Gaspillage alimentaire : chiffres, enjeux et conseils


Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement


Le gaspillage alimentaire en France : une réalité ?
Le gaspillage alimentaire désigne « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à un endroit de la chaîne alimentaire est perdue, jetée ou dégradée » (source : economie.gouv.fr).
Quel est le taux de gaspillage alimentaire en France ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pertes alimentaires n’interviennent pas uniquement au niveau de la consommation, mais bien à toutes les étapes de la chaîne alimentaire.
Selon l’ADEME (2022), 40 % du gaspillage alimentaire en France se produit au moment de la consommation, c’est-à-dire chez les ménages. Il s’agit donc de produits entièrement comestibles, déjà achetés, puis jetés sans avoir été consommés.
L’agriculture, elle, représente 22 % du gaspillage de produits comestibles, mais ces pertes interviennent souvent en amont : la nourriture est écartée avant même d’entrer dans les circuits de transformation ou de distribution (par exemple, des fruits non récoltés ou jetés pour non-conformité).
Ainsi, bien que l’agriculture gaspille énormément, ce gaspillage reste en partie invisible dans la chaîne alimentaire. Si ces pertes étaient intégrées comme les autres, ce secteur pourrait dépasser celui de la consommation en volume gaspillé.


Quelle loi en France pour lutter contre le gaspillage alimentaire ?
De la loi Garot de 2016 à la loi EGalim de 2018, et en passant par la loi Climat et Résilience de 2021, la France a mis en place plusieurs mesures législatives pour combattre le gaspillage alimentaire.
| Type de loi | Contenu de la loi |
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Loi Garot
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La loi Garot – ou loi n°2016-138, promulguée le 11 février 2016 oblige les industriels à
Cette loi est fortement critiquée pour son incitation à la superproduction, car des réductions d’impôts sont appliquées aux entreprises donatrices. |
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Loi EGalim
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La loi EGalim, effective depuis 2018, a fait l’objet de trois principaux arrêtés en vue de limiter le gaspillage alimentaire :
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Loi AGEC
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La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) du 10 février 2020 fixe deux objectifs de réduction quant au gaspillage alimentaire :
En 2025, plusieurs articles de la loi continuent d'être peu ou pas du tout appliqués, et dans beaucoup de domaines, les objectifs chiffrés sont loin d'être réalisés (La Grande Conversation, 2025). |
Ces lois ont créé un cadre juridique structurant, mais l'enjeu reste de taille et malgré des effets positifs, notamment une augmentation des dons alimentaires, le gaspillage alimentaire persiste.
Application anti-gaspillage : une vraie solution ?
Depuis quelques années des applications mobiles anti-gaspi, à télécharger sur votre mobile donc, se sont développées pour permettre aux commerçants de vendre leurs invendus à prix cassés.
En France, d’autres applications fonctionnent sur le même principe, comme Optimiam ou Zéro Gâchis.
Les applications anti-gaspillage offrent une solution concrète pour redistribuer les invendus et sensibiliser les consommateurs, réduisant ainsi une partie du gaspillage alimentaire. Cependant, elles agissent principalement en aval, sans s’attaquer aux causes structurelles en amont comme la surproduction ou les standards esthétiques.
Comment lutter contre le gaspillage alimentaire ?
La lutte contre le gaspillage alimentaire est particulièrement complexe car il est systémique, structurel, profondément ancré dans des chaînes logistiques complexes et parfois défaillantes.
Contrairement aux idées reçues, la solution ne se limite pas aux comportements individuels puisque toutes les étapes de la chaîne alimentaire contribuent au problème.
| Solutions | Exemples |
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Échelle individuelle
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Échelle collective
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L'approche individuelle, bien que essentielle, ne peut donc résoudre seule un problème qui nécessite une transformation systémique d’une partie des infrastructures (e.g. valorisation des aliments), des normes préétablies (e.g. rejet des fruits et légumes "moches") et des relations commerciales (e.g. contrats rigides, marges imposées)...
Quelles sont les principales causes du gaspillage alimentaire ?
La superproduction, la mauvaise gestion des stocks, la rupture de la chaîne du froid, la date limite de consommation ou les fruits et légumes considérés comme non consommables... En effet, ils sont tout bonnement jetés si leur aspect, leur calibre ou leur couleur ne correspondent pas aux standards d’acceptabilité du distributeur et des consommateurs.
Quelle est la plus grande source de gaspillage alimentaire ?
La restauration commerciale
Les chiffres publiés en 2024 annoncent un gaspillage alimentaire de (Ministères Aménagement du territoire Transition écologique, 2024) :
La restauration collective
D’après les données de l’ADEME (2018), le gaspillage alimentaire à 115 grammes par repas et par convive en moyenne, tous secteurs confondus.
Les cantines scolaires
Le gaspillage alimentaire en restauration scolaire représente environ (Sytrad) :
- 70 g/repas/personne en primaire ;
- 135 g/repas/personne au collège ;
- 150 g/repas/personne au lycée.
À noter que depuis l’adoption de la EGalim, les cantines scolaires sont désormais obligées de repenser leurs approvisionnements, avec l'objectif que 50% des denrées consommées soient durables et de qualité. De plus, elles doivent offrir un plat végétarien chaque semaine !
La grande distribution
La grande distribution désigne le commerce de détail en libre-service, réalisé dans de grandes surfaces comme les supermarchés ou hypermarchés, vendant des produits alimentaires et non alimentaires. Bien que les statistiques globales sur le gaspillage alimentaire soient ahurissantes, c'est la grande distribution qui en produit le moins.
Quelles sont les conséquences du gaspillage alimentaire ?
Avant d’arriver dans notre assiette, les aliments sont cultivés, transformés, stockés et distribués — autant d’étapes qui mobilisent de l’énergie, de l’eau, des engrais ou du carburant, et génèrent des émissions de gaz à effet de serre. Jeter cette nourriture, c’est donc gaspiller toutes ces ressources pour rien, ce qui relève d’un non-sens écologique.
En outre, cela ne fait aucun doute quant à l’implication du gaspillage alimentaire envers le changement climatique. En effet, la production inutile de denrées alimentaires a pour conséquence :
- ❌un prélèvement excessif de ressources naturelles (eau, terres cultivables, énergie) pour rien ;
- ❌des émissions superflues de gaz à effet de serre, dues à l’utilisation d’engrais chimiques, de pesticides et au transport ;
- ❌une pollution accrue, avec des impacts environnementaux multiples (sols, air, biodiversité) ;
- ❌une production inutile de déchets, impliquant des coûts supplémentaires de gestion et de traitement ;
- ❌des émissions de méthane liées à l’enfouissement ou à l’incinération des déchets alimentaires, un gaz à effet de serre particulièrement puissant ;
- ❌un enjeu éthique et social, car ce gaspillage met en lumière les inégalités face à la sécurité alimentaire.
Gaspillage alimentaire, définition
Le gaspillage alimentaire se définit comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée » (source : economie.gouv.fr). Cette définition a été établie dans le contexte du « Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire ».
Par conséquent, le mot « gaspillage » englobe toutes les situations, de la production alimentaire à la consommation, où des aliments sont déconsidérés pour un usage humain, indépendamment de leur destination ou de leur emploi.
Une définition plus étendue du gaspillage alimentaire a été adoptée à l'échelle de l'Europe. Elle englobe à la fois les aliments consommables et les éléments non comestibles qui ont été séparés lors du processus de transformation ou de préparation. Cependant, les aliments destinés à la consommation animale ou à des produits biosourcés ne sont pas qualifiés de gaspillage. En revanche, ceux qui ont été compostés, méthanisés ou laissés sur le champ le sont.
