Le guide du numérique responsable en 2026


Par Ines Gendre, Rédactrice spécialisée dans le domaine environnemental


Les principaux enjeux posés par le numérique
Les récentes évolutions légales dans ce domaine
Ce qui peut être fait à l'échelle individuelle et collective

Qu’est-ce que le numérique responsable ?
Le numérique responsable désigne une démarche d’amélioration continue, qui consiste à minimiser l’empreinte environnementale et sociale du numérique.
Le numérique responsable travaille à la fois :
Pour en savoir davantage sur le sujet spécifique du Green IT, n'hésitez pas à consulter notre article.
Comprendre l’impact du numérique
L'impact environnemental du numérique
Le numérique a un impact environnemental et social colossal.
- En 2025, nous devrions comptabiliser pas moins de 48 milliards d’objets numériques à travers le monde. Ce qui équivaut à 5 000 % d’augmentation sur 15 ans.
- Or, ces objets numériques font l’objet d’une fabrication, d’une utilisation et d’une "fin de vie" hautement émissives en gaz à effet de serre (GES).
À ce stade, rappelons que le surplus de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère est responsable du réchauffement climatique.


L'impact social du numérique
Il ne faut pas oublier que le numérique tel que nous le pratiquons aujourd’hui a également un impact social. Plus précisément, la conception des appareils numériques est parfois réalisée dans des conditions de travail pires que précaires : salaires très bas, manque de sécurité, risques sanitaires, etc.
L’extraction du cobalt (utilisé dans les batteries au lithium-ion) dans les mines de République Démocratique du Congo est majoritairement réalisée par des enfants. Pour rappel, la RDC se trouve à l’origine d’au moins 50 % de la production mondiale de cobalt. En 2014, l’UNICEF estimait à plus de 40 000 le nombre d’enfants travaillant sans la moindre protection, parfois jusqu’à 24 heures d'affilée.
Amnesty International, 19 janvier 2016
Organisation non gouvernementale internationale qui promeut la défense des droits de l'Homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'Homme

Que dit la loi ?
En France, les préoccupations autour du sujet du numérique sont réelles. De premières lois visant à réguler davantage ce secteur ont d'ailleurs vu le jour. Pour consulter le détail des mesures adoptées, n'hésitez pas à consulter le site du Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires.
Le Haut Comité pour le numérique éco-responsable (HCNE), par exemple, a été créé fin novembre 2022.
La loi AGEC
La loi Anti Gaspillage et Économie Circulaire (AGEC) a introduit divers types d'obligations à destination des acteurs du numérique.
- Parmi elles, les fournisseurs d’accès internet sont désormais dans l'obligation d’informer leurs abonnés de la quantité de données qu'ils ou elles consomment – et de l’équivalent correspondant en émissions de gaz à effet de serre.
- De même, un indice de durabilité – anciennement "indice de réparabilité" – doit être affiché sur certains produits électroniques et électriques (téléviseurs, ordinateurs, smartphones et certains appareils ménages connectés).
La loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique (REEN)
La loi REEN affiche principalement 5 ambitions :
Les implications concrètes de cette loi sont relativement nombreuses :
- introduction de modules de formation et de sensibilisation au numérique responsable dans les écoles et les établissements d’enseignement ;
- orientation des anciens équipements informatiques des services de l’État ou des collectivités vers le réemploi ou la réutilisation ;
- renforcement des "conditionnalités environnementales qui s’appliqueront au tarif réduit de la taxe intérieure de consommation finale d’électricité (TICFE) applicable aux centres de données" ;
- etc.

Les 5 bonnes pratiques du numérique responsable
1. L’éco-conception et l’innovation éco-responsable
L’éco-conception ne concerne pas exclusivement le secteur du numérique. De nombreux autres domaines d’activité pourraient et devraient se pencher sur cette piste.
Au-delà de réfléchir à la manière de proposer des produits davantage éco-responsables, l’éco-conception oblige l’entreprise à réaliser une analyse du cycle de vie (ACV) de son offre. Or, cet exercice est l’une des façons les plus efficaces de comprendre la manière dont tel ou tel produit impacte l’environnement, et ce, tout au long de son existence.
Dans la cas spécifique du numérique, l’éco-conception d’un service impliquerait :
2. L’optimisation des infrastructures
Les infrastructures peuvent elles-mêmes faire l’objet d’optimisations.
Attention : parvenir à optimiser une infrastructure ne doit pas être un encouragement à la surexploiter. Un exemple : les data centers. Il est impératif de travailler à réduire la consommation de ces gigantesques centres de données, via l'amélioration de leur efficacité énergétique. Pour autant, il est essentiel que nous apprenions collectivement à modérer notre consommation de données. Faute de quoi, nous produirons un effet rebond.

3. La sobriété numérique
La sobriété numérique n'est pas une incitation à renoncer au numérique. Elle en prône, cependant, un usage plus raisonné.
Il ne s'agit pas de dire que l’on ne peut plus recourir au numérique dans le cadre de ses loisirs – pour regarder une série sur une plateforme de streaming, par exemple.
- En revanche, la sobriété numérique implique que chaque consommateur et consommatrice prenne conscience de son impact environnemental et apprenne à arbitrer sa propre consommation du numérique, de sorte à équilibrer la balance.
- Dans la pratique, il s’agit d’apprendre à opter pour la réparation de ses appareils plutôt que pour le remplacement, à ne pas abuser de l’usage de la visioconférence ou des emails (a fortiori lorsqu’ils sont accompagnés de pièce jointe), à cantonner le stockage de données à ce qui relève du nécessaire, etc.
Entre 1985 et 2015, la durée d’utilisation d’un ordinateur est passée de 11 à 4 ans. Cela s'explique par l'attrait nouvellement exacerbé de la nouveauté et les abus de l’obsolescence programmée, qui a justement vocation à nous pousser à l’achat.
Sachez néanmoins qu’entretenir votre matériel permet de le conserver plus longtemps. Quelques bons gestes parmi tant d'autres...
Depuis 2021, un indice de réparabilité est obligatoirement apposé sur certains appareils électroniques (smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, tondeuses à gazon et lave-linges hublot). Cette note sur dix considère plusieurs critères (la démontabilité du produit, la disponibilité des pièces détachées ou encore la disponibilité des conseils d’utilisation et d’entretien) pour estimer le niveau de réparabilité d’un produit.
4. Le recyclage
De par leurs composants nocifs pour la santé et l’environnement, les appareils numériques sont considérés comme des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE ou D3E).
- Or, pour éviter le rejet de métaux lourds ainsi que de gaz au pouvoir réchauffant, ces déchets doivent faire l’objet d’une collecte et d’un recyclage appropriés.
- En outre, leur recyclage permet de réutiliser les métaux précieux et les terres rares dont ils sont composés, et donc d'éviter la pollution liée à leur extraction, mais également l'épuisement de certaines ressources.
- Problème : malgré un potentiel de recyclage supérieur à 80 %, l’ADEME estime que 70 à 90 % des DEEE ne sont pas recyclés correctement.
Plusieurs solutions de collecte sont envisageables :
5. La formation et la sensibilisation
Former ses employés et sensibiliser ces derniers aux bonnes pratiques du numérique n’a rien d’accessoire. D’une manière générale, il n’est jamais inutile d’informer ses salariés quant aux multiples façons de contribuer à la lutte contre le changement climatique.
L’empreinte carbone d’une entreprise – quelle que soit sa spécialité – repose en partie sur le comportement de ses employés. Sur leurs décisions comme sur leurs habitudes professionnelles.
| Type d'email | Empreinte carbone |
|---|---|
| Un mail avec pièce jointe | 35g CO2e |
| Un mail sans pièce jointe | 4g CO2e |
De nombreux individus se sentent impuissants face à la menace du réchauffement climatique. Bien sûr, les individus en question ne sont généralement pas seuls décisionnaires au sein de leur entreprise – ce qui ne veut pas dire que toute tentative de faire bouger les lignes est vouée à l’échec. Rien ne coûte de proposer de nouvelles idées ou de nouvelles façons de faire. Au regard de l’intérêt croissant pour les questions d’ordre environnemental, il est même tout à fait possible que de telles initiatives soient accueillies favorablement.
Pour en revenir au numérique, si vous souhaitez proposer un atelier ludique à vos équipes, n’hésitez pas à vous tourner vers la Fresque du Numérique (elle fonctionne sur le même principe que la Fresque du Climat). L’atelier se déroule sur une demi-journée et a vocation à sensibiliser et former les participants aux enjeux environnementaux du numérique. Il est structuré en quatre étapes :
Quid du label Numérique Responsable (LNR) ?
Le label Numérique Responsable (LNR) est un label permettant d’identifier toutes les organisations qui s’engagent à réduire l’impact du numérique. Elles peuvent notamment faire évoluer leur politique d’achat, allonger la durée de vie de leurs équipements, s’engager en faveur de l’éco-conception de leurs services numériques, etc.
Dans le détail, le label NR propose un référentiel élaboré par l’Institut du Numérique Responsable, en partenariat avec le Ministère de la Transition Écologique, l’ADEME et WWF.
Ce label est ouvert à tout type d’organisation : entreprises, associations, administrations, collectivités, etc.
Pour être complet, en dehors du LNR, deux autres labels permettent de distinguer les meilleurs ordinateurs (fixes et portables) et smartphones sur le plan de l'éco-responsabilité :
- EPEAT, le premier écolabel mondial de type I à destination des produits technologiques ;
- TCO Certified qui garantit le faible impact environnemental du produit tout au long de son cycle de vie – que ce soit au niveau de la consommation d’énergie comme de l’interdiction de certaines substances dangereuses.
Et au fait, qui sommes-nous ?

Utilisée par plus de 3 500 entreprises, notre plateforme tout-en-un propose à ses utilisateurs et utilisatrices des outils précis et efficaces, pour apprendre à gérer leur impact environnemental de manière globale - tout en étant guidés par notre équipe d'experts.
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