
Démarche RSE : les 7 étapes clés pour la mettre en place
Mettre en place une démarche RSE passe par 7 étapes clés : engagement, diagnostic, parties prenantes, matérialité, plan d’action, formation, et reporting.


Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 29/10/2026


Un plan de communication RSE définit la façon dont une entreprise rend compte de ses engagements sociaux et environnementaux : quels messages, pour quelles parties prenantes, sur quels canaux et avec quelles preuves. Il se construit en cinq étapes : impliquer les parties prenantes, clarifier sa raison d’être, fixer ses règles de ton et de forme, segmenter ses cibles, puis choisir ses formats. Une communication RSE efficace ne promet rien de plus que ce que l’entreprise sait démontrer.
Une communication RSE crédible commence par l’identification de vos parties prenantes : chacune attend des informations différentes, avec un niveau de détail différent.
Voici les principales parties prenantes à intégrer à votre plan de communication RSE :
Pour bien pitcher son plan de communication RSE, il faut encore en définir les contours. Et pour cela, rien de mieux que de commencer par identifier la raison d’être de votre entreprise.
Trouver sa raison d’être signifie définir la manière dont une entreprise entend jouer un rôle dans la société, au-delà de sa seule activité économique.
Et, depuis la loi PACTE de 2019, une entreprise peut l’inscrire dans ses statuts, voire adopter la qualité de société à mission.
Cette étape est essentielle, car elle permettra de structurer tous vos messages autour de votre raison d’être.
Pour trouver votre raison d’être, il faut s’attarder sur deux notions complémentaires, qui résumées en un slogan encapsule la promesse de votre compagnie et dicte l’ensemble du plan de communication :
Votre raison d’être doit être claire pour tout le monde, depuis les cadres supérieurs en passant par vos partenaires et vos actionnaires.
Si tel n’est pas le cas, c’est peut-être que votre raison d’être est encore floue à vos yeux. Dans ce cas, ne pas hésiter à solliciter toutes les parties prenantes pour co-construire ensemble vision et mission. Votre raison d’être n’en sera que plus pertinente pour tout le monde !
Plan de communication RSE : l’exemple de la Camif. La Camif a co-construit sa mission avec ses parties prenantes : proposer des produits et services pour la maison, au bénéfice de l’humanité et de la planète. En 2020, elle l’a inscrite dans ses statuts en devenant entreprise à mission. Sa communication suit ses actes : depuis 2017, elle ferme son site le jour du Black Friday pour inciter à consommer moins et mieux, au prix d’une journée de ventes.
Le brand book (ou charte de marque) rassemble les règles qui encadrent votre marque : ton, vocabulaire, identité visuelle.
Il garantit la cohérence de vos prises de parole RSE, en interne comme en externe.
Cela renforce votre image de marque et lui confère de la cohérence, en interne comme en externe (source : YouLoveWords). Deux paramètres sont à fixer : la tonalité de votre communication et votre charte graphique, qui regroupe les règles de l’identité visuelle de l’entreprise.
| Élément | Règles à suivre |
|---|---|
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Ton
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Factuel et mesuré : dites ce que vous faites, chiffres à l’appui, et assumez ce qui reste à faire. |
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Vocabulaire
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Bannissez les termes vagues (« éco-responsable », « vert », « durable ») : ils causent 55 % des manquements relevés par l’ARPP et l’ADEME (bilan 2023-2024). Depuis le 27 septembre 2026, la directive 2024/825 les juge trompeurs sans preuve reconnue, comme les allégations de neutralité fondées sur la compensation. À lire : notre article sur le greenwashing et le guide anti-greenwashing de l’ADEME. |
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Identité visuelle
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L’éco-branding aide à aligner logo, typographies et visuels sur vos valeurs. Attention : un pictogramme (feuille, planète) peut constituer à lui seul une allégation environnementale. |
Comme en marketing, il s’agit de toucher les bonnes personnes avec le bon message.
Posez-vous trois questions : « Que voulons-nous dire, à qui, et pourquoi ? ». En clair, auprès de quelles personnes souhaitez-vous communiquer, et ce, selon vos objectifs stratégiques (fidélisation des collaborateurs, séduire de nouveaux clients, se démarquer de la concurrence…). Bref, il existe autant de possibilités de cibles et de messages que de stratégies d’entreprise.
À noter que les pouvoirs publics, les ONG et les investisseurs attendent des données chiffrées et vérifiables. Le grand public réagit davantage à des formats concrets et participatifs, à condition que chaque allégation reste prouvée.
Exemple de communication responsable : le cas Pearson. Avec son programme Project Literacy, le groupe d’édition a misé sur la participation de sa communauté pour lutter contre l’illettrisme. Via les réseaux sociaux et un réseau d’enseignants, il a invité les contributeurs à repérer les initiatives éducatives les plus inspirantes, puis les a mises en avant (source : UNESCO, 2017). L’exemple montre qu’une communication RSE efficace donne un rôle actif au public, pas seulement un message à lire.
Une fois les cibles identifiées, choisissez les canaux adaptés à chacune : réseaux sociaux, newsletter, événements, rapport annuel, etc.
Quelques principes à garder en tête pour une communication RSE efficace :
Alors, comment atteindre qui ? On vous résume cela :
| Cible | Comment atteindre la cible ? |
|---|---|
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Les consommateurs
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Réseaux sociaux (Instagram, LinkedIn, TikTok…), newsletters, emballages et points de vente. Le dialogue y est direct, mais chaque allégation environnementale doit être précise et prouvée. |
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Les collaborateurs
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Intranet, réunions internes, newsletters dédiées, événements. Communiquez régulièrement sur les progrès et sur les difficultés. |
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La presse
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Communiqués et dossiers de presse ciblés, rencontres avec les journalistes spécialisés de votre secteur. |
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ONG
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Partenariats, rapports publics, engagements vérifiés par un tiers (objectifs climat validés par la SBTi, par exemple). Le dialogue repose sur la preuve, pas sur la promesse. |
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Investisseurs
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Rapport de durabilité (CSRD pour les entreprises concernées), réponses aux questionnaires ESG comme le CDP, présentations financières : un langage chiffré et précis. |
Pour toucher vos cibles et bâtir votre crédibilité, plusieurs formats de communication RSE sont à votre disposition :
Il ne s'agit pas d'être omniprésent, mais plutôt de déterminer où et comment intervenir pour toucher les publics visés - en utilisant les canaux et supports de communication appropriés (blogs, infographies, podcasts, vidéos...).
Il est préférable d’aborder des sujets directement liés à vos enjeux stratégiques. Ceux-ci sont identifiés grâce à une analyse de matérialité et au dialogue avec vos parties prenantes. À cette étape, l’accompagnement d’une agence spécialisée en communication responsable peut vous aider à prioriser les messages les plus pertinents.
Une agence de communication responsable intègre des critères environnementaux et sociaux à chaque étape d’un projet, de la conception des messages à la production des supports. Ces agences peuvent notamment :
Voici quelques agences de communication RSE connues en France, et ce qu’elles proposent aux entreprises qui veulent communiquer de façon responsable et crédible :
Pour choisir, vérifiez les labels et certifications affichés (label RSE Agences Actives de l’AACC, B Corp) et demandez des exemples de campagnes conformes aux règles anti-greenwashing.
Il existe de nombreuses formations en communication RSE, professionnalisantes ou certifiantes.
À titre d’exemple, voici quelques formations en communication RSE disponibles en France :
En général, le coût d'une formation RSE oscille entre 1 500 et 3 000 €, voire davantage pour des formations certifiantes s’étalant sur plusieurs mois ou années.
L’astuce Greenly ! Pour vous initier à la communication responsable, appuyez-vous sur les ressources de l’ADEME : le « Guide de la communication responsable » (édition 2022), le cours de communication responsable de l’AACC et de l’ADEME (2024) et, depuis avril 2026, le « Guide de l’influence responsable ».
La communication RSE interne informe, forme et implique les salariés dans la démarche RSE de l’entreprise. Elle passe par l’intranet, des ateliers, des formations ou des défis collectifs. Elle renforce l’adhésion aux objectifs, la marque employeur et la crédibilité des prises de parole externes : des salariés convaincus sont les premiers ambassadeurs de la démarche (source : SquadEasy).
Sans communication, les actions RSE restent invisibles. La communication relie les actes à leur perception : elle traduit des données en messages compréhensibles par chaque public. Prendre des engagements publics crée aussi une obligation de résultat, en interne comme en externe. Enfin, alors que les allégations environnementales non prouvées sont désormais sanctionnées, une communication fondée sur une empreinte carbone mesurée et des objectifs chiffrés devient un avantage concurrentiel.
Le podcast de Leaf, le média de Greenly, donne la parole à des directeurs RSE et à des experts du climat. Ses épisodes, disponibles sur Spotify, montrent comment des entreprises communiquent concrètement sur leur démarche.
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