
Tout comprendre sur la comptabilité carbone en 2026
La comptabilisation carbone consiste à identifier, mesurer et agréger les émissions de gaz à effet de serre d'une organisation selon des périmètres définis.
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Par Ines Gendre, Rédactrice spécialisée dans le domaine environnemental, le 29/09/2022
Mis à jour par Ines Gendre, le 27/07/2026


Scopes 1, 2 et 3 : trois dimensions qui organisent l'intégralité de la comptabilité carbone d'une entité. Issues du GHG Protocol et reprises ensuite par le Bilan Carbone®, ces classifications catégorisent les émissions selon leur provenance - qu'elles soient directes, associées à l'énergie acquise, ou disséminées au sein de la chaîne de valeur.
Les identifier correctement, c'est comprendre où se situe précisément votre empreinte carbone. Voici le détail de chaque périmètre et les moyens de les examiner et de les utiliser afin de diminuer vos émissions de gaz à effet de serre.
Un scope d'émission (ou périmètre d'émission) est une catégorie utilisée pour classifier les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'une organisation.
Introduits par le Greenhouse Gas Protocol (GHG Protocol) en 1998, puis intégrés à la méthodologie du Bilan Carbone®, les scopes d’émissions permettent d’appréhender l’empreinte carbone d’une organisation selon trois niveaux distincts. En effet, le recours à un périmètre rend plus aisée l'élaboration et l'interprétation de votre comptabilité carbone. Cela permet de catégoriser les émissions d'une organisation particulière, d'identifier les sources de ces émissions et de les classer par degré d'impact afin d'élaborer un plan de transition (visant à atténuer les activités liées aux émissions les plus prépondérantes).
💡 Le saviez-vous ? Pour la grande majorité des entreprises, le scope 3, le plus difficile à mesurer — représente souvent plus de 80 % de l'impact total (source : Association pour la transition Bas Carbone, 2022).


Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont classées en catégories 1, 2 et 3, en fonction de leur lien direct ou indirect avec les activités d'une entreprise ou d'une organisation.
Le scope 1 regroupe les émissions directes de gaz à effet de serre liées aux activités de l’entreprise. Ce périmètre regroupe donc toutes les émissions générées directement par les actifs que possède ou contrôle physiquement votre entreprise. Il s'agit des émissions liées à :
Le scope 2 désigne les émissions de gaz à effet de serre indirectes liées à l'énergie. En termes précis, il s'agit des émissions produites lors de la génération d'énergie que l'entreprise acquiert et utilise. L'impact ne se produit pas sur place, mais ailleurs.
Le scope 3 englobe toutes les émissions indirectes de gaz à effet de serre qui ne sont pas incluses dans le scope 2 (déplacements des employés, transport de marchandises, etc.). C'est pourquoi il en résulte généralement qu'il porte la plus grande part de l'empreinte carbone de l'entreprise.
C'est le scope le plus vaste et le plus difficile à mesurer. Il inclut toutes les émissions indirectes qui émanent des activités de l'entreprise, mais qui proviennent de sources qu'elle ne détient ni ne contrôle. Cela inclut 15 catégories, conformément au référentiel « GHG Protocol Corporate Value Chain Standard ».
Pour obtenir davantage d'informations sur cette catégorie d'émission, n'hésitez pas à parcourir notre guide sur le scope 3 !
Le scope 4, ou émissions évitées, quantifie l’impact positif d’un produit ou service en estimant les émissions de gaz à effet de serre qu’il permet d’éviter par rapport à un scénario de référence. Il s’agit donc de comparer les émissions générées dans la réalité avec celles qui auraient été produites par une alternative plus carbonée, afin de mettre en évidence le gain environnemental potentiel.
Pour obtenir davantage d'informations sur cette catégorie d'émission, n'hésitez pas à parcourir notre article lié aux émissions évitées !
Il y a certaines émissions qui échappent consciemment à la classification GHG Protocol, parce qu'elles ne sont pas perçues comme anthropiques ou qu'elles sont rattachées à un autre cadre de référence. Par exemple,
Le carbone biogénique est le carbone contenu dans la biomasse d'origine agricole ou forestière, émis lors de sa combustion ou dégradation (source : Ademe).
Le GHG Protocol répartit les émissions en trois scopes (1, 2 et 3), tandis que le Bilan Carbone® les détaille en six catégories d’émissions afin d’affiner l’analyse de l’empreinte carbone d’une organisation.
Il faut donc différencier deux approches et structures de classification :
Pour conclure, le GHG Protocol et l’ISO 14064-1 constituent des référentiels de classification des émissions de gaz à effet de serre, ils indiquent dans quelle case ranger une émission. Le Bilan Carbone® est une méthodologie complète de quantification. Il définit les données à collecter, les facteurs d’émission à utiliser, le périmètre d’analyse, etc. Dans ce cadre, les résultats sont généralement classés selon les catégories d'émissions définies par l’ISO 14064-1.
La norme ISO 14064-1:2018 a donc fait évoluer la logique des « scopes » du GHG Protocol vers six catégories d'émissions, afin d'affiner la frontière entre ce qui relève de l'organisation et de sa chaîne de valeur.
La catégorie 1 regroupe les émissions directes liées à l'entreprise, tandis que la catégorie 2 couvre les émissions indirectes liées à l'énergie importée (électricité, vapeur, chaleur, froid achetés). Les quatre catégories suivantes éclatent le scope 3 en blocs plus lisibles. Ce découpage a une utilité méthodologique : il rend les rapports plus traçables et facilite l'identification des postes les plus émetteurs, là où le scope 3 « attrape-tout » était fréquemment peu clair.
En détails, voici les émissions liées à la classification selon l'ISO 14064-1:2018 :
Le GHG Protocol Corporate Standard, développé par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD), est le référentiel fondateur qui a introduit la logique des scopes 1, 2 et 3 en 1998. C'est sur cette base que s'appuient aujourd'hui la plupart des cadres de reporting.
Le GHG Protocol découpe les émissions en trois scopes selon un principe de proximité avec l'organisation (source : Corporate Standard, GHG Protocol) :
Comptabiliser ses émissions sans y passer 6 mois implique généralement :
Pour résumer : périmètre défini, scopes 1 et 2 basés sur les factures, scope 3 axé sur les dépenses des postes importants, et absolument privilégier l'itération à la perfection.

La mise en œuvre d'une comptabilité carbone peut paraître longue. Avec Greenly, dès l'obtention des premiers chiffres, vous recevez une estimation initiale de votre empreinte carbone, qui s’affinera progressivement à mesure que de nouvelles informations seront ajoutées. En pratique, la stratégie de Greenly se structure en deux temps :
Ensuite, vos résultats peuvent être consultés de deux manières : par catégorie et sous-catégorie Greenly (achats, fret, énergie, déplacements...), ou selon l'approche du cadre réglementaire et par scope, en fonction de la méthodologie choisie — BEGES v4, BEGES v5 ou GHG Protocol. Un dashboard dédié permet de visualiser vos émissions scope par scope, avec un niveau de détail jusqu'à la sous-catégorie d'origine.
Le tout est soumis à un contrôle qualité obligatoire, puis exportable en rapport auditable conforme au GHG Protocol et au référentiel ADEME (Bilan Carbone®).
Si vous êtes déjà décidés, vous pouvez, le cas échéant, sollicitez directement une démonstration gratuite de la plateforme Greenly avec l'un de nos experts.
Oui, mais avec des nuances. En France, le scope 3 est désormais attendu dans le cadre du BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre) pour les entreprises soumises aux obligations de reporting, alors qu’il pouvait auparavant être partiellement exclu. Cette évolution s’explique par son poids majeur dans les émissions d’une entreprise. Par ailleurs, avec l’entrée en vigueur de la CSRD, la prise en compte du scope 3 devient centrale et largement renforcée dans les obligations de reporting extra-financier.
Les catégories d'émissions représentent une particularité essentiellement française et sont actuellement standardisées dans les méthodologies françaises telles que le BEGES ou le Bilan Carbone®. Il s'agit d'une version plus approfondie des scopes d'émissions, élaborée pour clarifier en particulier le scope 3. En réalité, les trois catégories de scope définies par le GHG Protocol ont été progressivement divisées en six catégories majeures d’émissions. Cependant, au niveau mondial, on se réfère toujours à la terminologie des « scopes ».
La règle fondamentale : interrogez-vous sur la détention/le contrôle. Si l'entreprise détient ou a un contrôle physique sur la source, alors c'est son domaine d'application. 1. Dans le cas où il s'agit d'énergie acquise (électricité, vapeur, froid), c'est le scope 2. Tous les autres cas, dès qu'un intervenant externe est impliqué dans le processus (fournisseur, client, prestataire), c'est le scope 3. Si le doute persiste, le GHG Protocol Corporate Value Chain Standard expose les 15 catégories du scope 3 reconnu officiellement, c'est fréquemment là où vous trouverez la réponse.
Une tonne de CO₂ figure dans deux rapports distincts : scope 1 chez le fournisseur la produisant, scope 3 chez le client qui l'acquiert. Ce n'est pas une erreur, chaque bilan évalue sa propre responsabilité. Le problème n'est présent que si l'on cumule les scopes 3 de toutes les sociétés afin d'obtenir une estimation globale. Pour éviter le comptage en double, il faut respecter une seule règle : celui qui détient ou gère physiquement la source est responsable du scope 1 ou 2, tout le surplus est répertorié comme scope 3 chez celui qui en profite - jamais les deux dans la même colonne.