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Sud de la France : les multiples conséquences du réchauffement

D’ici quelques années, le sud de la France ne sera pas épargné par les effets du réchauffement climatique. Déjà fortement impacté, comment éviter le pire ?
Green Actu’
2023-06-23T00:00:00.000Z
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paysage bucolique

Depuis l’ère industrielle, la température moyenne de la France a grimpé de + 1,7 °C contre + 1,2 °C pour le reste du monde. Malheureusement, sans action de notre part, cela n’est qu’un début. Selon les prévisions, le réchauffement attendu en 2030 s’élèverait à + 2 °C en 2030, + 2,7 °C en 2050 et + 4 °C en 2100.

Vous vous en doutez bien, ces hausses de températures ne sont pas sans incidences sur le pays et tout particulièrement sur le sud de la France. Pourquoi ce territoire est-il particulièrement sujet au réchauffement climatique ? Quelles sont les répercussions dont il est victime ? Comment inverser la tendance ? Poursuivez votre lecture !

Pourquoi le sud de la France est-il considéré comme à risque ?

Selon le rapport de l’OMM et du Service Copernicus, l’Europe est le continent s’étant le plus réchauffé au monde durant la période 1991-2021. Alors que la température moyenne de la France a grimpé de + 1,7 °C depuis l’ère industrielle, celle en région méditerranée dépasse + 1,5 °C depuis les années 1970. 

D'après les experts du GIEC, la situation ne risque pas de s’améliorer en allant, puisque la région pourrait atteindre + 3 °C à + 5 °C d’ici la fin du siècle.

Plusieurs raisons expliquent le réchauffement rapide de la France : 

  • sa position géographique qui expose le territoire aux courants chauds et humides (les « alizés » issus des régions tropicales), mais également aux inondations côtières (la France ayant 5 800 km de côtes) ;
  • les émissions de gaz à effet de serre (GES) engendrées par les activités humaines ;
  • l’urbanisation du pays provoqué par le changement d’utilisation des terres (les surfaces bitumées réfléchissent peu la chaleur). 

👉 La région Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre tous les risques.

soleil

Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur le sud de la France ?

La hausse des températures

Déjà particulièrement intenses, les épisodes de canicules seront amenés à devenir plus fréquents et plus longs. 

Dans le scénario de + 4 °C en 2100 en France, l’arc méditerranéen - déjà particulièrement exposé aux canicules - pourrait connaître jusqu’à 90 nuits tropicales par an.

Entre juin et août 2022, la région Occitanie a connu trois vagues de chaleur successives provoquant le décès de 509 personnes.

Au-delà d’impacter la santé humaine, les fortes chaleurs augmentent le risque de feux de forêt et la disparition progressive de la biodiversité. En effet, le changement climatique étant trop rapide, les espèces animales n’ont pas le temps de migrer et les végétaux ne sont pas en mesure de s’adapter à la hausse des températures.

À cause des fortes températures, les glaciers présents dans les Alpes fondent à une vitesse impressionnante. Selon les prédictions partagées par Réseau Action Climat, les petits glaciers disparaîtront dès 2050 et les plus emblématiques d’ici 2100.

Enfin, les rendements agricoles seront très faibles, impactant la sécurité alimentaire, la survie des petits producteurs et ne répondant plus aux besoins de la population.

La pénurie des ressources en eau

Chaque année, la France reçoit 512 milliards de m3 de pluie. Dans le détail, 40 % du volume des précipitations reste disponible dans les cours d’eau et les nappes phréatiques. 

Or, selon une étude publiée en juin 2022 par le ministère de la Transition écologique, les ressources françaises en eau renouvelable - c’est-à-dire issues des cours d’eau et des précipitations nettes - ont diminué de 14 % sur la période 2002-2018 et par rapport à la précédente décennie.

Ces chiffres démontrent l’impact du réchauffement climatique sur le cycle de l’eau, provoquant entre autres pénuries d’eau, raréfaction des épisodes de pluie, le faible rechargement des nappes phréatiques et la succession d’épisodes de sécheresse. 

Au-delà de ne plus être en mesure de répondre à nos besoins vitaux, le manque d’eau fait l’objet de trois grands enjeux : 

  • économiques - certaines activités économiques ne peuvent plus fonctionner, notamment l’agriculture victime de l’assèchement des sols et donc une perte rendement et/ou une faible qualité des récoltes ;
  • sanitaires - l’eau mal traitée engendre l’apparition de maladies ;
  • environnementaux - provoque une baisse du débit des cours d’eau impactant la biodiversité.

👉 À titre d’exemple, une étude menée sur le Rhône démontre que le débit d’étiage du fleuve pourrait baisser de 20 % au cours des trente prochaines années. La faible quantité de neige par rapport aux années précédentes constitue la principale cause.

L’augmentation des risques d’inondations

De par ses reliefs et son climat, le pourtour méditerranéen est particulièrement sujet aux inondations. Débordement des cours d’eau et pluies soudaines abondantes sont de mise au début de l’automne. 

Selon le documentaire « Méditerranée 2100, un climat en mutation », les épisodes méditerranéens surviennent deux fois plus fréquemment comparées aux années 1960 et transportent 20 % d’eau en plus.

👉 Un épisode méditerranéen s’illustre par la survenue d’épisodes intenses de pluies, allant jusqu’à générer de violents orages. Ils se forment à partir des remontées d’air chaud, humides et instables issues de la Méditerranée et surviennent généralement en automne.

À cela s’ajoute l’élévation du niveau de la mer d’ores et déjà visible en Camargue. Selon le directeur général de l’institut de recherche La Tour du Valat, Jean Jalbert, la plage a reculé de 800 mètres en un siècle.

D’ici à 2100, l’élévation du niveau de la mer devrait atteindre un mètre, submergeant ainsi la Camargue. Selon les modélisations de Climate Central, des parties des villes de Nice, de Cannes et d’Antibes pourraient être submergées dans le cas où la hausse du niveau de l’eau atteindrait 30 mètres.

L’industrie touristique au ralenti

La montagne, les forêts et les mers ne sont pas épargnés par les effets du réchauffement climatique. De fait, les touristes ne sont plus les bienvenus dans ces territoires désormais fragilisés. 

Pour éviter la disparition du patrimoine naturel, certaines restrictions sont mises en place comme dans les Calanques de Marseille. L’été 2022 a marqué le début des expérimentations de quotas pour accéder à Sugiton, l’un des sites surfréquentés du parc. L’objectif étant de préserver la végétation et éviter l’érosion des sols.
L’été 2023 sera lui marqué par la limitation du nombre de kayaks au sein du parc national des calanques, pour limiter les nuisances causées en mer - notamment la dégradation d’une forme d’algue calcaire.

👉 Malheureusement, les effets du réchauffement climatique (le recul des plages, l’érosion des côtes, le faible enneigement des montagnes, la dilatation des rails de train, etc.) peuvent donner lieu à une perte d’attractivité, impactant donc l’économie locale.

Comment limiter les répercussions du réchauffement climatique sur le sud de la France ?

Réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES)

La réduction des émissions de gaz à effet de serre doit être une priorité pour chacun. Issues des transports, des industries ou de l’alimentation, les émissions peuvent être limitées en modifiant les modes de fabrication et de consommation.

Voici quelques écogestes à la portée de tous : 

  • emprunter les transports en commun bas-carbone (train, bus, métro, etc.) ;
  • privilégier des aliments locaux et bio ;
  • réparer et réutiliser les appareils ;
  • favoriser les objets d’occasion et reconditionnés ;
  • trier et recycler les déchets ;
  • investir dans les énergies renouvelables.

En outre, pour augmenter la portée de leurs actions, certaines entreprises sont dans l’obligation de réaliser leur BEGES (Bilan des émissions de gaz à effet de serre). En ciblant les postes les plus émetteurs, les organisations sont en mesure d’élaborer un plan d’action de réduction ambitieux et réalisable.

👉 Bien entendu, limiter les émissions s’inscrit dans un objectif plus large. Les signataires de l’Accord de Paris se sont engagés à limiter le réchauffement à + 1,5 °C d’ici 2100. Pour y parvenir, l’Europe s’est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050.

Améliorer la gestion de l’eau

La canicule couplée à la sécheresse engendre des pénuries d’eau potable. À titre d’exemple, en avril 2023, quatre communes des Pyrénées-Orientales ont été dans l’obligation de distribuer des packs d’eau par semaine aux villageois. 

Présenté le 30 mars 2023, le Plan Eau a été élaboré en vue d’éviter les coupures d’eau potable durant l’été 2023 et réaliser 10 % d’économie d’eau dans tous les secteurs d’ici 2030. Le plan s’articule ainsi autour de cinq axes : 

  • inscrire la sobriété dans tous les usages et dans la durée ;
  • lutter contre les fuites ;
  • investir massivement dans la réutilisation des eaux usées ;
  • planifier les usages de l’eau ;
  • mettre en place une tarification progressive et incitative de l’eau.

Impliquer les citoyens comme les professionnels

Selon les chiffres de l’ADEME, en 2021, le tourisme était à l’origine de 11 % des émissions françaises de GES.

Au-delà des restrictions imposées par certains lieux touristiques, les voyageurs doivent modifier leurs habitudes en : 

  • se rendant dans des lieux moins touristiques - c’est-à-dire autres que les destinations prisées sur les réseaux sociaux ;
  • empruntant des transports bas-carbone ;
  • évitant la production de déchets ;
  • respectant le territoire (ne pas cueillir les fleurs, suivre les chemins, etc.).

Les professionnels du tourisme sont également dans la capacité d’agir. Deux axes d’amélioration majeurs sont ciblés : 

  • adapter leur activité au réchauffement climatique (utiliser des énergies renouvelables, végétaliser leurs sites, multiplier les accès en cas d’événement météorologique extrêmes, etc.) ;
  • labelliser leur hôtel (la Clef verte, le Green Globe ou l’Écolabel européen qui garantissent la prise en compte de l’environnement dans le fonctionnement de l’établissement).

Où habiter en France avec le réchauffement climatique ?

Certes, l’ensemble de la France est impacté par le réchauffement climatique, mais certaines régions moins que d’autres. Alors que le sud devra faire face à des températures de plus en plus élevées, le nord sera sujet à des phénomènes météorologiques extrêmes, provoquant des inondations dévastatrices.

Selon Antoine Lannuzel, rédacteur en chef de la revue We Demain, la Bretagne et la Normandie seront les deux régions les moins touchées par le réchauffement climatique en 2050. 

En outre, les métropoles sont fortement à éviter de par la présence massive de béton qui retient la chaleur et la pollution et les côtes menacées par l’élévation du niveau de la mer. 

👉 Cependant, cela ne reste que des estimations, puisque les événements météorologiques extrêmes restent imprévisibles.

Prévenez les effets du réchauffement climatique

Dans les années à venir et sans action de notre part, le sud de la France risque d’être fortement touché par le réchauffement climatique. En vue d’éviter la survenue d’événements climatiques extrêmes, mettez dès maintenant en œuvre une stratégie de réduction des émissions au sein de votre entreprise.

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