
SBTi (Science-based Targets Initiative) : ce qu’il faut savoir
Qu'est-ce que la SBTi ? Pourquoi et comment devriez-vous l'appliquer en entreprise ? Greenly vous dit tous de la Science-based Targets Initiative.
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Pensez-vous être conscient de ce que vous polluez ? Détrompez-vous. Un Français génère 10 tonnes de CO₂ chaque année, environ cinq fois l’objectif compatible avec un scénario + 1,5 °C. Entre les calculateurs trompeurs, les chiffres manipulés et les fausses bonnes actions, il est facile de se perdre. Cet article déconstruit les idées fausses, expose la véritable science derrière l'empreinte carbone et vous dévoile les réels moyens d'action.
Pour calculer une empreinte carbone, exprimée en kilogrammes de CO₂ équivalent (kg CO₂e), il suffit de multiplier les données d’activité par les facteurs d’émission correspondants.
Concrètement, le calcul se déroule en trois étapes :
Le rassemblement des données d’activité consiste à inventorier toutes les mesures physiques liées à vos actions sur une période donnée (généralement un an). Au lieu de deviner, on collecte des preuves concrètes : factures d'énergie (kWh), tickets de carburant (litres), kilomètres parcourus ou poids des déchets produits. C'est l'étape de comptabilité matière indispensable qui sert de base brute au calcul avant toute conversion en CO2.
L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) utilise une méthode de calcul fondée sur le recours aux ratios physiques et monétaires. En principe, il est préférable d'utiliser les ratios physiques, car les ratios monétaires peuvent souffrir d'imprécision. Mais pas question de les exclure totalement : les ratios monétaires peuvent servir de solution de secours, lorsque l'on se trouve dans l'impossibilité de recourir à l'approche physique. Une fois ces données collectées (physiques ou monétaires), elles sont converties grâce à un facteur d’émission spécifique qui traduit chaque unité en CO₂ équivalent (CO₂e). Ce coefficient mathématique permet d'additionner des activités très différentes (un steak, un vol, une facture EDF) sous une seule unité de mesure afin d'obtenir une évaluation globale.
Le facteur d'émission physique évalue la quantité de CO₂e produite par unité consommée. Il se traduit comme suit : "telle activité émet en moyenne x quantité de CO₂e par unité consommée".
Pour estimer la quantité d'équivalent CO₂e émise à partir d'un facteur d'émission physique, on effectue le calcul suivant : Quantité de gaz à effet de serre émise = Quantité consommée * Facteur d'émission physique.
Pour la quantité consommée, on exprimera ce chiffre conformément à l'unité du produit concerné (kg, litres, m2, etc.). Les ratios physiques doivent être utilisés aussi souvent que possible, car ce sont ces derniers qui permettent de développer l'analyse la plus précise possible.
Le facteur d'émission monétaire évalue la quantité de CO₂e affectée à un produit ou à un service donné, en se basant sur son prix. Il se traduit comme suit : "tel produit ou service émet en moyenne x quantité de CO₂e par K€ HT".
Pour estimer la quantité de CO₂e émise à partir d'un facteur d'émission monétaire, on effectue le calcul suivant : Quantité de gaz à effet de serre émise = Prix * Facteur d'émission monétaire


Les initiatives incrémentales, telles que le recyclage des déchets ou l’éclairage basse consommation, restent insuffisantes face à l’urgence climatique. La décarbonation effective d’une entreprise requiert une analyse exhaustive de l’ensemble de ses émissions et une maîtrise rigoureuse de son impact environnemental global. Cela se traduit par :
Tout d’abord, une décarbonation sérieuse débute par un bilan carbone exhaustif, intégrant tous les scopes (scope 1, 2 et 3) —le scope 3 étant le véritable révélateur de la dépendance d'une entreprise aux énergies fossiles. Sans cette analyse, l'entreprise pilote à l'aveugle.
Cependant, mesurer ne suffit pas : il faut agir sur trois leviers simultanément.
Premièrement, il s'agit de décarboniser l'énergie et d'améliorer l'efficacité des matériaux grâce à la technologie et aux énergies renouvelables. Ce n'est pas une aide temporaire, c'est la base solide. Puis, il s'agit de repenser le modèle économique : passer de « vendre en masse » à « créer de la valeur durable ». Patagonia a réussi cela en multipliant son chiffre d'affaires tout en diminuant son empreinte écologique.
Le véritable saut stratégique consiste à générer de la profitabilité par l'efficacité des ressources, pas malgré elle. Dans un monde aux ressources contraintes, les entreprises les plus compétitives seront celles qui extraient le maximum de valeur de chaque unité matérielle prélevée. C’est à la fois économiquement performant et écologiquement régénératif.
Toutefois, il faut se méfier : sans un cadre réglementaire uniforme (tarification du carbone, normes circulaires obligatoires…), la sobriété reste une niche premium. Les entreprises innovantes doivent également réclamer un cadre réglementaire qui équilibre la concurrence – sinon, elles risquent d'être pénalisées par les pollueurs compétitifs.
En somme, pour perdurer dans un monde aux ressources planétaires finies, il est essentiel d'harmoniser le modèle économique avec les budgets carbone tout en élaborant des modèles d'affaires novateurs. Pas de décroissance subie, mais une croissance réinventée.
À l'échelle mondiale, la réduction de l'empreinte écologique repose sur une coresponsabilité entre les structures et les citoyens : si les changements individuels peuvent sembler dérisoires face à l'ampleur des changements systémiques nécessaires, ils peuvent toutefois être le moteur de la transition. C'est très souvent la demande actuelle qui définit les produits et les infrastructures de l'avenir.
Pour agir concrètement, le GIEC identifie des leviers de réduction dont l'impact, à l’échelle mondiale, pourrait inverser la courbe des émissions planétaires (source : Sixième rapport de synthèse du GIEC, 2023) :
Un calculateur d’empreinte carbone est un outil qui permet d’estimer la quantité de gaz à effet de serre (GES) générée par les activités d’une personne, d’un foyer, d’une entreprise ou d’un produit.
L'ADEME propose le calcul de référence en France car elle utilise une méthodologie standardisée et transparente, fondée sur des données publiques contrôlées et des coefficients d'émission mis à jour régulièrement.
C'est le « modèle pédagogique » par excellence car :
Sur le plan pédagogique, le calcul de l’empreinte carbone de l’ADEME est efficace : une unique règle du jeu évite les écarts et établit une culture partagée de responsabilité climatique.
Comment calculer mon empreinte carbone avec l’ADEME ? Pour réaliser le test, rendez-vous sur le site internet de Nos Gestes Climat, pour retrouver le calculateur développé par l’ADEME !
Il existe de nombreux calculateurs d’empreinte carbone sur internet que ce soit à destination des particuliers ou des entreprises. Ces outils prennent généralement la forme d’un questionnaire divisé en plusieurs parties : alimentation, lieu de vie, modes de transport utilisés, etc. En revanche, il convient de rester prudent, car de nombreux calculateurs simplistes ne prennent pas en compte le mix énergétique propre à chaque pays : chauffer une maison à l’électricité en France, où le réseau est relativement bas carbone, n’a pas le même impact qu’en Allemagne, encore largement dépendante du charbon.
De surcroît, l’absence de facteurs d’émission détaillés ou l’ignorance de la pollution indirecte liée aux achats et aux services peut fausser les résultats, parfois du simple au double. Se fier à un outil imprécis risque ainsi de donner une illusion de vertu, tout en occultant les leviers d’action réellement pertinents selon votre contexte géographique.
Liste de quelques calculateurs d'empreinte carbone connus sur internet et leurs avantages…
L'empreinte carbone peut être considérée comme une « facture de pollution » que chaque action humaine laisse en héritage. Étant donné qu'il y a divers gaz qui contribuent au réchauffement climatique (comme le méthane produit par les vaches, le gaz d'échappement des véhicules, etc.), on rationalise la situation en transformant tout cela en une seule unité de mesure : l'équivalent CO₂. Plus cette mesure est importante, plus on « densifie » l'enveloppe de gaz entourant notre planète, ce qui perturbe le climat en créant un effet de serre.
Qu'est-ce que l'empreinte carbone ? Définition, calcul et actions pour la réduire
Nos Gestes Climat, 2025
Attention à ne pas confondre empreinte carbone et empreinte environnementale !
L'empreinte carbone est un indicateur qui mesure les émissions de gaz à effet de serre, principalement le dioxyde de carbone (CO₂), mais aussi le méthane (CH₄) et le protoxyde d’azote (N₂O) — et évalue leur impact sur l’atmosphère ainsi que leur contribution au réchauffement climatique. Son unité est le dioxyde de carbone équivalent, annoté CO₂e ou CO₂eq., et mesure la quantité totale de gaz à effet de serre (GES) émise directement ou indirectement par un individu, un produit ou une organisation. C’est l’outil de référence pour l’exercice de la comptabilité carbone (Bilan Carbone®, GHG Protocol, etc.) et autres stratégies de décarbonation.
L’empreinte écologique est un indicateur spatial et biologique, qui évalue la capacité de la nature à régénérer les ressources consommées et à absorber les déchets produits. Son unité est l'hectare global (hag) ou le nombre de planètes, et mesure la surface de terres et d'eau biologiquement productives nécessaire pour subvenir aux besoins d'une population par rapport à la biocapacité de la Terre (c’est-à-dire les ressources naturelles exploitables). L’empreinte écologique est un indicateur développé par le Global Footprint Network, et permet de calculer le fameux « Jour du Dépassement » (Earth Overshoot Day), illustrant la surexploitation des écosystèmes.
La France a déjà consommé toutes les ressources que la planète peut lui offrir en un an
WWF, 2025
L’empreinte carbone par habitant par pays désigne la quantité totale de gaz à effet de serre (GES) émise, en moyenne, par une personne vivant dans un pays donné sur une période généralement annuelle. Elle s’exprime le plus souvent en tonnes d’équivalent CO₂ (tCO₂e) par habitant et par an, ce qui permet d’agréger l’ensemble des gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote, etc.) en une unité commune.
Attention, l’empreinte carbone par habitant et par pays reflète l'intensité carbone d'une économie et non le mode de vie de ses habitants. Par exemple, un pays qui revient souvent en tête des classements est la Mongolie. L’empreinte carbone d’un mongolien n’est certainement pas aussi élevée qu’un Français mais est influencée par l’intensité carbone des infrastructures et de la production d’énergie du pays (principalement dans ce cas le charbon).
De quoi dépend mon empreinte carbone ? L’empreinte carbone dépend principalement de nos modes de transport (usage quotidien de la voiture, vols fréquents…), de notre consommation d’énergie (un chauffage au gaz est beaucoup plus impactant qu’une pompe à chaleur) et de nos choix de consommation (surconsommation). Elle est également influencée par l’intensité carbone des infrastructures et de la production d’énergie dans le pays où l’on vit : par exemple, vivre dans un pays qui produit son électricité à partir de charbon génère plus d’émissions qu’un pays qui utilise principalement des énergies renouvelables
L’empreinte carbone par habitant par pays des 15 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde (source : Touteleurope.eu, 2024) :
Les pays arrivant en tête, comme les Palaos, le Qatar ou le Koweït, illustrent parfaitement pourquoi les classements carbone sont des outils à double tranchant : ils reflètent l'intensité industrielle d'un territoire plutôt que la vertu de ses citoyens. Aux Palaos, le score est gonflé par l'isolement insulaire et le tourisme, tandis qu'au Qatar et au Koweït, il provient de l'extraction d'énergie destinée à l'exportation et du dessalement de l'eau. Dans ces cas, l'habitant hérite mathématiquement d'un bilan lié à des infrastructures nationales imposées par l'économie ou la survie, bien loin de ses choix de consommation personnels.
Par exemple, un Mongol émet environ 31 tonnes de CO₂e/an (soit trois fois plus qu'un Français), mais dans la réalité, une grande partie de la population vit de manière nomade ou très sobre. En fait, il ne faut pas confondre la responsabilité du consommateur (ses choix) et la dépendance au système (les infrastructures du pays). Un citoyen mongol ne choisit pas d'utiliser du charbon ; c'est la seule infrastructure disponible pour survivre aux hivers rigoureux.
Ces statistiques opèrent un raccourci trompeur : elles imputent l'empreinte de l'industrie lourde (pétrole, mines) à l'ensemble d'une population, alors que les chiffres territoriaux masquent la réalité des pays riches qui délocalisent leur pollution en important massivement leurs biens de consommation.
Il faut donc croiser la production (qui pollue ?), la consommation (qui achète ?) et l'histoire (qui a déjà pollué ?) pour obtenir une image juste d’un classement de ce type.
Sans cette nuance, on risque de blâmer un mode de vie modeste alors qu'on ne mesure qu'une activité industrielle d'exportation.
Pour réduire efficacement son empreinte carbone, il est d'abord indispensable d'être en mesure de l'évaluer et de la comprendre.
C'est la raison pour laquelle Greenly a développé une plateforme permettant à toute entreprise de réaliser son Bilan Carbone® et de suivre l'évolution de son empreinte carbone en temps réel.
Avec l'aide d'un expert dédié, l'entreprise définit ainsi une feuille de route - aussi appelé plan de transition - qui lui permettra de réduire son impact environnemental de manière cohérente et pérenne.
Intéressé(e) ? Curieux(se) ? Rencontrez nos experts sans tarder.

En moyenne, un Français émet 10 tonnes équivalent CO₂ (tCO₂e) chaque année (source : ADEME). Pour atteindre la neutralité carbone et limiter le réchauffement climatique d’ici 2050, chaque individu devrait réduire ses émissions à environ 2 tCO₂e par an (source : Haut Conseil pour le Climat, 2020).
Lancée officiellement par l’ADEME (Agence de la transition écologique) en février 2023, la Base Empreinte® est une base de données publique de référence pour la comptabilité carbone en France. Son déploiement répond à un objectif stratégique de simplification et de cohérence : unifier et centraliser les données issues de deux outils historiques qui coexistaient jusqu’alors : La Base Carbone® et La Base IMPACTS®.