

Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 27/08/2026


Depuis l'instauration de la CSRD en France, de nombreuses entreprises devront élaborer un rapport ESG pour 2026, mais beaucoup d'entre elles ne savent pas comment s'y prendre. Dans cet article, apprenez comment organiser un rapport ESG conforme, quelles informations recueillir et comment convertir cet exercice en atout concurrentiel.
Un rapport esg, aussi appelé rapport environnemental, social et de gouvernance ou reporting esg en anglais, est un document que les entreprises publient périodiquement ou chaque année – et qui reflète leur performance dans les domaines environnementaux et sociaux.
Le reporting ESG, au-delà d'être un simple bilan comptable, évalue l'effet concret de l'entreprise sur la société et l'environnement, plutôt que de se focaliser uniquement sur ses bénéfices.
Un rapport ESG est à destination des investisseurs, des clients, des pouvoirs publics et des employés : tous souhaitent connaître la manière dont l'entreprise gère ses risques environnementaux et sociaux.
En résumé, c'est devenu le passeport moderne de crédibilité d'une entreprise contemporaine.
Un rapport ESG se veut transparent et quantifiable, et vise à illustrer la performance de l'entreprise en s'appuyant sur trois indicateurs principaux associés à sa performance environnementale et sociétale, également désignés sous l'appellation de données ESG :
Les données ESG, défintion :
1. Indicateur E
pour Environnement – (émissions de carbone, consommation d'énergie, gestion des déchets, etc.) ;
2. Indicateur S
pour Social – (conditions de travail, diversité, santé-sécurité) ;
3. Indicateur G
pour la Gouvernance – (éthique, conformité réglementaire, droits de l'Homme).
L'analyse ESG s'ouvre par un diagnostic structuré consistant à recueillir les données opérationnelles — consommation énergétique, effectifs, politique salariale, dispositifs de gouvernance, etc. — puis à les confronter aux standards sectoriels afin d'identifier avec précision les atouts et les points de fragilité. À cela s'ajoute désormais l'obligation de mener une analyse de double matérialité, indispensable pour déterminer les enjeux ESG réellement pertinents pour l'entreprise et hiérarchiser les priorités. Les risques climatiques, sociaux et de gouvernance (dont la conformité et la fraude) sont ensuite évalués pour construire un plan d'action articulé autour d'enjeux matériels, assorti d'objectifs mesurables et vérifiables.
D'où viennent les données ESG ? Les données ESG mobilisées dans le rapport sont d'abord internes : systèmes comptables et RH pour les effectifs et la masse salariale, fournisseurs d'énergie pour les consommations, outils de gestion des déchets ou de la flotte pour les données environnementales. Ces informations, souvent dispersées entre plusieurs services, doivent être centralisées et fiabilisées avant d'être confrontées aux standards sectoriels — une étape qu'une plateforme comme Greenly peut automatiser en connectant directement ces systèmes.
Depuis 2024, les grandes entreprises sont tenues de présenter ce rapport conformément à la directive européenne CSRD. À partir de février 2026, le paquet Omnibus restreint ce champ d'application aux entreprises ayant à la fois plus de 1 000 employés et un chiffre d'affaires net supérieur à 450 M€.
Depuis près de vingt ans, les données ESG sont devenues essentielles dans le reporting que les entreprises publient à l'attention de ses parties prenantes (investisseurs, clients, etc.), principalement parce qu'elles font désormais l'objet d'obligations légales.
L'obligation de reporting débute en 2001 avec la loi NRE, qui imposait aux entreprises cotées en bourse de publier des informations ESG dans leur rapport annuel.
C'était le début, mais très limité en scope. En 2009, la loi Grenelle de l'environnement élargit cette obligation à un périmètre plus large : les grandes entreprises dépassant 100 millions d'euros de chiffre d'affaires et employant plus de 500 salariés. Ces deux lois constituent la base du reporting ESG en France. En 2014, la directive européenne NFRD (Non-Financial Reporting Directive) harmonise ces exigences à l'échelle européenne, mais reste plutôt souple. C'est en 2024, avec la mise en place de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), que le cadre devient nettement plus strict. En bref : un périmètre resserré, mais un cadre qui demeure exigeant pour les entreprises encore soumises à la CSRD.
Effectivement, depuis l'année 2024, la directive européenne CSRD exige ce rapport. Toutefois, à partir du paquet Omnibus de février 2026, l'obligation a été restreinte aux seules grandes entreprises. Les entreprises de taille intermédiaire et les PME cotées, qui étaient au départ ciblées, sont désormais exclues. Cependant, les entreprises toujours touchées sont soumises à des critères rigoureux (certification obligatoire par un tiers, analyse de double matérialité indispensable, rapport fondé sur des indicateurs spécifiques, etc.).
Avant de rédiger son rapport, il est essentiel de bien le préparer. Plusieurs étapes préliminaires doivent être respectées afin d'assurer un reporting pertinent :
| Structure du rapport | Explications |
|---|---|
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Introduction
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Présenter les objectifs et valeurs de l'entreprise – mais aussi sa structure et ses missions (au-delà du profit). |
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Matrice de matérialité
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Définir le périmètre du reporting en élaborant une matrice de matérialité, afin d'identifier les enjeux ESG prioritaires pour l'entreprise et ses parties prenantes. |
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Pilier environnemental
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Ici, il faut des engagements concrets : réduction de l'empreinte carbone, gestion des ressources, efficacité énergétique etc. Cela passe par l'exercice de comptabilité carbone. |
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Pilier social
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La section sociale concerne les impacts sur la communauté : inclusion, sécurité au travail, égalité des salaires etc… |
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Pilier de gouvernance
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La section gouvernance est liée à la transparence financière, à l'éthique, la politique interne etc… |
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Analyse des risques identifiés
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Analyse des risques climatiques, sociaux et de gouvernance et plans d'atténuation et de réduction des émissions carbone. |
Dernier point à ne pas négliger : le format. En France et en Europe, les reportings ESG suivent les normes ESRS, dont un modèle est disponible ici. L'entreprise peut aussi s'appuyer sur d'autres référentiels reconnus : le GRI, la norme ISO 26000, ou le Sustainability Accounting Standards Board (SASB). Pour les acteurs financiers, ce reporting obéit à un cadre spécifique, celui de la réglementation SFDR.
Greenly et ses équipes accompagnent votre entreprise dans la réalisation et la structuration de votre rapport ESG, en conformité avec les nouvelles exigences réglementaires, notamment la CSRD.

Le reporting ESG et Greenly...
1. Collecte des données
Une analyse ESG commence par la collecte rigoureuse de vos données opérationnelles — consommation énergétique, effectifs, salaires, gouvernance — souvent dispersées dans différents services. Une tâche chronophage, que Greenly automatise toutefois à près de 90 % grâce à la connexion directe de vos systèmes comptables et opérationnels à sa plateforme.
2. Benchmark sectoriel
Greenly vous aide ensuite à comparer vos données aux standards sectoriels pour identifier vos forces et faiblesses, grâce à ses neuf bases de données industrielles vérifiées avec plus de 300 000 facteurs d'émission.
3. Analyse de double matérialité
Pour l'analyse de double matérialité, l'outil de Greenly facilite le dialogue avec les parties prenantes et structure les résultats pour déterminer les enjeux ESG pertinents pour votre entreprise.
4. Évaluation des risques
À cette étape, Greenly évalue vos risques climatiques, sociaux et de gouvernance en les contextualisant par rapport aux spécificités de votre secteur.
5. Conformité
Enfin, Greenly traduit ces analyses en un plan d'action structuré, puis génère un rapport ESG conforme aux principales réglementations (CSRD, VSME, etc.), directement exploitable pour l'audit de conformité.
Pour découvrir en détail la suite climat de Greenly et la façon dont nous structurons votre rapport ESG, sollicitez une démo avec l'un de nos experts ESG !
Avant de rédiger un rapport ESG, il faut réunir des données couvrant les trois piliers : émissions de carbone, consommation d'énergie et gestion des déchets pour le volet environnemental ; effectifs, politique salariale et conditions de travail pour le volet social ; éthique, conformité réglementaire et pratiques de gouvernance pour le dernier pilier. Ces informations proviennent le plus souvent des systèmes comptables et RH internes, des fournisseurs d'énergie et des outils de gestion des déchets ou de la flotte, des sources dispersées entre plusieurs services, qu'il faut centraliser et fiabiliser avant de les confronter aux standards sectoriels.
La priorisation passe par une analyse de double matérialité : elle croise l'impact de l'entreprise sur son environnement et la société avec les risques financiers que ces enjeux font peser sur elle. Seuls les sujets jugés matériels sur au moins un de ces deux axes doivent figurer dans le rapport.
Un rapport ESG solide implique en amont les investisseurs, les salariés, les clients et les fournisseurs, dont les attentes nourrissent la matrice de matérialité. En interne, la direction financière, les RH et les équipes opérationnelles doivent aussi être mobilisées pour fiabiliser la collecte des données.
Une fois divulguées par les entreprises, ces données sont reprises et retraitées par des agences spécialisées — MSCI ESG Research, Sustainalytics, Bloomberg ESG Data — qui les collectent, les analysent et en évaluent la performance pour le compte des investisseurs et des marchés financiers.
Outre les critères traditionnels facilitant la prévision et la maîtrise des risques liés à la réputation et à la réglementation, un rapport ESG offre aussi à une entreprise de nombreux avantages compétitifs. D'abord parce que les investisseurs et clients privilégient les entreprises transparentes plutôt que celles entachées de greenwashing. Par exemple, 69 % des sociétés de gestion placent les critères ESG au premier plan de leur stratégie d'investissement (source : PwC, 2023). Le reporting ESG fournit aux dirigeants des données stratégiques essentielles, permettant de révéler des leviers d'optimisation des ressources – et par conséquent réaliser des économies – tout en stimulant l'innovation en déterminant les axes d'amélioration prioritaires.