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Faut-il s’inquiéter de l’éco-anxiété ?

La crise climatique vous angoisse-t-elle ? Si oui, vous souffrez peut-être d’éco-anxiété. De quoi s’agit-il ? Quels sont les symptômes ? Comment y faire face ? On vous dit tout.
Green Actu’
2023-11-10T00:00:00.000Z
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Une femme réconfortant une autre femme

Au-delà de dégrader l’environnement, le réchauffement climatique nourrit le mal-être de la population.

La multiplication et la violence des événements climatiques, la disparition de la biodiversité ou l’inaction climatique peuvent impacter notre santé mentale et déclencher de l’éco-anxiété. Considéré comme le nouveau « mal du siècle », ce phénomène touche une grande partie de la population et pourrait être amené à s’accentuer dans les prochaines années.

Qu’est-ce que l’éco-anxiété ? Comment se manifeste-t-elle ? Qui peut en souffrir ? Comment apaiser les symptômes ? Explications.

Qu’est-ce que l’éco-anxiété ?

Éco-anxiété, définition

Également appelée « anxiété climatique », l’éco-anxiété reflète l’impact du réchauffement climatique sur notre santé mentale. Contraction d’écologie et d’anxiété, il s’agit d’un phénomène psychologique défini par le dictionnaire Le Robert comme étant une :

Anxiété provoquée par les menaces environnementales qui pèsent sur notre planète.

L’éco-anxiété peut être déclenchée de deux manières : 

  • après avoir été directement victime d’une conséquence du changement climatique (inondations, incendies, etc.) ;
  • après avoir pris conscience de l’ampleur de la situation climatique - via la lecture des rapports du GIEC, suite au visionnage d’un film ou à travers les actualités.
Dans ce contexte, l’éco-anxiété est considérée comme un stress pré-traumatique ou une anxiété par anticipation. 

Une angoisse pas tout à fait contemporaine

L’angoisse provoquée par les problèmes environnementaux n’est pas une nouveauté. Ce sentiment d’indignation et d’impuissance face au réchauffement climatique a toujours existé. Cependant, c'est le fait de poser un mot sur ce mal qui constitue une véritable avancée. 

C’est en 1997 que la notion d’éco-anxiété a été inventée et théorisée par la belgo-canadienne, Véronique Lapaige, psychiatre et chercheuse en santé publique. Fortement médiatisé en 2019, ce terme est aujourd’hui entré dans le dictionnaire et dans les mœurs.

Les jeunes principales victimes de l’éco-anxiété

Aujourd’hui considérée comme étant le « mal du siècle », l’éco-anxiété touche chaque année, un nombre plus important de personnes à travers le monde. Même si chacun peut souffrir de cet état d’âme, certaines catégories de populations sont plus touchées que d’autres.

Une enquête menée en 2022 par l’Observatoire de l’Éco-anxiété révèle que 2,5 millions de Français sont très fortement éco-anxieux, au point de devoir consulter un psychothérapeute. On apprend également que : 

  • les femmes sont plus sujettes à l’éco-anxiété que les hommes ;
  • les retraités sont moins éco-anxieux que les autres profils ;
  • le niveau de diplôme n’influe pas sur le niveau d’éco-anxiété.

Cependant, ce sont les jeunes qui semblent être les principales victimes de l’éco-anxiété. Une étude menée par The Lancet en 2021 sur des jeunes de dix pays âgés de 16 à 25 ans conclut que :  

  • 59 % des jeunes étaient très ou extrêmement préoccupés par le changement climatique ;
  • 84 % étaient au moins modérément inquiets ;
  • plus de 50 % ont signalé chacune des émotions suivantes : triste, anxieux, en colère, impuissant, impuissant et coupable ;
  • plus de 45 % des personnes interrogées ont déclaré que leur éco-anxiété affectait négativement leur vie ;
  • 75 % ont déclaré qu'ils pensaient que l'avenir était effrayant.

Ces résultats pourraient s’expliquer deux trois manières : 

  • les décisions politiques perçues comme inefficaces ;
  • l’inaction climatique des générations précédentes ;
  • l’impact direct du réchauffement climatique sur leur existence et leur avenir.
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Éco-anxiété et solastalgie : deux phénomènes identiques ?

La solastalgie est souvent associée à l’éco-anxiété. Bien que ces phénomènes soient tous deux liés à la dégradation de notre environnement, ils se manifestent différemment.

Deux formes d’anxiétés à la temporalité différente

Nous l’avons vu, l’éco-anxiété est une peur par anticipation. Les éco-anxieux éprouvent une forte appréhension du réchauffement climatique, dont les effets pourraient survenir dans les prochaines années. 

A contrario, la solastalgie est une douleur provoquée par la perte de réconfort d’un environnement familier, dégradé par des catastrophes naturelles ou par l’action humaine.

En définitive, la solastalgie est une forme d’anxiété développée face à ce qui est déjà perdu (la dégradation d’un lieu de vie notamment), tandis que l’éco-anxiété est la crainte des conséquences à venir.

Mais qui ne sont pas des maladies mentales

L’éco-anxiété n’est pas considérée comme une maladie mentale, mais comme un mal-être. L’INSERM (Institut national pour la santé et la recherche médicale) est catégorique : 

Il ne s’agit ni d’un syndrome, ni d’un diagnostic psychiatrique officiel [...] l’éco-anxiété ne figure pas dans le DSM-5, outil majeur de classification des troubles mentaux.

Il en est de même pour la solastalgie qui est considérée comme une expérience immédiate. Elle s’illustre par des émotions négatives très intenses, mais qui ne relèvent pas de la maladie pathologique. Cependant, si la souffrance morale est trop importante, ces deux phénomènes peuvent bel et bien menacer la santé mentale d’un individu et nécessiter un soutien psychologique.

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Comment se manifeste l’éco-anxiété ? 

Exacerbation de symptômes négatifs

L’éco-anxiété se manifeste par un état de mal-être psychologique qui impacte la pensée, l’humeur et le comportement d’un individu. 

Un individu peut vivre une grande palette d’émotions négatives : 

  • la détresse émotionnelle ;
  • la tristesse ;
  • la colère ;
  • l’angoisse ;
  • le stress ;
  • les difficultés à ressentir de la joie ;
  • la perte d’énergie et de motivation ;
  • les peurs inexpliquées ;
  • les pensées persistantes et disproportionnées quant à l’urgence climatique ;
  • la dépression dans le pire des cas. 

👉 À noter : l’intensité de ces émotions dépend de chaque individu (âge, sensibilité à la cause environnementale, etc.).

Troubles anxieux classiques

Différents symptômes peuvent se manifester selon le niveau d’intensité de l’anxiété. Dans ce contexte, des troubles du comportement alimentaire peuvent se déclencher. Outre les difficultés à se nourrir convenablement, les personnes souffrant d’éco-anxiété peuvent être victimes de troubles du sommeil, voire d’insomnies.

Isolement

Un individu qui souffre d’éco-anxiété peut choisir de s’isoler. Il rencontre ainsi des difficultés à maintenir des relations saines et peut voir la qualité de son mode de vie se détériorer petit à petit. 

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce comportement : 

  • pour ruminer sa colère ;
  • pour digérer sa prise de conscience et la réalité de la situation ;
  • une perte totale d’espoir envers la situation.

Quelles sont les causes de l’éco-anxiété ?

Bien que le réchauffement climatique soit la principale cause de l’éco-anxiété, ce phénomène peut être accentué par d’autres facteurs.

Le sentiment d’impuissance

L’impression que nos actes n’ont aucun impact significatif sur l’environnement aggrave l’éco-anxiété. 

Du fait du manque de ressources pour gérer la crise écologique, de l'ampleur du réchauffement climatique et de l’absence de prévisions claires, nous ne pouvons - en tant que citoyens - qu’assister à la dégradation de notre lieu de vie sans pouvoir agir de manière concrète. 

👉 Le sentiment d’impuissance peut générer une frustration, de la culpabilité, voire une détresse émotionnelle quant à notre avenir et celui de la planète.

Le manque d’implication

Les conclusions du sixième rapport du GIEC sont sans appel : nous devons immédiatement agir pour limiter le réchauffement climatique à + 2 °C maximum selon l’Accord de Paris. Cela implique de modifier en profondeur nos modes de vie. 

Or, certains individus ne se sentent pas concernés par l'urgence et ne s'impliquent pas dans l'action collective malgré tous les efforts pour les sensibiliser à la cause environnementale. 

Dans ce contexte, comment garder espoir alors que certains ne prennent pas conscience de l’urgence climatique ?

Une couverture médiatique trop négative

Il est vrai que les médias abordent l’écologie de manière particulièrement négative - voire alarmiste. 

La mise en avant d’images choquantes, des conséquences d’évènements météorologiques extrêmes (inondations, destructions d’habitats, etc.) ou des conclusions pessimistes du GIEC viennent renforcer le sentiment d’impuissance et d’angoisse face à la situation actuelle. 

Ce partage d’information sur la situation actuelle peut paralyser certains individus. Pourtant, avoir connaissances des effets du réchauffement climatique et de l'état actuel de notre environnement sont des constats indispensables pour inciter au passage à l’action.

L’incapacité de se projeter dans le futur

L’angoisse constante que provoque la dégradation de l’environnement peut impacter certains aspects de la vie, notamment la relation avec les proches, la vie de famille ou la vie professionnelle.

Pour preuve, selon une étude publiée en 2021 dans Science Direct, 39 % des jeunes craignent de mettre des enfants au monde du fait des effets incertains du changement climatique.

Il en est de même pour l’emploi. Selon une enquête de l’Obveco publiée en 2023, les jeunes cherchent un travail en lien avec leurs préoccupations environnementales. Dans le détail : 

  • 62,1 % souhaitent travailler pour un employeur engagé dans la transition ;
  • 59,9 % privilégient le sens du travail ;
  • 40,1 % envisagent de changer le système de l’intérieur ;
  • 41 % privilégient des employeurs menant des actions concrètes en faveur de l’environnement.
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Cover éco-anxiété

Comment apaiser l’éco-anxiété ?

L’éco-anxiété n’est pas un phénomène à prendre à la légère. Si vous ou une personne de votre entourage souffrez de ce mal, voici des solutions pouvant apaiser vos inquiétudes. 

Agissez à votre échelle

Chacun à son échelle peut vivre en accord avec ses valeurs en contribuant à protéger l’environnement. Commencez par agir sur votre mode de vie en instaurant ces quelques bonnes pratiques :

  • achetez en vrac pour réduire les emballages ;
  • triez vos déchets ;
  • empruntez les transports en commun et les mobilités douces ;
  • consommez des aliments locaux et de saison ;
  • réduisez votre consommation d’énergie ;
  • acheter d’occasion et privilégier les appareils reconditionnés.

Entourez-vous de personnes partageant les mêmes préoccupations 

Pour sortir de l’isolement, vous pouvez entrer en contact avec des personnes engagées pour l’environnement. Plus d’excuses ! À l’heure des réseaux sociaux, il est encore plus aisé de rejoindre des groupes ou des communautés impliquées dans la cause environnementale. 

En outre, de tels groupes peuvent être à l’origine d’actions collectives (ramassage des détritus, nettoyage des plages, etc.) permettant d’agir concrètement pour la planète.

Limitez les informations anxiogènes

Les angoisses naissent généralement d’une méconnaissance ou d’une mauvaise compréhension d’un problème environnemental. Il s’avère donc essentiel de rester au fait des événements climatiques, mais de manière raisonnable. 

Vous avez le contrôle sur ce que vous regardez et écoutez. Pour apaiser votre éco-anxiété :

  • changez de chaîne lorsque les actualités sont trop négatives - voire éteignez la télévision ;
  • abonnez-vous à des comptes sur les réseaux sociaux, des chaînes YouTube ou à des journaux ne délivrant que des informations positives - l’on remarque que trop peu les avancées majeures réalisées en matière environnementale. 
⚠️ Attention, il ne s’agit pas de faire l’autruche sur l’urgence climatique, mais bien de limiter la quantité d’informations négatives ingérées quotidiennement.  

Faire appel à un professionnel de santé

Dans le cas où l’éco-anxiété perdurerait et impacterait négativement votre qualité de vie, il est recommandé de faire appel à un professionnel de santé. 

Selon l’enquête menée par l’Observatoire de l’Éco-anxiété, après 16 séances de suivi psychothérapeutique, le score des éco-anxieux chute de près de 20 points (72,5/100 à 53,5/100).

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L’éco-anxiété n’a-t-elle que des aspects négatifs ?

Il est temps de relativiser.

Bien que l’éco-anxiété se manifeste par tout un éventail d’émotions négatives, ce phénomène semble légitime, car il s’appuie sur des données scientifiques. Sans compter que les effets du changement climatique sont d’ores et déjà perceptibles et peuvent être couplés à des risques particulièrement redoutés - à l’image de la guerre, de pénuries ou des crises économiques.

La bonne nouvelle ? Il pourrait en réalité être bénéfique pour l’espèce humaine et la planète. C’est en tout cas ce que pense le médecin de santé publique Alice Desbiolles. Selon elle, les émotions négatives ressenties seraient une réaction tout à fait rationnelle quant à l’ampleur de la crise écologique. Cette forme d’empathie pour le vivant agirait comme :

Un déclencheur de la mise en mouvement des individus.

Autrement dit, le choc provoqué par la prise de conscience de la gravité de la situation actuelle déclencherait une série de sentiments positifs - comme la détermination et la motivation - et pousserait à l’action - voire à une remise en question de son mode de vie. En définitive :

L’éco-anxiété traduit une lucidité, laquelle donne envie de créer des lieux d’utopie, de joie, de lien, de rencontre qui peuvent permettre de redonner confiance en un avenir perçu comme compromis.

Qui sommes-nous ?

Soucieux de respecter les engagements climatiques mondiaux, nous soutenons les entreprises dans la réduction de leur empreinte carbone - notamment via la réalisation de leur bilan carbone.

Responsables de 66 % des problèmes environnementaux, les entreprises doivent elles aussi passer à l’action. Prenez part à l’action climatique en demandant dès maintenant une démo gratuite de notre plateforme.

homme souriant à lunettes
sticker jaune portant l'inscription "Time to change"

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