
La Fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES)
Depuis l'entrée à la vigueur de la RE2020, le nombre de FDES a enregistré une hausse significative. Mais de quoi parle-t-on ?
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Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 29/09/2022
Mis à jour par Anaïs Badillo, le 25/08/2026


Empreinte carbone d'un citoyen français
Impact CO2
Entre les calculateurs trompeurs, les chiffres manipulés et les fausses bonnes actions, il est facile de se perdre. Cet article déconstruit les idées fausses, expose la véritable science derrière l'empreinte carbone et vous dévoile les réels moyens d'action.

Avant d'entrer dans le détail, une distinction s'impose : on parle d'empreinte carbone pour un individu, mais on utilise le terme de bilan GES (ou BEGES, pour Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre) pour désigner l'évaluation de la quantité de gaz à effet de serre (GES) générée par l'activité d'une entreprise, d'une collectivité ou d'un territoire sur une année. La logique de calcul reste la même dans les deux cas – seule l'échelle et le vocabulaire diffèrent.
Pour déterminer son empreinte carbone personnelle, exprimée en kilogrammes de CO₂ équivalent (kg CO₂e), il suffit de multiplier ses données d’activité personnelles par les facteurs d’émission correspondants.
Concrètement, le calcul se déroule en trois étapes :
En première étape, le rassemblement de vos données d'activité implique de répertorier toutes les données physiques associées à vos opérations sur une durée spécifique (habituellement un an). Vous rassemblez alors des preuves tangibles : des relevés énergétiques (kWh), des reçus de carburant (litres), les distances parcourues ou le volume des déchets générés. Il s'agit de l'étape de comptabilité matière essentielle qui fournit l'assise brute pour les calculs avant toute conversion en CO₂e. Vient ensuite l'étape du calcul. À l'échelle individuelle, on utilise exclusivement les ratios physiques, car vous avez presque toujours accès à la donnée réelle.
Le facteur d'émission physique mesure la quantité de CO₂e générée par unité consommée. On l'exprime ainsi : « une telle activité génère en moyenne x volume de CO₂e pour chaque unité consommée ». Le calcul se présente comme suit : émission de gaz à effet de serre = quantité consommée × facteur d'émission physique.
Pour la quantité consommée, vous exprimez ce chiffre conformément à l'unité du produit concerné (kg, litres, kWh, etc.). Les données relatives aux facteurs d'émission sont mises à jour par des entités de référence, telles que l'ADEME (Base Empreinte®) en France. C'est cette méthode qui permet l'analyse la plus précise possible.
Comment calculer l'empreinte carbone en kg d'équivalent CO₂ ? Une fois ces données collectées (qu'elles soient de nature physique ou monétaire), elles sont transformées à l'aide d'un coefficient d'émission particulier, qui exprime chaque unité en équivalent CO₂ (CO₂e). Ce coefficient mathématique permet d'additionner des activités très différentes (un steak, un vol, une facture d'électricité) en une seule unité de mesure afin d'obtenir une évaluation globale.
On utilise l'expression « Empreinte carbone » pour désigner l'impact d'un individu, car elle est facilement compréhensible et destinée à un large public : tout comme une empreinte de pas, chaque personne laisse son empreinte, plus ou moins importante, sur le changement climatique. À la différence d'une simple estimation, une entreprise, elle, a besoin de bien plus qu'un ordre de grandeur : elle doit produire un chiffre fiable, comparable d'une année sur l'autre, et parfois vérifié par un tiers – notamment pour répondre à des obligations légales. D'où l'usage d'un terme emprunté au domaine de la comptabilité : le bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES), comparable à un « bilan comptable ». Il ne s'agit plus d'une simple image, mais d'un processus méthodique et documenté.
En France, la méthodologie de référence pour réaliser ce bilan GES est le Bilan Carbone® de l'ADEME, qui applique les principes internationaux du GHG Protocol à travers des guides et facteurs d'émission adaptés au contexte français.
À l'échelle d'une entreprise, la méthode de calcul repose sur les mêmes bases que pour un individu, collecter des données d'activité, les convertir via des facteurs d'émission.
Toutefois, une entreprise se doit de collecter bien plus de données qu'un individu – en particulier, auprès de ses fournisseurs – et il arrive fréquemment qu'elle n'ait pas accès à leur donnée physique exacte (comme, par exemple, la véritable consommation d'énergie d'un sous-traitant). Dans cette situation, on n'abandonne pas le calcul : on fait la transition vers le ratio monétaire, qui permet d'estimer l'impact à partir du montant dépensé plutôt que d'une mesure physique.
Les initiatives incrémentales, telles que le recyclage des déchets ou l'éclairage basse consommation, restent insuffisantes face à l'urgence climatique. De la même manière, les actions individuelles seules ne suffiront pas : l'ampleur du défi appelle un changement systémique, qui doit mobiliser tous les pans de la société – entreprises, pouvoirs publics et citoyens.
La décarbonation effective d'une entreprise requiert une analyse exhaustive de l'ensemble de ses émissions et une maîtrise rigoureuse de son impact environnemental global.
Une décarbonation sérieuse débute donc par un bilan GES exhaustif, intégrant tous les scopes (1, 2 et 3) – le scope 3 étant souvent le plus important des trois, car il englobe toute la chaîne de valeur : achats, transport, déplacements professionnels, jusqu'à l'usage des produits vendus. Sans cette analyse complète, l'entreprise pilote à l'aveugle sur la majorité de son impact réel.
Une décarbonation sérieuse débute donc par un bilan GES exhaustif, intégrant tous les scopes (1, 2 et 3) – le scope 3 étant souvent le plus important des trois, car il englobe toute la chaîne de valeur : achats, transport, déplacements professionnels, jusqu'à l'usage des produits vendus. Sans cette analyse complète, l'entreprise pilote à l'aveugle sur la majorité de son impact réel.
Mesurer ne suffit pas : il faut ensuite agir sur deux leviers complémentaires.
D'abord, décarboniser l'énergie et améliorer l'efficacité des matériaux grâce à la technologie et aux énergies renouvelables – ce n'est pas une aide temporaire, c'est la base solide. Ensuite, repenser le modèle économique : passer de « vendre en masse » à « créer de la valeur durable ». Patagonia a réussi cela en multipliant son chiffre d'affaires tout en diminuant son empreinte écologique.
Le véritable saut stratégique consiste à générer de la profitabilité par l'efficacité des ressources, pas malgré elle. Dans un monde aux ressources contraintes, les entreprises les plus compétitives seront celles qui extraient le maximum de valeur de chaque unité matérielle prélevée. C’est à la fois économiquement performant et écologiquement régénératif.
Toutefois, il faut se méfier : sans un cadre réglementaire uniforme (tarification du carbone, normes circulaires obligatoires…), la sobriété reste une niche premium. Les entreprises innovantes doivent également réclamer un cadre réglementaire qui équilibre la concurrence – sinon, elles risquent d'être pénalisées par les pollueurs compétitifs. En somme, pour perdurer dans un monde aux ressources planétaires finies, il est essentiel d'harmoniser le modèle économique avec les budgets carbone tout en élaborant des modèles d'affaires novateurs. Pas de décroissance subie, mais une croissance réinventée.
À l'échelle mondiale, la réduction de l'empreinte écologique repose sur une coresponsabilité entre les structures et les citoyens : si les changements individuels peuvent sembler dérisoires face à l'ampleur des changements systémiques nécessaires, ils peuvent toutefois être le moteur de la transition. C'est très souvent la demande actuelle qui définit les produits et les infrastructures de l'avenir.
Pour agir concrètement, le GIEC identifie des leviers de réduction dont l'impact, à l’échelle mondiale, pourrait inverser la courbe des émissions planétaires (source : Sixième rapport de synthèse du GIEC, 2023) :
Un calculateur d’empreinte carbone est un outil qui permet d’estimer la quantité de gaz à effet de serre (GES) générée par les activités d’une personne, d’un foyer, d’une entreprise ou d’un produit.
L'ADEME propose le calcul de référence en France car elle utilise une méthodologie standardisée et transparente, fondée sur des données publiques contrôlées et des coefficients d'émission mis à jour régulièrement.
C'est le « modèle pédagogique » par excellence car :
Sur le plan pédagogique, le calcul de l’empreinte carbone de l’ADEME est efficace : une unique règle du jeu évite les écarts et établit une culture partagée de responsabilité climatique.
Comment calculer mon empreinte carbone avec l’ADEME ? Pour réaliser le test, rendez-vous sur le site internet de Nos Gestes Climat, pour retrouver le calculateur développé par l’ADEME !
Il existe de nombreux calculateurs d'empreinte carbone gratuits sur internet, à destination des particuliers. Ces outils prennent généralement la forme d'un questionnaire divisé en plusieurs parties : alimentation, lieu de vie, modes de transport utilisés, etc.
En revanche, il convient de rester prudent, car de nombreux calculateurs simplistes ne prennent pas en compte le mix énergétique propre à chaque pays : chauffer une maison à l'électricité en France, où le réseau est relativement bas carbone, n'a pas le même impact qu'en Allemagne, encore largement dépendante du charbon.
De surcroît, l'absence de facteurs d'émission détaillés ou l'ignorance de la pollution indirecte liée aux achats et aux services peut fausser les résultats, parfois du simple au double. Se fier à un outil imprécis risque ainsi de donner une illusion de vertu, tout en occultant les leviers d'action réellement pertinents selon votre contexte géographique.
Liste de quelques calculateurs d'empreinte carbone connus sur internet et leurs avantages…
L'empreinte carbone peut être considérée comme une « facture de pollution » que chaque action humaine laisse en héritage. Étant donné qu'il y a divers gaz qui contribuent au réchauffement climatique (comme le méthane produit par les vaches, le gaz d'échappement des véhicules, etc.), on rationalise la situation en transformant tout cela en une seule unité de mesure : l'équivalent CO₂. Plus cette mesure est importante, plus on « densifie » l'enveloppe de gaz entourant notre planète, ce qui perturbe le climat en créant un effet de serre.
Qu'est-ce que l'empreinte carbone ? Définition, calcul et actions pour la réduire
Nos Gestes Climat, 2025
Attention à ne pas confondre empreinte carbone et empreinte environnementale ! L'empreinte carbone est un indicateur qui mesure les émissions de gaz à effet de serre, principalement le dioxyde de carbone (CO₂), mais aussi le méthane (CH₄) et le protoxyde d’azote (N₂O) — et évalue leur impact sur l’atmosphère ainsi que leur contribution au réchauffement climatique. Son unité est le dioxyde de carbone équivalent, annoté CO₂e ou CO₂eq., et mesure la quantité totale de gaz à effet de serre (GES) émise directement ou indirectement par un individu, un produit ou une organisation. C’est l’outil de référence pour l’exercice de la comptabilité carbone (Bilan Carbone®, GHG Protocol, etc.) et autres stratégies de décarbonation.
L’empreinte écologique est un indicateur spatial et biologique, qui évalue la capacité de la nature à régénérer les ressources consommées et à absorber les déchets produits. Son unité est l'hectare global (hag) ou le nombre de planètes, et mesure la surface de terres et d'eau biologiquement productives nécessaire pour subvenir aux besoins d'une population par rapport à la biocapacité de la Terre (c’est-à-dire les ressources naturelles exploitables). L’empreinte écologique est un indicateur développé par le Global Footprint Network, et permet de calculer le fameux « Jour du Dépassement » (Earth Overshoot Day), illustrant la surexploitation des écosystèmes.
La France a déjà consommé toutes les ressources que la planète peut lui offrir en un an
WWF, 2025
L’empreinte carbone par habitant par pays désigne la quantité totale de gaz à effet de serre (GES) émise, en moyenne, par une personne vivant dans un pays donné sur une période généralement annuelle.
Elle s’exprime le plus souvent en tonnes d’équivalent CO₂ (tCO₂e) par habitant et par an, ce qui permet d’agréger l’ensemble des gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote, etc.) en une unité commune.
Attention, l’empreinte carbone par habitant et par pays reflète l'intensité carbone d'une économie et non le mode de vie de ses habitants. Par exemple, un pays qui revient souvent en tête des classements est la Mongolie. L’empreinte carbone d’un mongolien n’est certainement pas aussi élevée qu’un Français mais est influencée par l’intensité carbone des infrastructures et de la production d’énergie du pays (principalement dans ce cas le charbon).
De quoi dépend mon empreinte carbone ? L’empreinte carbone dépend principalement de nos modes de transport (usage quotidien de la voiture, vols fréquents…), de notre consommation d’énergie (un chauffage au gaz est beaucoup plus impactant qu’une pompe à chaleur) et de nos choix de consommation (surconsommation). Elle est également influencée par l’intensité carbone des infrastructures et de la production d’énergie dans le pays où l’on vit : par exemple, vivre dans un pays qui produit son électricité à partir de charbon génère plus d’émissions qu’un pays qui utilise principalement des énergies renouvelables
Selon les données d’Our World in Data, basées notamment sur les travaux de Jones et al. (2025), les pays affichant les plus fortes émissions de gaz à effet de serre par habitant en 2024 sont les suivants :
Les pays arrivant en tête, comme le Qatar, Bahreïn ou le Koweït, illustrent pourquoi ces classements doivent être interprétés avec précaution : ils reflètent surtout les caractéristiques économiques et énergétiques d'un territoire (production d'hydrocarbures, dessalement de l'eau) plutôt que les choix de consommation de ses habitants. Chaque citoyen se voit ainsi attribuer une part d'émissions liées à des infrastructures nationales, indépendamment de son mode de vie personnel.
Pour obtenir une image juste, il faut donc croiser trois angles : qui pollue (la production), qui achète (la consommation), et qui a historiquement le plus émis. Un exemple frappant : un Mongol émet en moyenne 31 tonnes de CO₂e/an, trois fois plus qu'un Français – alors qu'une grande partie de la population vit de façon nomade et sobre. Ce chiffre élevé vient d'une dépendance au charbon, seule infrastructure disponible pour survivre aux hivers rigoureux, non d'un choix de consommation.
C'est toute la nuance à garder en tête : ne pas confondre la responsabilité du consommateur (ses choix) et la dépendance au système (les infrastructures de son pays) – au risque de blâmer un mode de vie modeste pour une activité industrielle qui le dépasse largement.


Pour réduire efficacement son impact environnemental, il est d'abord indispensable de l'évaluer et de le comprendre.
C'est la raison pour laquelle Greenly a développé une plateforme permettant à toute entreprise de réaliser son bilan GES et de suivre l'évolution de ses émissions en temps réel.
Avec l'aide d'un expert dédié, l'entreprise définit ainsi une feuille de route - aussi appelé plan de transition - qui lui permettra de réduire son impact environnemental de manière cohérente et pérenne.
Intéressé(e) ? Curieux(se) ? Rencontrez nos experts sans tarder.

Pour calculer l'empreinte carbone d'une produit, on fait appel à l'Analyse du Cycle de Vie (ACV) : à chaque phase (extraction des matières premières, production, transport, utilisation, fin de vie) on additionne les émissions en multipliant chaque quantité par son coefficient d'émission respectif.
Lancée officiellement par l’ADEME (Agence de la transition écologique) en février 2023, la Base Empreinte® est une base de données publique de référence pour la comptabilité carbone en France. Son déploiement répond à un objectif stratégique de simplification et de cohérence : unifier et centraliser les données issues de deux outils historiques qui coexistaient jusqu’alors : La Base Carbone® et La Base IMPACTS®.
En pratique, la compensation s'effectue en trois phases : on commence par déterminer ses résidus d'émission (c'est-à-dire tout ce qui peut être réduit) ; ensuite, on opte pour un projet certifié par un label reconnu (comme le Label bas-carbone en France, Gold Standard, Verra à l'étranger), qui contribue à des activités telles que la reforestation ou le développement d'énergies renouvelables ; finalement, on acquiert des crédits carbone quantitatifs correspondant à ces résidus d'émission, dont la somme finance directement le projet sélectionné. Ce que la compensation ne fait pas : elle ne fait pas disparaître les émissions déjà rejetées dans l'atmosphère, elle finance seulement un projet climatique en parallèle, ailleurs. Le risque de greenwashing n'est donc pas de compenser en soi, mais de présenter cette compensation comme une annulation.