiques et environnementales de la désindustrialisation

Malheureusement, la désindustrialisation a eu un impact néfaste sur l’économie, l’environnement et le plan social. 

Privilégier les importations à la production nationale - la main-d'œuvre étrangère étant moins chère - a mené le secteur du travail sur une pente fragile. Entre 1970 et 2021, l’emploi du secteur manufacturier a chuté de 29 % à 11 %. 
Selon l’étude du CEPII, près de 40 % des salariés ne sont pas parvenus à retrouver d’emploi un an après leur licenciement. Pour les quelques “chanceux” ayant retrouvé un emploi, ils ont dû accepter une baisse de salaire significative.

L’environnement n’est pas en reste. La désindustrialisation est à l’origine de deux grands impacts écologiques : 

  • elle a favorisé la production dans des pays où les normes environnementales sont moins exigeantes qu’en France en terme d’émission de GES ;
  • elle a allongé les distances parcourues entre le lieu de production et le lieu de consommation.
Aujourd’hui, l’industrie française génère 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). En outre, 50 sites industriels les plus émetteurs de France sont responsables de 11 % des émissions nationales totales de GES.

Réindustrialisation et transition écologique, étroitement liés ?

L’action climatique doit s’intensifier

Au-delà d’améliorer l’économie nationale, la réindustrialisation de la France doit s’effectuer rapidement tout en prenant en compte les enjeux écologiques actuels - événements météorologiques extrêmes, dépassement de six des neuf limites planétaires, augmentation des températures, etc.

C’est pourquoi les signataires de l’Accord de Paris se sont engagés à limiter la température du réchauffement climatique à + 1,5 °C d’ici 2050 en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). En outre, la France a pour intention d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Un objectif ambitieux, mais qui n’est pas hors d’atteinte.

Il est vrai que l’augmentation de la production industrielle et la transition technologique paraissent contradictoires et incompatibles - l’industrie étant associée aux énergies fossiles et à une forte consommation d’énergie. Néanmoins, la création d’une industrie plus propre et respectueuse de l’environnement pourrait être la solution.

La réindustrialisation permet de financer la transition écologique 

La transition écologique - qui passe essentiellement par la réduction des émissions de gaz à effet de serre - ne peut s’effectuer sans la réindustrialisation du pays, et ce, principalement pour des questions financières. 

Dans les faits, si la production industrielle de la France demeure insuffisante - c’est-à-dire qu’elle génère peu de bénéfices, elle ne sera pas en mesure de financer la transition écologique du pays. 

C’est pourquoi le gouvernement a lancé plusieurs initiatives ayant pour objectif de réorienter les investissements vers des secteurs respectueux de l’environnement. Par exemple, le financement de projets innovants en matière de technologies vertes, de mobilité durable ou d’énergies renouvelables est fortement encouragé.

autoroute avec voitures

Quels sont les deux principaux plans de réindustrialisation de la France ?

Le projet de loi Industrie verte

Le projet de loi Industrie verte est actuellement en cours de création. Deux objectifs : 

  • renforcer l’attractivité et la compétitivité de la France tout en intégrant les enjeux climatiques ;
  • accompagner l’industrie dans sa décarbonation

Pour y parvenir, 29 propositions réunies autour de cinq thématiques ont été émises : 

  • transformer la fiscalité pour faire grandir l’industrie verte ;
  • faciliter l’implantation de sites industriels grâce à l’ouverture des usines, la réhabilitation des friches et la mise à disposition des terrains ;
  • produire, commander et acheter en France - le bonus automobile sera accordés aux batteries et aux véhicules produits en Europe ;
  • financer l’industrie verte française en créant un label et en transformant le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) en un Livret vert ;
  • former aux métiers de l’industrie verte.

✍️ À noter : le projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres à la mi-mai.

France 2030

Le plan France 2030 incite à l’innovation et à l’excellence technologique. Deux ambitions : rattraper le retard de l’Hexagone dans certains secteurs historiques et créer de nouvelles filières industrielles et technologiques. Il est doté de 54 milliards d’euros sur cinq ans.

Dix objectifs ont été définis pour répondre aux plus grands défis de notre temps répartis en trois catégories : mieux produire, mieux vivre et mieux comprendre. En outre, six principaux leviers ont été établis pour atteindre ces objectifs : 

  • sécuriser l’accès aux matières premières ;
  • sécuriser l’accès aux composants stratégiques - notamment électroniques, robotiques et machines intelligentes ;
  • développer les talents en construisant les formations de demain ;
  • maîtriser les technologies numériques souveraines et sûres ;
  • s’appuyer sur l’excellence des écosystèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation ;
  • accélérer l’émergence, l’industrialisation et la croissance des start-ups.

👉 Au total, les plans France Relance et France 2030 ont permis la création de 37 000 emplois industriels en 2022, un record depuis 2008. [chiffre issu du Times]

Comment concilier réindustrialisation et transition écologique ?

La réindustrialisation implique la révision totale - voire la destruction - de nos modes de production et d’approvisionnement actuels. Voici les actions à mettre en œuvre pour développer une industrie décarbonée.

Décarboner le mix électrique des industries

Les procédés et les modes de production actuellement utilisés par les industries ne sont plus tous jeunes et datent parfois de plusieurs siècles (200 ans en moyenne). Depuis la révolution industrielle, les industries fonctionnent essentiellement aux énergies fossiles. Or, ce type d’énergie contribue entre autres au réchauffement climatique et à l’épuisement des ressources naturelles.

En vue de réduire de 55 % les émissions de GES de la France d’ici 2030 et de respecter les normes environnementales actuelles, il devient urgent de remplacer les énergies fossiles par des technologies décarbonées. Plusieurs pistes sont étudiées : 

  • l’hydrogène bas-carbone, dont la production et l’utilisation n’émettent pas de CO2. Il peut substituer le charbon et le gaz naturel utilisés dans le cadre de procédés chimiques, sidérurgiques, le transport lourd ou à grande distance ;
  • la biomasse, une ressource entièrement composée de matières organiques utilisée pour fournir de très hautes températures de combustion nécessaires à de nombreux procédés industriels ;
  • l’électrification des procédés grâce au remplacement des moteurs et des chaudières fonctionnant aux énergies fossiles, par des composants fonctionnant à l’électricité décarbonée - c’est-à-dire issue des énergies renouvelables.

Séquestrer le carbone

Malgré la décarbonation de l’industrie, des émissions de GES seront encore émises - certes en faibles quantités. Cependant, pour garantir une réindustrialisation 100 % verte, il convient de capturer et de séquestrer le CO2 résiduel. 

Encore à l’étude, des technologies envisagent de capturer le CO2 avant qu’il n’atteigne l’atmosphère, puis de le stocker dans des formations géologiques profondes. L’ensemble des secteurs est concerné, même si la pétrochimie, le ciment et la métallurgie sont prioritaires.

fumée usine

Encourager l’innovation 

Au-delà de remplacer les procédés traditionnels, le gouvernement s’emploie à encourager l’émergence de solutions de décarbonation provenant des start-ups, des PME et des ETI. L’objectif ? Faire des entreprises françaises des leaders dans ce domaine.

À ce titre, selon le dernier recensement de BpiFrance, l’année 2022 a vu l’éclosion de 76 nouveaux sites industriels portant à 1 900 le nombre de start-ups et de PME industrielles en France. 
Dans le détail, 35 sont des start-ups ayant inauguré leur première usine (16), lancé leurs démonstrateurs (12), ouvert des extensions d’usine (2) ou déménagé vers un nouveau site (4). Les 41 restants sont des PME ou ETI œuvrant dans le secteur des biens de consommation et de l’agro-industrie. 

👉 D’ici 2025, l’objectif est d’ouvrir 100 nouveaux sites chaque année.

Produire selon nos besoins

Depuis le XIXe siècle, la compétition commerciale internationale et le principe du « toujours plus » régissent notre économie. Or, ce modèle bafouant les enjeux écologiques n’est plus viable (épuisement des ressources naturelles, pollution de l’air, de l’eau et des sols, gaspillage, etc.).

La réindustrialisation est bel et bien compatible avec la transition écologique, si et seulement si la production industrielle intègre les enjeux écologiques à chacune des étapes. La création d’un modèle économique durable implique de former les parties prenantes aux enjeux environnementaux et de favoriser la coopération entre les salariés, les fournisseurs, les clients et les acteurs publics.

Contribuez à la réindustrialisation du pays !

En vue de respecter les objectifs climatiques de la France, chaque entreprise est invitée à limiter ses émissions de gaz à effet de serre. Vous souhaitez prendre part à ce mouvement collectif ?

Découvrez gratuitement la plateforme Greenly lors d’une démonstration sans engagement.

Homme souriant
Logo coloré "time to change"

Green-Tok, la newsletter consacrée à la révolution climatique

On fait le bilan de l'actualité green une fois par mois (ou plus si on trouve des choses intéressantes à vous raconter)

Plus d’articles

Entreprise
globe terrestre au centre du logo de recyclage

Critères ESG : définitions et enjeux

photo Justine Dumont
Par
Justine Dumont

Quels sont les différents critères ESG ? Quelles sont leurs utilités ? Pourquoi le sintégrer au sein de son entreprise ? Sont-ils infaillibles ? Toutes les réponses dans cet article.

Bilan Carbone
Entreprise
plusieurs personnes travaillant sur des ordinateurs

ESN : 5 raisons de faire votre bilan carbone

photo Justine Dumont
Par
Justine Dumont

En quoi consiste un bilan carbone ? Pourquoi les ESN (entreprises de services du numérique) doivent-elles en réaliser un ? Réponses dans cet article.

Bilan Carbone