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Quel est le Bilan Carbone® d'une exploitation agricole ?
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Quel est le Bilan Carbone® d'une exploitation agricole ?

ESG / RSEBilan Carbone®
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Anaïs Badillo

Par , Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 29/09/2022

Mis à jour par Anaïs Badillo, le 30/04/2026

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Tracteur
Le méthane représente 45 % des émissions du secteur agricole — découvrez comment calculer et réduire le Bilan Carbone® de votre exploitation.
ESG / RSE
2026-04-30T00:00:00.000Z
fr-fr

De manière grossière, c'est la mesure de toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par votre exploitation agricole, exprimées en tonnes de CO₂ équivalent (tCO₂e), moins le stockage de carbone réalisé à la ferme.  

Quelle est l'empreinte carbone du secteur agricole ?

Le bilan carbone de l'élevage

INRAE, 2024

Le méthane représente 45 % des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture en France (INRAE, 2024).

Chaque exploitation agricole, de par sa nature même, génère une pollution environnementale, que ce soit à travers ses propres opérations (comme l'utilisation de tracteurs, l'élevage d'animaux ou les épandages), ses acquisitions (comme les engrais, la nourriture pour animaux et les produits phytosanitaires) ou encore le transport et la livraison qu'elle réalise.

Pour mesurer cette pollution, que ce soit dans un cadre réglementaire ou volontaire, un exploitant agricole peut réaliser un Bilan d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Il s’agit d’une évaluation des émissions générées par son activité, exprimées en tonnes de CO₂ équivalent (tCO₂e) –  également noté CO₂e ou CO₂ éq. Le Bilan Carbone® est l’une des méthodes de référence pour réaliser ce type d’analyse, développée par l’ADEME.

L'objectif : identifier vos principales sources d'émissions pour agir là où c'est le plus impactant. 

Le tout est donc exprimé en tonnes de CO₂ équivalent (tCO₂e). C'est une unité standard qui facilite la comparaison et l'addition de gaz très divers tels que le dioxyde de carbone (CO₂), produit par exemple par la combustion de carburants fossiles, comme le diesel des tracteurs ; le méthane (CH₄), qui est libéré par les ruminants pendant leur digestion ; ou encore le protoxyde d'azote (N₂O), émis lors de la fertilisation des terres agricoles.

Quelle est l'empreinte carbone par type d'exploitation agricole ?

Les disparités des bilans peuvent être attribuées aux variations du mix énergétique national, des conditions climatiques et des règles écologiques spécifiques à chaque région géographique. Par exemple, la production d'une tonne de blé dans un pays qui dépend du charbon pour ses fertilisants ou d'une irrigation à grande échelle aura une empreinte bien plus importante que si elle était produite en France. Toutefois, voici l’empreinte carbone des secteurs par ordre d’impact : 

Élevage bovin
~28 kg CO₂e par kg de viande L'industrie de la viande bovine est la plus émettrice de GES du secteur agricole. Cette empreinte s'explique par le méthane entérique produit par les ruminants, la gestion des effluents d'élevage et les importantes surfaces agricoles mobilisées (source : Ademe).
Production laitière
~1,15 kg CO₂e par litre de lait Souvent sous-estimée, la filière laitière génère elle aussi des émissions substantielles, pour des raisons similaires à l'élevage bovin (méthane entérique, gestion des effluents). Son impact reste néanmoins nettement inférieur à celui de la viande bovine, car il est rapporté à un volume de production bien plus important (source : Ademe).
Viticulture
~1,1 kg CO₂e par bouteille de 75 cl La production viticole présente un bilan carbone modéré, largement influencé par le conditionnement : le poids du verre, le type de bouchage et de surbouchage peuvent faire varier significativement l'empreinte. Ce bilan s'alourdit notamment pour les grands vins et les champagnes, dont les bouteilles sont plus lourdes (source : Ademe).
Maraîchage et horticulture
L'impact carbone du maraîchage dépend fortement du mode et de la saison de production. À titre d'exemple, un kilogramme de tomates émet en moyenne 626 g de CO₂e, mais ce chiffre est multiplié par quatre pour une tomate cultivée hors saison (sous serre chauffée), comparée à une tomate de plein champ en saison (source : Ademe). À l'inverse, les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…) figurent parmi les cultures les moins émettrices : elles fixent naturellement l'azote atmosphérique, réduisant ainsi le recours aux engrais azotés, qui sont une source majeure d'émissions en agriculture.

Comment calculer le Bilan Carbone® d'une exploitation agricole ?

Avant de collecter la moindre donnée, la première étape est de définir le périmètre de votre bilan, c'est-à-dire décider quelles activités vous allez inclure. C'est une question plus pratique qu'il n'y paraît : si vous faites appel à une entreprise de travaux agricoles pour vos moissons, le carburant qu'elle consomme sur votre exploitation entre dans votre bilan, pas dans le sien. De même, les engrais que vous achetez génèrent des émissions bien avant d'arriver sur votre champ (lors de leur fabrication) et ces émissions sont également à comptabiliser. Définir ce périmètre en amont, c'est s'assurer de ne rien oublier et de ne rien compter deux fois. Une fois le périmètre établi, le calcul suit une logique simple et répétée pour chaque poste : 

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Vous multipliez vos données d'activité annuelle (litres de diesel consommés, kilos d'engrais épandus, nombre d'animaux élevés) par des coefficients d'émission officiels exprimés en kgCO₂e par unité.  

C'est la logique de base : une donnée d'activité multipliée par un facteur d'émission donne une quantité de gaz à effet de serre. Les facteurs utilisés sont issus de la Base Empreinte®, la référence publique gérée par l'ADEME, mise à jour régulièrement. Cela signifie que refaire son bilan deux ans plus tard en utilisant les mêmes méthodes peut donner des résultats légèrement différents, non pas en raison d'une éventuelle modification de l'exploitation, mais plutôt parce que les coefficients ont évolué.

Le résultat final est exprimé en tonnes de CO₂ équivalent (tCO₂e), une unité commune qui permet d'additionner sur une même échelle des gaz très différents, CO₂, méthane, protoxyde d'azote – et d'identifier clairement les postes les plus émetteurs.

Pour une exploitation agricole, les catégories d’émissions à recenser dans ce bilan sont les suivantes : 

Type d’émissions Description Calcul
Intrants agricoles
Émissions provenant des engrais azotés (ex : urée, ammonitrate), des produits phytosanitaires, des semences et plants, des aliments achetés pour le bétail… Dans la Base Empreinte® → catégorie « intrants agricoles ». Facteur exprimé en kgCO₂e/kg de produit. Utilisez vos factures en kg.
L'énergie
Ce poste comptabilise toutes les consommations de combustibles et d'électricité utilisées dans l'exploitation. Base Empreinte® → catégorie « énergie ». Inclure le carburant des prestataires (ETA).
Le cheptel
Émissions de méthane entérique et gestion des effluents (lisier, fumier). Facteur par tête/an. Calcul basé sur les UGB.
Terres et cultures
Émissions de N₂O + stockage carbone des sols, cultures et haies. Approche IPCC niveau 1 + déduction des puits carbone.
Transport
Flux logistiques, livraisons, déplacements. kgCO₂e / tonne.km (Base Empreinte®).
Matériel et bâtiments
Fabrication des engins et infrastructures. Amortissement carbone sur durée de vie.
Fret aval
Transport des marchandises vendues. tonnage × distance × facteur CO₂e.
Déchets
Traitement des emballages, plastiques, huiles. Facteur selon traitement (recyclage, incinération...).
Gaz réfrigérants
Fuites de gaz fluorés (climatisation, froid). Quantité rechargée × facteur du gaz.

L'objectif : identifier vos principales sources d'émissions pour agir là où c'est le plus impactant (généralement les intrants chimiques et le bétail). Les intrants sont souvent le poste le plus émissif. 

Pourquoi un exploitant agricole doit-il mesurer les émissions de ses activités ?

Transformations de l'agriculture et des consommations alimentaires

Insee, 2022

En 2022, les émissions provenant du secteur agricole, qui s'élèvent à 42,6 millions de tonnes équivalent CO₂ (Mt CO₂ eq), constituent 19 % des rejets totaux de gaz à effet de serre (GES) au niveau national. Ce faisant, l'agriculture se positionne comme le deuxième domaine d'activité le plus émetteur après celui des transports (30 %).

Contrairement à un simple calcul d'énergie, le bilan d’émissions GES d’une exploitation agricole couvre donc tous les flux : les intrants achetés, l'énergie consommée, les animaux élevés, les sols cultivés et les transports… 

Ce qui le rend particulièrement intéressant pour le secteur agricole, c'est qu'il englobe des émissions invisibles mais massives telles que les émissions de méthane (provenant des ruminants) ou le protoxyde d'azote issu des engrais (qui n'apparaissent sur aucune facture). 

Une autre caractéristique est que l'agriculture, en plus d'être une source d'émissions, peut également agir comme un puits de carbone grâce aux prairies permanentes, aux haies ou à l'agroforesterie. L'objectif final n'est pas de culpabiliser, mais d'identifier les postes prioritaires pour réduire l'empreinte globale,  et parfois de valoriser des pratiques vertueuses déjà en place.

Comment réduire l'empreinte carbone d'une exploitation agricole ?

Réduire l'empreinte carbone d'une exploitation agricole repose essentiellement sur deux leviers complémentaires : diminuer ses émissions de GES et augmenter sa capacité à stocker du carbone.

Agir sur les pratiques culturales
Le premier levier concerne les choix de production. Privilégier les engrais organiques plutôt que les engrais chimiques permet de réduire les émissions liées à leur fabrication et à leur transport (étapes particulièrement énergivores). Introduire des légumineuses (lentilles, pois, trèfles…) dans les rotations culturales est une pratique très efficace (ces plantes fixent naturellement l'azote atmosphérique – réduisant ainsi le recours aux intrants azotés). Aussi, adopter le semis direct ou le travail du sol réduit permet de limiter le rejet de CO₂ stocké dans les sols du labour.
Réduire la consommation d'énergie
Des solutions concrètes incluent l'optimisation de l'usage des machines agricoles, le partage d'équipement entre différentes exploitations, le recours aux énergies renouvelables (panneaux solaires sur toitures et bâtiments agricoles, méthanisation des déchets organiques, etc.) et l'investissement dans du matériel moins énergivore – permet également de réduire l'empreinte carbone tout en générant de nouvelles sources de revenus.
Miser sur la séquestration carbone
Végétaliser son exploitation (prairies permanentes, haies et agroforesterie) constituent de véritables puits de carbone. Les prairies séquestrent entre 0,5 et 1 tonne de carbone par hectare et par an, tandis qu'une haie bien entretenue peut capter plusieurs tonnes de CO₂ sur sa durée de vie (source : MilkBE). L'agroforesterie présente quant à elle un double avantage : séquestration carbone et amélioration de la biodiversité locale.
Repenser l'élevage
Adapter l'alimentation des ruminants ou améliorer la gestion des effluents d'élevage (méthanisation des lisiers et fumiers) sont des pistes envisageables. Réduire le cheptel tout en améliorant la productivité par animal peut également contribuer à diminuer l'empreinte globale.
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👀Le soutien de la Politique agricole commune (PAC): Afin de mettre en valeur les bonnes initiatives de son exploitation agricole, il est possible de demander la certification bas carbone instaurée par les pouvoirs publics. La démarche permet aux exploitants d'évaluer sur cinq années leurs émissions et stockage de carbone afin d’évaluer leurs progrès suite à l'adoption de nouvelles pratiques. En général, une exploitation standard peut tabler sur une économie moyenne de 25 tonnes de carbone par an. À noter : la PAC distribue des aides obtenues sur dossier pour implémenter certaines des mesures décrites ci-dessus. Ces aides s’adressent directement aux producteurs en conversion et sont mises en place dans le cadre des programmes de développement rural régional

Foire aux questions (FAQ) liée au Bilan Carbone® de l'agriculture

  • Le Bilan Carbone® de l’agriculture biologique diffère-t-il de l'agriculture conventionnelle ?

    La comparaison est plus compliquée qu'elle ne semble. Parfois, les études classiques d'Analyse du Cycle de Vie (ACV) indiquent que l'agriculture biologique génère plus d'émissions par kilogramme produit, en raison de rendements inférieurs qui nécessitent donc une plus grande superficie. Cependant, cette méthode est actuellement remise en question : elle néglige des facteurs cruciaux tels que la biodiversité, les terres agricoles bio favorisent un niveau de biodiversité environ supérieur de 30% — la qualité des sols ou l'absence de pesticides de synthèse. Évaluer les deux systèmes uniquement en termes de tonnes de CO₂ par kilogramme produit, c'est donc prendre en compte une partie du problème tout en négligeant le reste (INRAE, 2020)

  • Quelle est l'agriculture la plus polluante ?

    L'activité agricole la plus polluante est l'élevage industriel de ruminants (bovins, moutons, chèvres, cervidés…), à cause du méthane qu'ils émettent et de la gestion de leurs déchets, associée à l'agriculture intensive qui repose sur les engrais azotés synthétiques. L'impact écologique est d'autant plus grand lorsque ces méthodes conduisent à la déforestation pour produire des aliments importés de type soja.

Bibliographie

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