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Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 02/10/2024
Mis à jour par Anaïs Badillo, le 14/04/2026


La nature faisant bien les choses, notre planète a été dotée d’un cycle du carbone particulièrement bien huilé. Ce cycle n’a rien d’anecdotique puisqu’il permet une forme de « recyclage » chimique de cet élément ô combien décrié depuis l’émergence du débat autour du changement climatique. Pourtant, le carbone est un élément essentiel à toute forme de vie, car il se trouve à la base de nombreuses molécules complexes telles que les protéines, les lipides, ou encore les glucides. Autant d’éléments impliqués dans l’élaboration des tissus des organismes vivants — dont nous faisons partie.
Cycle du carbone : qu'est-ce qui le perturbe
EcoTree, 2023
Même si le carbone n’est pas l’élément chimique le plus présent sur Terre, il est probablement le plus central dans le fonctionnement et l’évolution du système Terre...
Le carbone n'est pas présent sur Terre depuis des milliers d'années, mais depuis des milliards d'années. À l'échelle cosmique, il a été forgé au cœur d'étoiles massives bien avant que notre planète n'existe, lors de processus de fusion nucléaire. Il est présent sur Terre depuis sa formation, il y a 4,5 milliards d'années — il n'y a pas été créé, il y était déjà, piégé dans les roches et les gaz primitifs.
Mais qu'est-ce que le carbone, concrètement ? C'est un atome — l'une des briques de base de la matière — doté d'une propriété exceptionnelle : il possède 4 points d'accroche (appelés liaisons) qui lui permettent de se connecter à presque tous les autres éléments chimiques et de former des molécules d'une complexité remarquable. Le sucre que vous mangez, le bois d'un arbre, le pétrole, votre ADN : tout cela est construit autour du carbone.
Même s'il n'est pas l'élément le plus abondant sur Terre, il est sans doute le plus central : sans lui, il n'y aurait ni plantes, ni animaux, ni êtres humains. C'est la structure invisible qui soutient tout ce qui vit.
Dans notre atmosphère, il se trouve principalement sous forme de dioxyde de carbone (CO₂), mais aussi de méthane (CH₄). Le CO₂ représente à lui seul 99 % du carbone atmosphérique — et joue un rôle clé dans la régulation de la température de notre planète (source : Institut Pierre Simon Laplace).


Imaginez la Terre comme un immense système de réservoirs communiquant entre eux pour faire circuler le carbone, cet ingrédient essentiel à la vie.
Bien que l'atmosphère ne renferme qu'une petite fraction du volume total, elle demeure le point de convergence où tout se rencontre. En revanche, la lithosphère, qui est le sol profond, représente le gigantesque coffre-fort où le carbone demeure sous forme de roche pendant des millions d'années. Entre ces deux entités, la biosphère et les mers, un processus de respiration s'opère : les végétaux assimilent ce gaz pour leur croissance, tandis que l'eau agit comme une éponge massive en l'absorbant, générant ainsi un équilibre naturel fragile (source : Ministères Aménagement du territoire Transition écologique).
De manière générale, il existe un cycle du carbone sur la plupart des planètes, mais celui de la Terre est particulièrement complexe du fait de la présence d'organismes vivants (source : Futura Sciences, 2023).
Le carbone n'est pas statique : il se déplace continuellement entre l'air, les terres, les mers et les organismes vivants. C'est un cycle biogéochimique — c'est-à-dire un grand circuit naturel qui englobe l’ensemble des mouvements du carbone sur la Terre, et mêle à la fois la géologie (les roches, les océans, les sols), la chimie (les réactions entre molécules) et le vivant (plantes, animaux, micro-organismes).
Le cycle du carbone
Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA)
Lorsqu'une plante utilise le CO₂ pour produire ses feuilles par le biais de la photosynthèse, elle « capte » le carbone présent dans l'atmosphère et le convertit en matière organique. Lorsque vous respirez, vous émettez ce carbone dans l'atmosphère sous la forme de CO₂. Et lorsque qu'une feuille morte se dégrade dans le sol, ce carbone est également libéré — prêt à être réintégré dans un nouveau cycle.
Lorsqu'une plante utilise le CO₂ pour produire ses feuilles par le biais de la photosynthèse, elle « capte » le carbone présent dans l'atmosphère et le convertit en matière organique. Lorsque vous respirez, vous émettez ce carbone dans l'atmosphère sous la forme de CO₂. Et lorsque qu'une feuille morte se dégrade dans le sol, ce carbone est également libéré — prêt à être réintégré dans un nouveau cycle.
Les processus biochimiques visent à assurer la croissance et la conservation de l'organisme, tout en tirant de l'énergie de l'environnement extérieur pour la convertir en une forme que les cellules peuvent utiliser, principalement l'ATP (cette dernière est tout simplement la source principale d'énergie des cellules — on la désigne fréquemment comme « la monnaie énergétique » du corps).
Les processus géochimiques se réfèrent aux réactions chimiques et physiques qui orchestrent le déplacement d'éléments tels que le carbone entre les roches, l'eau et l'air sur des périodes de temps très longues. Plus précisément, voici les processus qui suivent :
Dissolution & fixation en carbonate de calcium : une grande partie du dioxyde de carbone atmosphérique se dissout dans nos océans pour devenir du carbonate de calcium (CaCO₃), qui est notamment présent dans la composition des coquilles et squelettes propres aux organismes marins.
Sédimentation et fossilisation : les micro-organismes et végétaux marins s'accumulent au fond des océans. Leurs coquilles, riches en calcaire, finissent par former des roches inertes qui piègent le carbone durablement. Quant à leur matière organique enfouie, elle se transforme lentement, sous l'effet de la pression et de la chaleur, en hydrocarbures (pétrole et gaz). La combustion de ces hydrocarbures entraîne l’oxydation du carbone qu’ils contiennent et sa libération rapide dans l’atmosphère sous forme de CO₂.
Activité volcanique : les volcans et les geysers rejettent du dioxyde de carbone et du méthane dans l'atmosphère, libérant ainsi le carbone emprisonné depuis des millions d'années dans les profondeurs de la Terre.
Ministères Aménagement du territoire Transition écologique
Cycle du carbone (HU)
Pendant des millions d'années, le cycle du carbone a fonctionné comme un système naturellement équilibré — autant de carbone absorbé que rejeté. Tout a basculé avec la révolution industrielle : en brûlant massivement du pétrole, du charbon et du gaz, l'Homme a libéré en quelques siècles le carbone que la Terre avait mis des millions d'années à enfouir.
N'oubliez pas : le carbone circule constamment entre l'atmosphère, les océans, le sol et les êtres vivants. Ce vaste circuit opère telle une balance naturelle — chaque compartiment capte et émet du carbone à une cadence que les autres peuvent supporter. Depuis l'ère industrielle, nous consommons du pétrole, du charbon et du gaz — ces hydrocarbures que la Terre a enfouis pendant des millions d'années — et nous les relâchons massivement dans l'atmosphère sous forme de CO₂. Ce surplus de CO₂ ne peut être absorbé assez rapidement par les océans et les forêts : l'équilibre se rompt. En effet, le CO₂ possède une caractéristique physique distincte : tout comme une vitre de serre, il permet à la chaleur solaire d'entrer, mais bloque sa dispersion dans l'espace.
Plus ce gaz s'accumule dans l'atmosphère, plus cette couche vitrée devient épaisse - et plus la température de surface terrestre augmente. Il s'agit du réchauffement climatique : ce n'est pas un phénomène énigmatique, mais le résultat direct d'un cycle du carbone que nous avons saturé.
La concentration en CO₂ dans l’atmosphère a augmenté, passant de 280 ppmv (parties par million en volume) en 1800 à 423,9 ppm en 2024 (source : World Meteorological Organization WMO, 2025).
La perturbation du cycle du carbone va au-delà d'une simple augmentation de températures — elle entraîne plutôt une chaîne de déséquilibres qui se renforcent mutuellement (par exemple, les puits de carbone commencent à se dérégler en raison de leur saturation en absorption de carbone).
La réponse semble tomber sous le sens, mais répétons-le : réduire nos émissions de gaz à effet de serre constitue une priorité absolue.
La solution principale est claire : mettre fin à l'extraction et à la combustion des énergies fossiles, car cela libère dans l'atmosphère du carbone qui a été enfoui pendant des millions d'années. Il est indispensable d'augmenter considérablement l'utilisation des énergies renouvelables, de reboiser (pour servir de puits de carbone) et de préserver les océans qui retiennent 30% du carbone que nous émettons.
Mais voilà le vrai problème : tout dépend de ce qui sera décidé à l'échelle planétaire. Les efforts individuels comptent peu quand 100 entreprises sont responsables de 71% des émissions mondiales — TotalEnergies, Shell, Saudi Aramco (source : Business and Human Rights Centre). Tant que ces géants continuent de produire sans contrainte réelle, les petits gestes quotidiens ne changeront presque rien à la trajectoire globale.
Il s'agit donc véritablement d'une approche politique et collective : taxer lourdement le carbone, imposer des législations strictes aux multinationales, et provoquer une transition industrielle à l'échelle mondiale.
Les mauvaises langues diront qu’une poignée de particuliers alignant leurs efforts du quotidien ne sauveront pas davantage le cycle du carbone qu’ils n’enrayeront le changement climatique - ce qui est vrai. Ce qui l’est moins, en revanche, c’est de laisser entendre que toute tentative de mobilisation en faveur de cette cause est vouée à l’échec. En tout état de cause, si mobilisation il y a, elle devra bien de commencer quelque part. Alors pourquoi pas du côté de ceux dont on méprise si souvent la contribution ?
En tant qu'individus, il y a de nombreuses actions que nous pouvons entreprendre pour diminuer considérablement notre empreinte écologique - et plus précisément notre empreinte carbone (réduire sa consommation de viande, favoriser l'utilisation des transports collectifs, minimiser ses voyages en avion, entreprendre des rénovations énergétiques, s'impliquer activement dans la sphère publique et associative afin de provoquer du changement).