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Quel est le Bilan Carbone® de la viticulture ?
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Quel est le Bilan Carbone® de la viticulture ?

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Anaïs Badillo

Par , Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 09/06/2023

Mis à jour par Anaïs Badillo, le 04/06/2026

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grappe de raisin sur un pied de vigne
Le réchauffement climatique menace la viticulture française. Quel avenir pour le vin ? Quelles solutions pour s’adapter ? Découvrez les réponses.
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2026-06-04T00:00:00.000Z
fr-fr

L’empreinte carbone du secteur vitivinicole reste relativement faible. La viticulture n'occupe que 3 % de la surface agricole utile française (source : FranceAgriMer, 2025), et son empreinte carbone à l'hectare est inférieure à celle de nombreuses autres cultures, notamment du fait d'une fertilisation azotée plus modérée. Mais, le secteur viticole français n'échappe pas à l'impératif de décarbonation. Selon les travaux de l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), produire un litre de vin génère entre 1 et 1,5 kg d'équivalent CO₂ sur l'ensemble de son cycle de vie, de la vigne au rayon du supermarché. Un chiffre qui peut paraître modeste, mais qui, au regard de la production industrielle française, équivaut à 0,7 % de l'empreinte carbone globale de la France.

Quelle est l'empreinte carbone de la filière vin et spiritueux ?

Selon les travaux de l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), produire un litre de vin génère entre 1 et 1,5 kg d'équivalent CO₂ sur l'ensemble de son cycle de vie, de la vigne au rayon du supermarché. Un chiffre qui peut paraître modeste, mais qui, au regard de la production industrielle française, équivaut à 0,7 % de l'empreinte carbone globale de la France.

De la vigne à la mise en bouteille, en passant par la cave et la livraison, l'empreinte carbone du vin se construit à chaque étape de sa fabrication, avec des contributions très variables. En détails, voici l’empreinte carbone de la viticulture :

Phase Description Durée approximative
Conditionnement
Fabrication des bouteilles en verre 40 – 50 %
Viticulture
Carburant tracteur, fabrication des engrais 15 – 20 %
Distribution
Carburant (transport) 15 – 20 %
Vinification
Consommation d'électricité ~10 %

Source : Institut Français de la Vigne et du Vin, 2024

La bouteille, le principale coupable

C'est le conditionnement qui représente la majorité des émissions au sein du secteur du vin et des spiritueux. Entre 40 et 50 % de l’empreinte globale est attribuée à cela. Dans cette catégorie, un matériau occupe la première place : la bouteille en verre. Sa fabrication est l'intrant le plus impactant sur tout le cycle de vie du vin, loin devant le carton, le bouchon ou la capsule.

La vigne : carburant et engrais en ligne de mire

La viticulture arrive en deuxième position, avec 15 à 20 % des émissions totales, soit une empreinte comprise entre 1 et 3 tonnes de CO₂ par hectare et par an. Trois postes dominent : la fabrication des engrais organiques et minéraux (environ 30 % des émissions viticoles), les émissions directes de protoxyde d'azote issues des engrais et des résidus végétaux (environ 25 %), et la consommation de carburant des tracteurs (également environ 25 %).

Transport et vinification : des impacts plus faibles

La distribution représente elle aussi 15 à 20 % des émissions de gaz à effet de serre, essentiellement liées au carburant. Un chiffre qui reste stable même en intégrant les exportations, grâce notamment au transport maritime, dont l'empreinte au kilomètre est bien inférieure à celle du camion ou, a fortiori, de l'avion.

Quant à la vinification, elle ne pèse qu'environ 10 % du bilan, portée principalement par la consommation d'électricité, une donnée favorable en France, où le mix énergétique est décarboné.

Pourquoi réaliser un Bilan Carbone® dans la viticulture ?

Le réchauffement climatique bouleverse déjà profondément la viticulture française : gel, grêle, maladies fongiques, stress hydrique…

FranceAgriMer

Les chiffres-clés de la filière Viti-Vinicole, 2024

Le rendement total du vignoble français en 2024 a enregistré une baisse significative de 16 % par rapport à 2023. 

La baisse de rendement des vignobles Français en 2024 n'est pas une anomalie : c'est un signal. Le dérèglement climatique est déjà là, dans les rangs de vigne. Et il va s'intensifier. 

Par exemple, en France, le stress hydrique produit des vins plus sucrés, plus alcoolisés et moins acides, menaçant l'équilibre traditionnel des cuvées.

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Pire encore, d’ici à 2050, selon la carte des « Zones favorables à la culture de la vigne en 2050 » établie par l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae), les vignobles situés dans le Sud-Ouest et le Sud sont voués à disparaître, contrairement au Nord, qui devient progressivement un territoire propice à la viticulture (source : « La vigne, le vin, et le changement climatique en France », INRAE, 2020)

Dans cette situation, établir un Bilan Carbone®, c'est avant tout identifier exactement la provenance de ses émissions, et par conséquent, ses dépendances. Parce que les ressources nécessaires à ces productions, telles que le carburant, les engrais azotés et le verre, sont également de plus en plus rares et coûteuses


Le vigneron qui enregistre ses effets aujourd'hui se donne la possibilité de rénover son domaine viticole avant que la pression ne le contraigne à le faire à sa place. Le vigneron qui cartographie ses impacts aujourd'hui et gère sa comptabilité carbone dès aujourd'hui se donne les moyens de transformer son exploitation avant que la contrainte ne le fasse à sa place.

Pour un vigneron, réduire son empreinte carbone revient souvent à réduire ses charges, car :

  • moins de carburant, c'est moins de passages de tracteur, donc moins d'usure mécanique et moins de dépenses ;
  • moins d'engrais azotés minéraux, c'est une facture allégée sur des intrants dont le prix est directement indexé sur le cours du gaz ;
  • un conditionnement plus léger ou écologique (bouchage en liège), c'est un poste d'achat très souvent réduit.

L’exercice du Bilan Carbone® pousse à repenser les pratiques dans leur globalité : diversification des cépages, réduction de la dépendance aux intrants chimiques, plantation de haies, enherbement, retour des sarments au sol… Autant de leviers qui réduisent les émissions, certes, mais qui renforcent aussi la résilience d’une exploitation à traverser les crises à venir.

Comment calculer l'empreinte carbone d'un domaine viticole ?

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Pour un vigneron, le calcul de l'empreinte carbone se résume à une équation simple : Données d'activité (vos factures) × facteurs d'émission (le poids en CO₂) = votre bilan.

Le Bilan Carbone® est une méthode permettant de quantifier la contribution à l'effet de serre d'une exploitation viticole. Grosso modo, à chaque flux, un litre de gasoil, un kilo d'azote minéral, une bouteille en verre — correspond un facteur d'émission standardisé qui le convertit en kg de CO₂ équivalent.

Étape 1
Rassemblez vos données sur 1 an. C’est votre comptabilité carbone ! Il vous suffit de collecter vos documents d'achats et de consommation (factures, tonnages d’engrais, achats de produits phytosanitaires, de bouteilles, de bouchons et de palettes, le volume de vins expédiées et les destinations. C’est l’étape du détective. Il faut TOUT retracer.
Étape 2
Une fois les éléments rassemblés, vous saisissez les données bruts (litres, kilos, unités) et vous convertissez automatiquement vos volumes en kilos de CO₂ équivalents. Pour le calcul, deux options s’offrent à vous : soit effectuer le calcul manuellement en utilisant des outils en ligne tels que le Ges'Vit (calculateur viticole de référence), soit opter pour une automatisation et une simplification via un logiciel payant (comme Greenly).

Enfin, le total obtenu donne une photographie précise de là où partent vraiment les émissions du domaine, et par conséquent, des zones sur lesquelles se concentrer en premier lieu. Notre conseil ? Ne cherchez pas la perfection dès la première année. L'important est d'avoir un point zéro pour savoir si, l'année suivante, l'achat d'une bouteille plus légère ou la réduction d'un passage de tracteur a fait baisser votre score.

Quels sont les principaux leviers de réduction disponibles pour les vignerons ?

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Le secteur viticole français n'échappe pas à l'impératif de décarbonation. 

À retenir : aucune de ces solutions ne requiert une révolution technologique. La plupart s'inscrivent dans des ajustements progressifs, des choix de matériaux ou des changements de pratiques déjà accessibles aujourd'hui.

Étape Principales sources Conditionnement & Achats Stockage (chai) Viticulture Distribution
Conditionnement & Achats
Alléger une bouteille de 100 grammes permet de réduire l'empreinte de 134 à 148 grammes de CO₂e par litre. Le levier d'action est direct. Aussi, passer d'un verre blanc à un verre vert permet d’économiser entre 60 et 120 grammes de CO₂e par litre. Opter pour un bag-in-box plutôt qu'une bouteille en verre vert de 450 grammes représente une économie de l'ordre de 550 grammes de CO₂e par litre. Enfin, privilégier des piquets en bois plutôt qu'en acier peut permettre d’économiser 100 kg de CO₂e par hectare et par an, selon la provenance du bois et le nombre de piquets.
Stockage (chai)
C'est un point souvent négligé mais à fort impact. Les gaz frigorigènes de type HFC, encore très répandus dans les caves, ont un pouvoir réchauffant plusieurs centaines voire milliers de fois supérieur au CO₂e. Opter, lors du renouvellement des équipements, pour des fluides frigorigènes à plus faible impact environnemental, comme les HFO ou l’ammoniac. Il est également recommandé d’isoler les cuves afin de stabiliser les températures et de limiter le recours continu aux groupes de froid, tout en privilégiant des équipements électriques plutôt que thermiques.
Viticulture
La principale solution repose sur la réduction de consommation de carburant. Chaque litre de gasoil économisé représente une réduction de 3,14 kg de CO₂e. Ensuite, il est possible d'explorer diverses options telles que l'entretien des outils et l'ajustement de la profondeur de travail du sol, le rapprochement des champs avec l'endroit où est entreposé l'équipement, ou l'usage de biocarburants.

Pour la fertilisation, chaque unité d'azote minéral non utilisée, représente une économie de 12 kg de CO₂e. Il existe des options : l'utilisation de compost de fumier pour la fertilisation organique, ou encore la protection des sols en hiver afin de minimiser les pertes d'éléments nutritifs... Privilégier l’ensemencement de l’inter-rang plutôt que le désherbage mécanique permet d’éviter jusqu’à 300 kg de CO₂e par hectare et par an. De même, restituer les sarments au sol plutôt que de les brûler permet d’éviter jusqu’à 400 kg de CO₂e par hectare et par an.

Enfin, privilégier des variétés résistantes aux défis climatiques et planter des haies autour ou entre les parcelles constitue un levier d’adaptation et de stockage carbone : selon leur type et leur âge, les haies peuvent séquestrer entre 300 et 1 000 kg de CO₂e par 100 mètres linéaires et par an.
Distribution
Pour la distribution, choisir le bon mode de transport est important : le ferroutage reste la meilleure option. Ensuite, il faut optimiser sa logistique : remplir au maximum les chargements pour amortir l'empreinte sur un plus grand volume et vendre en direct ou développer un point de vente à la propriété pour limiter son impact.

Quels sont les leviers d'adaptation au changement climatique pour les vignobles ? Face au changement climatique, les viticulteurs ne peuvent plus se contenter d'adapter leurs vignes : c'est toute la chaîne de production, de la parcelle à la cave, qui doit évoluer. Sur le terrain, cela passe par l'installation de dispositifs anti-gel, anti-grêle et protection contre la sécheresse (ajout de paillage ou de la matière organique pour protéger les pieds de vigne), mais aussi par une meilleure modélisation de l'écosystème vigne pour anticiper et raisonner chaque intervention. En cave, les pratiques œnologiques doivent elles aussi s'ajuster : sélection de micro-organismes mieux adaptés aux nouvelles conditions, désucrage des moûts, désalcoolisation et acidification des vins pour compenser les déséquilibres provoqués par des raisins trop mûrs ou trop alcoolisés. Au-delà des exploitations individuelles, c'est une mobilisation collective qui s'impose, chercheurs, professionnels et pouvoirs publics réunis autour d'un véritable Plan Climat de filière, à l'image de ce qui a déjà été fait avec le Plan National Dépérissement du Vignoble.

Comment Greenly peut-il aider les vignerons à la mesure et la réduction de l’empreinte carbone des vignerons ?

Greenly accompagne les exploitations viticoles de A à Z : de la mesure précise de leur empreinte carbone, poste par poste, jusqu'à la définition d'un plan de réduction concret et actionnable. 

Greenly permet aux vignerons de mesurer leur empreinte carbone par poste, conditionnement, carburant, engrais, transport – d'identifier les leviers de réduction les plus impactants et de suivre leurs progrès dans le temps. Un accompagnement chiffré, pas des promesses.

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Autres questions (FAQ) liées à la comptabilité carbone de la filière viticole 

  • Le Bilan Carbone® est-il obligatoire pour les viticulteurs ?

    Non, il n'est pas encore obligatoire pour les exploitations viticoles. Cependant, en raison des normes environnementales strictes et des demandes grandissantes des acheteurs, il se pourrait que ceux-ci vous sollicitent ou imposent d'autres obligations environnementales (label, cahier de charges spécifiques).

  • Le stockage de carbone dans les sols suffit-il à compenser les émissions d'un domaine viticole ?  

    Non. Le stockage de carbone via l'enherbement, les haies ou le retour des sarments est un levier réel, mais il reste limité et surtout réversible — si les pratiques sont abandonnées, le sol restitue progressivement le carbone stocké. Il ne peut donc pas se substituer à une réduction concrète des émissions.

  • Existe-t-il des aides accessibles aux vignerons pour calculer son Bilan Carbone® ?

    Oui, plusieurs dispositifs existent. France AgriMer, l'ADEME et les Chambres d'Agriculture proposent des accompagnements techniques et financiers pour aider les exploitations viticoles à réaliser leur Bilan Carbone®. L'IFV (Institut Français de la Vigne et du Vin) met également à disposition des outils et références spécifiques à la filière pour faciliter la démarche.

Bibliographie

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