
Le guide du Bilan Carbone® entreprise en 2026
Le Bilan Carbone® est une méthode de référence française qui offre la possibilité d'estimer les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'une entreprise.


Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 15/10/2026


La norme ISO 50001 établit les critères d'un système de gestion de l'énergie : un cadre permettant à une organisation d'évaluer sa consommation, de déterminer des objectifs d’amélioration et de diminuer de manière pérenne ses coûts énergétiques. Publiée par l’Organisation internationale de normalisation en 2011, puis révisée en 2018, elle s’applique à toute organisation, quels que soient sa taille et son secteur. Depuis la loi DDADUE, la certification n’est plus seulement volontaire : au-delà de 23,6 GWh de consommation annuelle, elle est obligatoire d’ici le 11 octobre 2027. Entre 2,75 et 23,6 GWh, un audit énergétique est exigé tous les quatre ans, sauf pour les entreprises déjà certifiées.


Définition de la norme ISO 50001
Afnor
Établie par l'Organisation internationale de normalisation en 2011, la norme ISO 50001 « Management de l'Énergie » stipule les exigences nécessaires pour mettre en place un système de management de l’énergie (SME).
Ledit système permet à une entreprise de connaître, d’analyser et de suivre sa consommation énergétique, mais également d’identifier les gaspillages et les sources d’économies d’énergie.
Un système de management de l’énergie (SME) est un ensemble de règles et de pratiques qui structure la gestion de l’énergie dans l’organisation.
Il ne prescrit aucun niveau de performance à atteindre : il impose une méthode pour progresser en continu.
Concrètement, un système de management de l’énergie repose sur quatre outils clés :
Ces outils s’inscrivent dans le cycle PDCA (« Plan-Do-Check-Act ») :
La norme ISO 50001 appartient à la série ISO 50000, consacrée à la gestion de l’énergie. Les autres normes de la série la complètent : certaines encadrent la réalisation des audits énergétiques, d’autres précisent comment mesurer la performance énergétique, ou comment certifier et améliorer un système de management de l’énergie. En outre, une entreprise peut appliquer ladite norme peu importe son niveau de performance énergétique.
Ensemble, elles fournissent un cadre complet pour aider les organisations à gérer leur énergie de manière efficace et structurée.
Voici en détail comment la norme ISO 50001 s'intègre dans la série ISO 50000 dédiée à l'énergie :
Série ISO 50000 : Normes pour le management et la performance énergétique
ISO 50002
« Audits énergétiques – Exigences et recommandations de mise en œuvre »
ISO 50003
« Systèmes de management de l’énergie – Exigences pour les organismes procédant à l’audit et à la certification de systèmes de management de l’énergie »
ISO 50004
« Systèmes de management de l’énergie – Lignes directrices pour la mise en œuvre, la maintenance et l’amélioration d’un système de management de l’énergie »
ISO 50006
« Systèmes de management de l’énergie – Mesurage de la performance énergétique à l’aide des situations énergétiques de référence (SER) et des indicateurs de performance énergétique (IPÉ) – Principes généraux et lignes directrices »
ISO 50007
« Services énergétiques – Lignes directrices pour l’évaluation et l’amélioration du service énergétique aux utilisateurs »
La norme ISO 50001 a été révisée pour la première fois en 2018 afin de la rendre plus précise et opérationnelle.
Deux points principaux ont été ajoutés :
En bref, la version 2018 ne crée pas de nouveaux objectifs (réduction des coûts, conformité…), mais elle précise les méthodes et concepts pour les atteindre, rendant l’application de la norme plus claire et plus fiable.
Enfin, en février 2024, l’ISO a publié un amendement à la norme ISO 50001:2018, comme à une trentaine d’autres normes de systèmes de management. Il impose à l’organisation de déterminer si le changement climatique constitue un enjeu pertinent pour elle, dans l’analyse de son contexte. Il précise aussi que les parties intéressées peuvent avoir des attentes liées au climat, dont il faut tenir compte. Sans fixer de nouvel objectif, l’amendement intègre le climat à la réflexion stratégique de l’entreprise. Pour les entreprises déjà certifiées, ce point est vérifié lors des audits de suivi, sans démarche de recertification spécifique.
La norme ISO 50001 porte sur le management de l’énergie, visant à améliorer l’efficacité énergétique des entreprises. La norme ISO 14001 traite de la gestion environnementale dans un sens étendu, englobant la gestion des impacts liés à l'air, à l'eau, aux déchets et aux ressources naturelles. ISO 50001 vise à minimiser la consommation d'énergie et les dépenses qui y sont liées. L'ISO 14001 a plutôt pour objectif de prévenir les risques de pollution et de réduire au minimum l'impact global sur l'environnement. Même si les deux standards reposent sur le cycle Plan-Do-Check-Act (PDCA), cependant, ils se différencient par des objectifs et indicateurs distincts.
La norme ISO 50001 est obligatoire depuis la loi DDADUE pour les entreprises consommant au moins 23,6 GWh d’énergie par an.
Depuis le 1er octobre 2025, les obligations énergétiques des entreprises ne dépendent plus de leur taille, mais de leur consommation annuelle moyenne d’énergie finale : audit énergétique dès 2,75 GWh, certification ISO 50001 dès 23,6 GWh. Ce changement découle de la loi DDADUE du 30 avril 2025, qui transpose la directive européenne (UE) 2023/1791 sur l’efficacité énergétique.
Jusqu’ici, l’audit énergétique ne visait que les grandes entreprises : plus de 250 salariés, ou un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros et un total de bilan supérieur à 43 millions d’euros. Désormais, une PME très consommatrice peut être concernée, tandis qu’une grande entreprise peu consommatrice peut ne plus l’être.
La certification ISO 50001 n'est pas exigée au-delà de 23,6 GWh dans deux scénarios : si l'entreprise possède déjà un système de gestion environnementale certifié ISO 14001 comprenant un audit énergétique, ou si elle a conclu un contrat de performance énergétique.
Peu importe la direction choisie, la loi impose une nouvelle obligation : l'entreprise doit élaborer un plan d'action basé sur les recommandations de son audit ou de son système de gestion de l'énergie. Ce projet doit par la suite être divulgué dans son rapport annuel (source : Legifrance, article 25, 2025).
À date, aucune entreprise n’est encore tenue d’être certifiée en 2026 : l’obligation s’applique au plus tard le 11 octobre 2027, aux entreprises qui consomment au moins 23,6 GWh d’énergie finale par an.
Les entreprises dont la consommation annuelle moyenne d’énergie finale est comprise entre 2,75 et 23,6 GWh doivent réaliser un audit énergétique tous les quatre ans, couvrant au moins 80 % de leur consommation.
Le premier audit devait être réalisé au plus tard le 11 octobre 2026.
Les entreprises qui disposent d’un système de management de l’énergie certifié ISO 50001, couvrant lui aussi au moins 80 % de leur consommation, en sont dispensées (source : DREAL, 2026).
Pour en savoir plus, consultez notre guide sur l’audit énergétique obligatoire.
Le processus d'obtention du certificat s'étalant sur une période de six à dix-huit mois, il serait judicieux pour les entreprises concernées de commencer la procédure sans tarder.
Pour une consommation annuelle d'énergie finale dépassant 23,6 GWh, l'audit devient insuffisant : d'ici au plus tard le 11 octobre 2027, l'entreprise est tenue de posséder un système de gestion de l'énergie certifié ISO 50001 couvrant au moins 80 % de sa consommation.
En bref, pour obtenir la certification ISO 50001, l’entreprise met en place un système de management de l’énergie, puis le fait auditer par un organisme accrédité par le COFRAC, qui délivre un certificat valable trois ans.
La mise en œuvre, qui adhère au principe du cycle PDCA, comprend six phases : l'engagement de la direction, l'exécution de la revue énergétique, l'établissement de la politique énergétique, le déploiement des actions, l'évaluation des résultats, suivie de l'audit de certification.
Ces étapes, allant de la revue énergétique à l'audit de certification, sont décrites ci-dessous :
La certification ISO 50001 est délivrée par un organisme certificateur indépendant, accrédité en France par le COFRAC (Comité français d’accréditation).
L’audit de certification ISO 50001 se déroule en deux temps :
La liste des organismes accrédités est consultable sur le site du COFRAC.
Le certificat ISO 50001 est valable trois ans.
Pendant cette période, l’organisme certificateur réalise chaque année un audit de surveillance, pour vérifier que le système fonctionne et que la performance énergétique progresse.
À l’issue des trois ans, un audit de renouvellement permet de reconduire la certification.
La délivrance du certificat se fait sur une période comprise entre 6 et 18 mois, après le lancement des premières démarches. La durée du processus peut varier, dépendant du nombre et de la taille des sites concernés par la demande.
En priorité, deux profils doivent être formés : le référent énergie qui gère le système de management, et les auditeurs internes qui assurent son application. La formation peut se faire auprès d’un organisme spécialisé ou, pour une première certification, avec l’appui d’un consultant.
La norme ISO 50001 exige que les personnes dont le travail influe sur la performance énergétique disposent des compétences nécessaires. En pratique, deux profils sont à former en priorité :
Faire appel à un bureau d’études ou à un consultant n’est pas obligatoire. Un accompagnement externe peut toutefois accélérer la revue énergétique et la préparation de l’audit, en particulier pour une première certification.
Depuis la fermeture des inscriptions au programme PRO-SMEn, fin 2025, la principale aide disponible est le programme PACTE Industrie, ouvert jusqu’au 31 décembre 2028. Destiné aux entreprises industrielles, il finance des formations et un accompagnement pour mettre en place un système de management de l’énergie conforme à ISO 50001.
La certification ISO 50001 est délivrée par un organisme accrédité : Greenly n’intervient pas dans cette étape.
Toutefois, un système de gestion de l'énergie se fonde principalement sur des informations précises, c'est là que la plateforme Greenly joue un rôle crucial.
Greenly recueille les informations sur la consommation d'énergie de vos installations et les traduit en émissions de gaz à effet de serre pour les scopes 1 et 2.
Ces données servent de base à votre revue énergétique, aident à repérer vos usages énergétiques significatifs et permettent de suivre vos progrès d’une année sur l’autre. Elles alimentent aussi vos autres obligations : le plan d’action exigé par la loi DDADUE, le bilan d’émissions de gaz à effet de serre réglementaire (BEGES) ou, pour les entreprises soumises à la CSRD, l’indicateur ESRS E1-5 sur la consommation et le mix énergétiques.
Sollicitez une démo de la plateforme Greenly pour piloter vos consommations d’énergie et les émissions associées.
Les pratiques de management de l’énergie d’organismes engagés dans l'iso 50001
AFNOR, 2024
La certification demande un investissement de départ (audits, formation, équipements de mesure), mais elle structure durablement la gestion de l’énergie : l’entreprise identifie ses principaux postes de consommation, fixe des objectifs chiffrés et mobilise l’ensemble de ses équipes.
Par conséquent, les principaux bénéfices reconnus dans la norme ISO 50001:2018 sont les suivants :
| Avantages | Détails |
|---|---|
|
Réduction des coûts énergétiques
|
Amélioration de l'efficacité énergétique et réduction des coûts grâce à la détection et suppression des gaspillages, optimisation des processus et du matériel. À partir de ce constat, il devient possible de préciser les changements à opérer : isolation des locaux, recours aux énergies renouvelables plutôt qu'aux énergies fossiles, etc., pour prévenir l’augmentation du prix de l’énergie ! Selon l’étude AFNOR Énergies parue en 2019, 54 % des entreprises perçoivent un retour sur investissement plus élevé ou équivalent à leurs estimations. |
|
Image de marque renforcée
|
Différenciation face aux appels d'offres publics (critères RSE obligatoires), réponse aux exigences des donneurs d'ordres et investisseurs ESG, etc. Les entreprises certifiées peuvent bénéficier aussi d'un avantage concurrentiel sur les marchés publics et privés, où les critères environnementaux deviennent déterminants. |
|
Réduction de l’empreinte carbone
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Baisse quantifiable des émissions de Scope 1 et 2, contribution aux objectifs de neutralité carbone 2050, avec des gains d’efficacité énergétique constatés autour de 4 % la première année puis environ 3 % par an en moyenne, permettant une réduction progressive et mesurable des émissions de CO₂ liées à l’énergie (Sciencedirect, 2023). |
|
Performance énergétique mesurable
|
Mise en place d'indicateurs de suivi, appelés IPÉ, afin de définir et suivre des mesures chiffrées de la consommation d’énergie (par exemple kWh par m² ou par produit fabriqué), pour suivre l’efficacité énergétique, détecter les écarts et guider les actions d’amélioration. |
|
Amélioration continue
|
Implémentation du processus PDCA (Planifier-Faire-Vérifier-Agir) pour une amélioration continue. Procédure en quatre phases, qui consiste à planifier une action, à l'exécuter, à contrôler les résultats et à modifier les actions si nécessaire. |
Oui, pour les plus gros consommateurs d’énergie. Depuis la loi DDADUE, les entreprises dont la consommation annuelle d’énergie finale atteint 23,6 GWh doivent disposer d’un système de management de l’énergie certifié ISO 50001 au plus tard le 11 octobre 2027, sauf dispense. Pour les autres, la certification reste volontaire.
Seuls les organismes accrédités par le COFRAC peuvent délivrer une certification ISO 50001 reconnue en France. C’est le cas notamment d’AFNOR Certification, de Bureau Veritas ou de SGS. La liste complète est consultable sur le site du COFRAC.
Il n’existe pas de tarif unique. La norme ISO 50003 détermine la durée et, par conséquent, le coût de l’entreprise. Elle dépend de la consommation d’énergie de l’entreprise, du nombre de sources d’énergie, du nombre d’usages énergétiques significatifs et de l’effectif concerné. En plus de l'audit, le coût inclut la préparation en interne, l'embauche potentielle d'un consultant et la mise en place de compteurs. Le plus simple est de demander des devis à plusieurs organismes certificateurs.
Non, l’ISO n’autorise pas l’usage de son logo. Une entreprise certifiée utilise la marque de l’organisme certificateur.
Une démarche énergétique peut se combiner souvent avec d’autres référentiels.
À titre d'exemple, l'ISO 50001 peut se baser sur le cadre d'autres normes pour améliorer les pratiques en matière énergétique et environnementale. Par exemple, la norme ISO 50001 partage de nombreuses similarités avec les normes ISO 14001 (système de gestion environnementale) et ISO 9001 (système de gestion de qualité). En effet, elles peuvent servir de condition préalable à l'adoption de cette dernière.
En détails, voici les normes ISO les plus utilisées, de la mesure du carbone aux achats responsables :
| Standard ISO | Description | Informations supplémentaires |
|---|---|---|
| ISO 14001 | Systèmes de gestion environnementale - Exigences avec des lignes directrices pour l'utilisation. | En savoir plus |
| ISO 14067 | Gaz à effet de serre - Empreinte carbone des produits - Exigences et lignes directrices pour la quantification. | En savoir plus |
| ISO 14040 | Principes et cadre pour l'Analyse du Cycle de Vie des produits et services. | En savoir plus |
| ISO 9001 | Systèmes de management de la qualité - Exigences pour que les organisations fournissent de manière cohérente des produits et services conformes aux exigences des clients et aux exigences réglementaires. | En savoir plus |
| ISO 26000 | Norme de responsabilité sociétale donnant des lignes directrices pour intégrer le développement durable dans la stratégie et les pratiques des organisations. | En savoir plus |
| ISO 14064 | Gaz à effet de serre - Spécification et lignes directrices pour la quantification et la déclaration des émissions et suppressions de GES. | En savoir plus |
| ISO 14025 | Déclarations environnementales de type III - Principes et procédures pour la communication des informations environnementales sur les produits. | En savoir plus |
| ISO 20400 | Achats responsables – Lignes directrices pour intégrer la responsabilité sociétale et le développement durable dans les pratiques d’achat. | En savoir plus |
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