
Qu'est-ce que la loi NRE (Nouvelles Régulations Économiques) ?
La NRE oblige les sociétés cotées à communiquer autour des mesures prises pour tenir compte des impacts sociaux et environnementaux de leurs activités.
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Dans les rayons des supermarchés comme sur les vitrines des entreprises, les labels écologiques foisonnent. Qu’ils soient apposés sur un emballage ou mis en avant dans une campagne marketing, ces labels suggèrent un engagement fort en faveur de l’environnement.
S’ils attestent souvent d’efforts concrets sur certains aspects, ils ne garantissent pas pour autant une exemplarité écologique.
Un label écologique, tout comme un label classique, désigne un symbole, un logo, ou un signe, garantissant qu’un produit ou un service répond à des critères environnementaux spécifiques (faible impact, production raisonnée, etc.).
Lorsqu'il est jugé conforme, après un audit de conformité donc, un label permet à l'entreprise de garantir la qualité de ses produits ou services. À noter que le label ne doit pas être confondu avec la certification, qui repose sur des normes officielles et peut être encadrée par l’État.
Pour une entreprise, un label écologique reflète les valeurs qu’elle souhaite véhiculer. Pour le consommateur, l'apposition de ce label, souvent vert, lui permet de discerner quel produit ou service a un impact environnemental moindre par rapport à l’offre concurrente.
Label écologique et entreprise peuvent sembler antinomiques, mais tout dépend du niveau d’engagement réel derrière l’affichage.
Le label « Pêche Durable », créé en 1997 par le WWF et Unilever et délivré par l’organisme Marine Stewardship Council (MSC) – et ne s'applique qu'aux poissons et fruits de mer sauvages provenant de pêcheries certifiées conformes au Référentiel MSC Pêche Durable (source : MSC | Marine Stewardship Council).
Depuis 2017, le gouvernement considère le label « Pêche Durable » comme un signe de qualité valorisant une pêche respectueuse de l’environnement. Pourtant, la définition même de « pêche durable » reste floue. (source : Ministère de l'Agriculture, 2020).
Toujours d’après l’UFC-Que Choisir, les poissons portant ce label ne garantissent pas des pratiques de pêche respectueuses de l’environnement. En effet, des méthodes de pêche controversées, comme les DCP et la senne coulissante, y sont autorisées. Ces cinq dernières années, ce sont principalement des pêcheries utilisant ces techniques qui ont obtenu le label, comme le rapport l’UFC-Que Choisir.
NB : Le DCP est un équipement électronique doté d’une balise et d’un sondeur, fixé à une structure flottante ou immergée (radeau, bois, plastique, etc.) pour recréer un habitat artificiel et attirer naturellement les poissons. Il peut dériver ou être ancré au fond de l’eau, tandis que la balise transmet sa position et que le sondeur évalue la présence de poissons. Une fois repérés, une senne coulissante est déployée, se refermant comme une bourse, capturant sans distinction toutes les espèces alentour, y compris des prises accidentelles comme les dauphins, requins ou espèces protégées (source : Le Monde, 2024).
Au-delà des méthodes de pêche controversées, l’association Bloom dénonce également des pratiques de surpêche, en totale contradiction avec l’appellation flatteuse du label « Pêche Durable » :
Face à ces dérives, un véritable label écologique pour la pêche devrait avant tout promouvoir des méthodes respectueuses des écosystèmes. À l’inverse, la pêche industrielle vise avant tout à maximiser les captures. Des techniques plus sélectives et moins invasives, comme la pêche à la canne, ou encore une approche raisonnée favorisant le renouvellement naturel des stocks, devraient être privilégiées.
En France, la majorité des forêts publiques sont certifiées pour leur gestion forestière durable dans le cadre des systèmes de certification PEFC et FSC® (source : ONF).
Le label écologique de gestion durable des forêts fait l’objet d'inquiétudes, notamment pour sa façon de gérer « durablement les forêts » du parc boisé en France. L’association Canopée, qui a participé à des consultations sur ces règles de certification, souligne notamment que le label PEFC est critiqué pour son manque d'exigence sur la gestion durable des forêts.
En effet, le label bois PEFC autorise les coupes rases abusives et favorise les monocultures de résineux au détriment des forêts dites diversifiées (plantations d’espèces différentes), ce qui contribue à la dégradation des écosystèmes, plutôt qu'à leur préservation (source : Canopée - Forêts Vivantes, 2023).
NB : Un label ne peut être qualifié d’écologique s’il tolère des pratiques destructrices pour la gestion des forêts. En effet, les coupes rases abusives – qui consistent à défricher une parcelle entière en une seule fois – entraînent la disparition de la biodiversité et la dégradation des sols. Les forêts sont alors moissonnées « comme des champs de blé », grâce à des machines capables d’abattre un arbre en moins d’une minute (source : Reporterre, 2020). Ces pratiques s’accompagnent souvent de replantations en monoculture de résineux, ce qui réduit la résilience des forêts face aux maladies et au changement climatique.
Un label qui privilégie l’exploitation intensive au détriment d’une sylviculture raisonnée et respectueuse de la diversité forestière ne saurait prétendre à une pratique écologique.
Enfin, contrairement à d'autres certifications, le label FSC® garantit que le bois provient de forêts gérées durablement. À ce jour, sa gestion forestière n’a pas fait l’objet de controverses majeures.
Face à la profusion de logos verts et de mentions écologiques souvent floues, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.
Pour reconnaître un label écologique selon le type de produit ou de secteur, il ne suffit pas de repérer un sigle : quelques bons réflexes s'imposent. En effet, si les normes de certification sont reconnues et vérifiées par des organismes indépendants, ce n’est pas toujours vrai pour les labels, qui peuvent être trompeurs, voire autoproclamés.
Côté produits, le premier réflexe est d’identifier le label affiché. En France, certains logos sont bien connus, mais tous ne garantissent pas une démarche réellement exigeante. Parmi les labels écologiques les plus répandus, on retrouve l’Agriculture Biologique (AB), Haute Valeur Environnementale (HVE) ou encore le label Pêche Durable. Pourtant, si la consommation de produits biologiques contribue à réduire l’empreinte carbone, l’impact réel reste plus nuancé.
Quant à d’autres allégations comme « pêche durable » ou « haute valeur environnementale », leur évaluation reste plus complexe et superflue.
Côté services, la distinction est plus nette. Certains labels, comme B Corp ou LUCIE, sont attribués après des audits rigoureux – et sur plusieurs années. Ils certifient l’engagement RSE d’une entreprise et témoignent d’un impact social et environnemental mesuré. Contrairement à certains labels de produits grand public, ces certifications sont délivrées par des organismes indépendants, assurant une véritable reconnaissance.
Afin de faire des choix éclairés, découvrez quelques critères dans le chapitre ci-dessous pour distinguer un produit ou service réellement écologique.
Un label n’a de valeur que s’il repose sur un processus de certification rigoureux ou sur des méthodes d’évaluation reconnues, comme l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) pour un produit ou le Bilan Carbone® pour une entreprise.
Ces outils, largement normalisés et validés à l’échelle internationale, garantissent une approche objective et fiable.
Pour le consommateur, il peut être difficile d’accéder à ces informations, pourtant essentielles pour juger du véritable impact d’un bien ou d’un service.
NB : À titre d’exemple, lorsqu’une entreprise met en avant un produit « écoresponsable », il est essentiel d’examiner les détails de cette affirmation (sur le produit lui-même, son étiquette, ou le site de l’entreprise…). L’ACV permet notamment d’identifier à quelle phase du cycle repose cette revendication et d’en évaluer la pertinence.
Selon Greenly, la meilleure façon d’estimer son impact environnemental est de réaliser un Bilan Carbone®. Cette méthodologie de référence permet à toute entreprise de mesurer précisément ses émissions de gaz à effet de serre (GES), d’identifier les postes les plus émetteurs (transport, fabrication, logistique, etc.) et de définir des actions pour réduire son empreinte année après année. Sans cette analyse approfondie, il reste difficile d’évaluer avec précision l’impact environnemental d’une activité. À noter que le GHG Protocol est une méthodologie similaire reconnue permettant d'estimer les émissions de GES d’une entreprise.
NB : Il est à noter que toutes les évaluations de Bilan Carbone® ne se valent pas. Par exemple, annoncer une réduction de 50 % des émissions n’a de sens que si la base de comparaison est pertinente. En effet, une baisse des émissions par rapport à un niveau de référence (e.g. des années 1990) serait un premier pas, mais largement insuffisant face aux objectifs climatiques actuels. Ce qui compte réellement, c’est de mesurer les réductions par rapport aux niveaux actuels et aux objectifs fixés par les accords climatiques internationaux, comme ceux de l’Accord de Paris, qui visent une neutralité carbone d’ici 2050.
Un label écologique ne garantit pas un niveau d’exigence environnementale irréprochable.
Tout d’abord car les labels écologiques ne s’appliquent pas uniformément à tous les secteurs. Aujourd’hui, dix domaines distincts peuvent être labellisés, de la peinture à l’ameublement, en passant par les produits d’entretien ou le tourisme. Naturellement, les critères varient selon le secteur : l’impact environnemental d’un meuble ne se mesure pas comme celui d’un service hôtelier. Les labels écologiques ne s’appliquent pas uniformément à tous les secteurs.
Prenons l’exemple d’un hôtel labellisé affichant la mention « tourisme durable ». Ce label peut être en partie justifié si l’établissement est éco-construit ou s’il met en place des mesures pour réduire sa consommation d’eau et d’électricité.
Ainsi, un label écologique ne garantit ni un engagement exemplaire ni une réduction concrète de l’impact environnemental. Chaque filière a ses propres impératifs. Un label écologique témoigne d’efforts sur certains aspects, mais ne suffit pas à prouver une véritable maîtrise de l’impact environnemental, à moins que l’entreprise ne réalise un Bilan Carbone® et ne s’engage à réduire ses émissions sur le long terme, année après année.
Fiche n° 11. Connaître les critères et les outils de l’achat responsable et les prioriser, Cairn, 2021, https://stm.cairn.info/guide-du-cabinet-de-sante-ecoresponsable--9782810909780-page-179?lang=fr
Journée mondiale du tourisme – Bilan des émissions de GES du secteur du tourisme en France, ADEME, 2024, https://www.ademe.fr/presse/communique-national/journee-mondiale-du-tourisme-bilan-des-emissions-de-ges-du-secteur-du-tourisme-en-france/
Pêche durable - Peut-on se fier au label MSC ? - Enquête UFC-Que choisir, 2023, https://www.quechoisir.org/enquete-peche-durable-peut-on-se-fier-au-label-msc-n114634/
L'écolabel public « Pêche Durable, Ministère de l'Agriculture, 2020, https://agriculture.gouv.fr/lecolabel-public-peche-durable
Que signifie le label MSC Pêche Durable, MSC | Marine Stewardship Council, https://www.msc.org/fr/nos-actions/notre-approche/que-signifie-le-label-msc-peche-durable
Surpêche et pêche durable, BLOOM Association, https://bloomassociation.org/je-m-informe/la-peche-durable/
Bataille autour des DCP, ces dispositifs de pêche au thon qui dérivent dans l’océan Indien, Le Monde, 2024, https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/05/06/bataille-autour-des-dcp-ces-dispositifs-de-peche-au-thon-qui-derivent-dans-l-ocean-indien_6231847_3244.html?random=710671904
L'ONF, deux certifications de gestion durable et une politique environnementale, ONF, https://www.onf.fr/produits-services/acheter-du-bois/les-essentiels/%2B/49::lonf-deux-certifications-de-gestion-durable-et-une-politique-environnementale.html
La coupe rase, une aberration écologique qui menace nos forêts, Reporterre, 2020, https://reporterre.net/La-coupe-rase-une-aberration-ecologique-qui-menace-nos-forets
L'Ecolabel européen - Ministère de la Transition écologique, 2019, https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/lecolabel-europeen