
Qu'est-ce que la loi NRE (Nouvelles Régulations Économiques) ?
La NRE oblige les sociétés cotées à communiquer autour des mesures prises pour tenir compte des impacts sociaux et environnementaux de leurs activités.
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Pour abaisser les émissions de gaz à effet de serre liées au transport, qui est le principal contributeur en France, le Gaz Naturel pour Véhicules (GNV) ainsi que son équivalent renouvelable, le BioGNV, se présentent comme des options prometteuses face aux carburants traditionnels. Le GNV est produit à partir de méthane, tandis que le BioGNV est issu de la biomasse.
Cependant, compte tenu des contraintes techniques, des coûts de production et de l'approvisionnement en ressources, quelle est véritablement la valeur de ces énergies alternatives dans le transport de demain ?
Le gaz naturel pour véhicules, abrégé en GNV est un gaz naturel utilisé comme carburant pour les véhicules à moteur comme les automobiles, les bateaux, etc.
Le GNV est généralement disponible sous deux formats (source : ecologie.gouv.fr) :
La composition du GNV est principalement du méthane (CH₄), avec de faibles proportions d’autres hydrocarbures légers (éthane, propane, butane) ainsi que des traces d’azote, de dioxyde de carbone et de vapeur d’eau (source : INRS).
Le GNV est un combustible fossile provenant de différents gisements souterrains ou sous-marins, formé principalement par la décomposition de matières organiques au fil de millions d’années. Il est extrait, purifié et ensuite utilisé comme source d’énergie pour divers usages, notamment le chauffage, la production d’électricité et comme carburant alternatif pour les véhicules.
Le prix du GNV est libéralisé, en d’autres termes, il dépend des acteurs du marché.
Cela signifie que les fournisseurs d’énergie comme ENGIE, TotalEnergies, etc. fixent leur propre prix – généralement en fonction des coûts d’approvisionnement, de distribution, de marges commerciales, etc.
L’État n’impose donc pas un prix fixe, mais il influence le prix du GNV via des taxes (TICGN, TVA) et des aides pour encourager l'usage des carburants dits « alternatifs ».
À noter que contrairement aux carburants classiques vendus en litres, le GNV est vendu au kilogramme, car c'est une mesure plus représentative de son pouvoir énergétique.
La plupart des bus, camions et véhicules de flotte professionnelle roulent principalement avec du GNV, ce qui représente une majorité des véhicules utilisant ce type de carburant.
Le GNV est peu utilisé par les particuliers en raison du manque de modèles disponibles (les constructeurs privilégient d’autres motorisations, comme l’électrique ou l’hybride) – d’un réseau de stations insuffisant et d’un coût d’achat plus élevé sans aides significatives.
Le GNV est mieux adapté aux flottes professionnelles et transports publics, qui bénéficient d’infrastructures dédiées.
NB : En Europe, l'Italie et la France occupent le devant de la scène avec des milliers de bus qui circulent au GNV, principalement à Rome, Milan et Turin, ainsi qu'à Paris et Lyon. Ces deux nations à elles seules ont constitué 88 % du total des bus et autocars au gaz enregistrés en Europe durant les trois premiers mois de l'année (source : Gaz-Mobilité, 2024).
À noter que le GNV alimente aussi des engins industriels et agricoles, comme des tracteurs fonctionnant au biométhane. Enfin, dans le domaine maritime, certains bateaux utilisent une variante du GNV sous forme de GNL (Gaz Naturel Liquéfié) pour les longs trajets.
Le BioGNV, pour Bio Gaz Naturel pour Véhicule, n'est autre que du carburant biométhane – c'est-à-dire un biogaz épuré (afin d'en éliminer toutes les impuretés).
Sa composition, tout comme le GNV, est en partie composée de gaz méthane (CH4). Cependant, étant donné que sa composante énergétique est du méthane biogénique – provenant donc de la fermentation de matières organiques animales ou végétales – un gaz renouvelable. Cela lui a valu son autre appellation « bioGNV ».
À l’inverse du GNV, le BioGNV est un gaz fabriqué à partir de la fermentation de déchets organiques comme des restes de nourriture, du fumier ou des plantes. Une fois nettoyé pour enlever les impuretés, il devient du biométhane, un gaz propre qui a les mêmes propriétés que le gaz naturel fossile.
Le BioGNV est une solution prometteuse car il permet de réduire fortement les émissions de CO₂ et repose sur une énergie renouvelable issue des déchets organiques. Cependant, son déploiement reste limité (coûts de production élevés, infrastructure encore en développement, etc.).
Alors, dans de nombreux cas, le BioGNV est mélangé avec du GNV dans le réseau de distribution.
Malgré ses avantages environnementaux, le BioGNV présente plusieurs limitations significatives. Son infrastructure de distribution reste insuffisamment développée avec seulement 300 stations en France en 2024, limitant son accessibilité (source : Gaz Mobilité, 2024).
Enfin, la production de biométhane, bien qu'elle soit d'origine renouvelable, soulève des interrogations concernant la disponibilité des ressources.
En effet, la biomasse exploitable n'est pas infinie et peut se retrouver en concurrence avec d'autres usages, notamment ceux liés à l'alimentation. À ce titre, le BioGNV a été au cœur d’une polémique après qu’un journaliste ait révélé un scandale lié aux usines de méthanisation, où des denrées alimentaires encore comestibles étaient détournées pour produire du bioGNV (source : France TV, 2023).
Les fuites de méthane lors de la production et de la distribution du BioGNV peuvent fortement augmenter son empreinte carbone, car le méthane a un potentiel de réchauffement 28 fois plus élevé que celui du CO₂ (source : GIEC, 2022).
En termes de technique et d'économie, l'autonomie des véhicules BioGNV est généralement moindre, tout en ayant un coût d'achat nettement plus élevé par rapport à leurs homologues diesel, ce qui représente un obstacle à cette technologie.
Enfin, le coût de production du biométhane demeure élevé, nécessitant des subventions pour maintenir sa compétitivité, ce qui soulève des questions sur sa viabilité économique à long terme sans soutien public.
Le BioGNV est principalement utilisé dans les bus, camions et flottes professionnelles, car cela permet de réduire la pollution aux particules fines.
De nombreuses villes adoptent des bus au BioGNV pour améliorer la qualité de l’air, tandis que les entreprises de transport et de logistique l’emploient pour leurs poids lourds afin de limiter leurs émissions polluantes.
A fin novembre 2023, environ 37 000 véhicules roulaient au BioGNV-GNV en France. C'est sur le marché des poids-lourds que la dynamique est la plus forte (source : France Mobilité Biogaz, 2022).
Et la flotte de véhicules fonctionnant au gaz naturel (GNV) connaît une croissance exponentielle, avec une augmentation de +165 % par an dans le transport de marchandises, +65 % dans le transport en commun et +20 % pour les poids lourds (source : Actu Environnement, 2021).
L’acronyme GPL signifie « gaz de pétrole liquéfié ». Le gaz naturel pour véhicules (GNV) et le GPL sont deux carburants gazeux alternatifs aux carburants traditionnels (diesel, essence, etc.), mais avec des compositions et caractéristiques distinctes.
Comme mentionné précédemment, le GNV est essentiellement constitué de méthane (CH₄) provenant du réseau de gaz naturel ou généré à partir de biomasse (dans le cas du BioGNV), alors que le GPL est un mélange de propane (C₃H₈) et de butane (C₄H₁₀), dérivés du raffinage du pétrole ou de l'extraction du gaz naturel, et il est conservé sous forme liquide à basse pression.
Il est utilisé comme carburant automobile, notamment parce qu'il est moins polluant, et moins cher, que l'essence et le diesel (source : Dacia). Néanmoins, le GPL demeure un combustible dérivé des énergies fossiles. Ces énergies sont responsables de la production de gaz à effet de serre, principalement du CO₂, ce qui contribue au réchauffement climatique.
Le GPL fournit une puissance comparable à celle de l'essence, alors que le GNV peut entraîner une légère diminution de la puissance (5-10%) par rapport aux moteurs fonctionnant à l'essence (source : Fiches-Auto, 2024).
Enfin, une différence mineure à relever en ce qui concerne le développement entre ces deux gaz : en France, le réseau d'approvisionnement en GPL est plus étendu (1700 stations) comparé à celui du GNV, qui ne compte que 300 stations (source : ecologie.gouv.fr, 2019).
À court et moyen terme, le GNV et particulièrement le BioGNV connaissent un développement favorable dans certains segments spécifiques. L'Union Européenne soutient ce développement via la directive AFI (Alternative Fuels Infrastructure), qui impose aux États membres de déployer des infrastructures de ravitaillement suffisantes.
NB : En France, la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie a pour objectif d'intégrer 10% de gaz renouvelable dans les réseaux à l'horizon 2030. Elle aspire également à établir 2200 stations de distribution de GNV et bioGNV d'ici 2033, par rapport à 327 en 2022 (source : Fraikin, 2024).
Toutefois, à long terme, les perspectives sont plus nuancées. L'électrification progressive des voitures et les stratégies de décarbonation totale des transports d'ici 2030 – y compris l'interdiction de la vente de véhicules à moteur thermique et la neutralité carbone visée pour 2050 – pourraient freiner la croissance du GNV fossile.
Le BioGNV, en revanche, pourrait conserver un rôle stratégique dans la transition énergétique, notamment pour les secteurs difficiles à électrifier comme le transport routier lourd longue distance et le transport maritime.
Les avancées dans la production de biométhane, en particulier de deuxième génération (utilisation de résidus agricoles) et de troisième génération (basée sur l'utilisation de micro-algues), ainsi que le développement du power-to-gas (transformation d'électricité renouvelable excédentaire en méthane synthétique) – pourraient renforcer sa place dans le mix énergétique futur. Cependant, ces avancées sont actuellement à un stade de développement.
Le carburant GNV - Gaz naturel pour véhicule, Comité National Routier, https://www.cnr.fr/download/file/publications/CNR%20-%20Le%20carburant%20GNV.pdf
Véhicules fonctionnant au gaz naturel, INRS, http://www.inrs.fr/dam/inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-6003.pdf
Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, 2016, https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Datalab/2016/datalab-bilan-energetique-de-la-france-pour-2015-novembre2016.pdf
Faire le plein – France Mobilité Biogaz, France Mobilité Biogaz, https://www.mobiogaz.fr/stations/
La Tribune Auto, 2022, https://www.latribuneauto.com/conseils/achat/13094-le-carburant-gnv-na-pas-la-cote-aupres-des-automobilistes-en-2022
Véhicules bioGNV, France Mobilité Biogaz, 2022, https://www.mobiogaz.fr/vehicules/
Gaz naturel pour véhicules, Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_pour_v%C3%A9hicules
Bus et autocars GNV : quelles ventes en Europe au 1er trimestre 2024 ?, Gaz-Mobilité, 2024, https://www.gaz-mobilite.fr/actus/bus-et-autocars-gnv-quelles-ventes-en-europe-au-1er-trimestre-2024-3895.html?utm_source=chatgpt.com
Le bioGNV : une solution française de mobilité durable, ATEE, 2014, https://atee.fr/system/files/2019-12/2014%2006_biogaz_documentation_livreblanc_biognv.pdf
GNV et BioGNV, en route vers la mobilité durable avec GRDF, GRDF, https://www.grdf.fr/acteurs-gnv/rouler-propre-gnv-biognv/choisir-carburant/gaz-naturel-vehicule-gnv
Panorama du bioGNV 2024 : les principaux chiffres de la ...,, Gaz Mobilité, 2024, https://www.gaz-mobilite.fr/actus/panorama-biognv-2024-france-mobilite-biogaz-3930.html
AR6 Synthesis Report: Climate Change 2023, IPCC, 2023, https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-cycle/
BioGNV : « Ne pas l'inclure dans le mix énergétique serait une erreur », Actu Environnement, 2021, https://www.actu-environnement.com/ae/news/biognv-inclure-mix-energetique-erreur-38144.php4
Qu'est-ce que le GPL - Dacia, Dacia, https://www.dacia.fr/faq-gpl/definition-gpl.html#:~:text=GPL%20signifie%20%C2%AB%20gaz%20de%20p%C3%A9trole,%2C%20pour%20%C2%AB%20GPL%20carburant%20%C2%BB.
Différence entre GNV, GPL et GNL, Fiches-Auto, 2024, https://www.fiches-auto.fr/articles-auto/energie-et-pollution/s-3410-difference-entre-gnv-gpl-et-gnl.php
Gaz naturel - ATLAZ, ATLAZ, https://atlaz.bzh/gaz-naturel/