
Comprendre le principe et l'analyse de double matérialité
La double matérialité, pilier de la CSRD, rend désormais indissociables les performances environnementales et financières d'une entreprise. Explications.
ESG / RSE
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Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 29/09/2022
Mis à jour par Anaïs Badillo, le 16/04/2026


Et si réduire vos émissions vous coûtait moins cher que de ne rien faire ? Mesurer son empreinte, fixer une trajectoire, agir sur les bons leviers : une stratégie bas carbone bien construite transforme cet exercice en avantage concurrentiel.
À l’échelle d’une entreprise, une stratégie bas carbone est une feuille de route structurée, opérationnelle et stratégique, ayant pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’entreprise sur l’ensemble de sa chaîne de valeur — des opérations internes jusqu’aux fournisseurs et clients.
À l’échelle nationale, elle est encadrée par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui fixe un cap de long terme vers une économie bas-carbone. Elle définit des « budgets carbone », c’est-à-dire des plafonds d’émissions par secteur (transport, bâtiment, industrie), et impose ainsi une réduction des émissions directes et indirectes (scopes 1, 2 et 3).
Au-delà de la réduction des émissions, une stratégie bas carbone permet de transformer le modèle d’affaires des organisations pour renforcer leur résilience face aux enjeux climatiques.
Il va sans dire que les impacts majeurs du réchauffement climatique sur les sociétés se répercutent directement sur les entreprises : hausse du coût de l'énergie et des matières premières, destruction d'infrastructures, difficultés de recrutement, augmentation des coûts d'assurance, perturbations majeures de l'activité et des chaînes d'approvisionnement, baisse du pouvoir d'achat et, in fine, de la demande.
Ces effets, auxquels d'autres viendront sans doute s'ajouter, sont regroupés sous le terme de « risques et contraintes physiques liés aux changements climatiques ». Ils génèrent ce que l'on appelle des « coûts d'adaptation » — parfois désignés comme le coût de l'inaction — liés aux réparations et ajustements rendus nécessaires par les impacts du dérèglement climatique. Les entreprises qui n'anticipent pas s'exposent à des pertes de valeur significatives.
En adoptant une stratégie bas carbone, une entreprise a le pouvoir d'agir concrètement et d'adapter son modèle d'affaires à ces nouveaux risques physiques et de transition. C'est en prenant en compte ces risques que l'entreprise peut redéfinir structurellement les conditions de viabilité de son modèle, gagner en résilience opérationnelle, capter de nouveaux marchés et optimiser sa structure de coûts (réduction des consommations, limitation des pertes et gaspillages, meilleur accès aux financements…).
Autre point : anticipez la réglementation ! Une stratégie bas carbone permet d'anticiper les évolutions réglementaires (ex. : CSRD) et de repositionner son modèle d’affaires avant que le marché ne l'impose. Mieux préparées aux changements législatifs, elles sont en mesure d’implémenter plus facilement et rapidement les nouvelles mesures, tout en évitant les sanctions et en prenant de l'avance sur leurs concurrents.
De façon générale, ce processus suit une démarche organisée en différentes phases essentielles connues sous le nom de « parcours de transition » (source : Ademe).
Une stratégie bas carbone efficace doit être adaptée aux spécificités de chaque entreprise.
Avant de définir des actions de réduction, toute entreprise doit comprendre son impact environnemental, aussi appelé empreinte carbone.
Pas de réduction sans mesure… L'exercice de la comptabilité carbone offre un état des lieux complet d’une activité en prenant en compte les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur l’ensemble du périmètre de l’entreprise. Il permet de quantifier les émissions directes et indirectes, d’identifier les postes les plus émetteurs, ainsi que de prioriser les actions en concentrant les efforts et les investissements là où l’impact est le plus significatif. Cet état des lieux constitue une étape fondamentale pour définir une trajectoire de réduction réaliste et atteignable, en cohérence avec les enjeux de l’entreprise et les objectifs climatiques actuels.
La trajectoire de réduction correspond à la vision mathématique – et répond à la question : « Combien devons-nous émettre pour être alignés avec la science ? ».
Déterminer une trajectoire de réduction revient à traduire vos engagements climatiques en un plan de route chiffré et temporel. Elle s’appuie sur des standards externes comme la Science Based Targets (SBTi) ou la SNBC pour garantir que vos chiffres sont crédibles.
Qu’est-ce que la Science Based Targets (SBTi) ? La SBTi est une initiative qui aide les entreprises à définir et atteindre des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), alignés avec les dernières données scientifiques.
Dans tous les cas, cette étape doit inclure tous les scopes pour être crédible, des jalons intermédiaires (points de passage) – et fixer des objectifs de court terme (5 à 10 ans). La SBTi exige par exemple un jalon à 2030 pour s'assurer que l'entreprise n'attend pas la dernière minute pour agir. Ensuite, elle doit comporter la décomposition par intensité ou en valeur absolue et enfin l’exclusion de la compensation car la trajectoire doit représenter uniquement la réduction brute des émissions.
L'analyse des écarts, également connue sous le nom de « gap analysis », représente la différence entre le scénario « Business as Usual » (si aucune modification n'est apportée) et la trajectoire cible souhaitée. Cela permet de quantifier l'effort réel de transformation nécessaire pour l'entreprise.
En résumé, pour que votre étape soit complète, elle doit dire : « Nous visons X % de réduction sur les scopes 1, 2 et 3 d'ici 2030 (année de référence 2022), en valeur absolue, sans compter la compensation, afin d'être alignés sur le scénario 1,5°C de la SBTi. »
Le plan de transition, c’est l'action opérationnelle. Il répond à la question : « Comment allons-nous faire concrètement pour suivre cette courbe ? ».
À partir des résultats du bilan GES et de la trajectoire de réduction préalablement définie, l'entreprise peut concevoir un plan de transition. Concrètement, c’est le catalogue d'actions réelles qui permet de faire baisser la courbe. On y parle de coûts, de ressources humaines, de changement de fournisseurs et de calendrier technique.
Sous forme de livrable, cela peut inclure une liste de projets (ex. : remplacer la flotte de véhicules thermiques par des voitures hybrides) – et ce document a pour but de :
5 - Introduction au plan de transition
Méthode Bilan Carbone, 2026
Définir des indicateurs, c'est mettre en place le tableau de bord qui transforme une ambition en un véritable projet pilotable. Cette étape répond à une question simple mais vitale : « Sommes-nous en train de réussir notre transition ou avançons-nous à l'aveugle ? ».
Tant que rien n’est entrepris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment par la mise en place d’une stratégie bas carbone, les coûts d’adaptation pourraient devenir plus importants et menacer la pérennité de votre entreprise. Pourtant, de nombreux leviers ont été identifiés pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Voici les principaux.
| Actions | Solutions |
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Comptabiliser
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L'objectif est d'automatiser la collecte de vos données liées à votre empreinte carbone pour obtenir une image fidèle de votre impact (scopes 1, 2 et 3). Pour ce faire, plusieurs outils sont disponibles :
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Planifier
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L'objectif est d'automatiser la collecte de vos données liées à votre empreinte carbone pour obtenir une image fidèle de votre impact (scopes 1, 2 et 3). Pour ce faire, plusieurs outils sont mis à votre disposition :
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Agir
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Ici, on passe du tableau de bord à la réduction réelle opérationnelle, et pour cela il vous faudra :
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Évaluer
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L'objectif est de mesurer l'efficacité des actions menées et d'assurer la transparence vis-à-vis de vos parties prenantes :
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Chacun des leviers ci-dessus est à l’origine de coûts, que ce soit des coûts d’installation ou des coûts d’opportunité. Toute stratégie bas carbone implique des coûts de mitigation, qu’il s’agisse d’installation ou d’opportunité. Le passage à une pompe à chaleur nécessite un investissement initial ; la suppression des voitures de fonction peut, quant à elle, fragiliser l'attractivité de l'entreprise et compliquer certains recrutements.
Ces coûts diffèrent ainsi d’une action à l’autre et sont parfois compensés par les retombées positives de ces actions. À noter que plusieurs leviers permettent de réduire significativement la facture :
À titre d’illustration, le renouvellement d’une flotte de véhicules thermiques au profit de véhicules électriques plus petits permet de bénéficier d’une rentabilité à la fois environnementale et économique (source : ADEME, 2022).
À ceux qui répondent qu’il est impossible de réduire les émissions, chez Greenly, nous répondons que n’importe quelle entreprise souhaitant réduire ses émissions peut se donner les moyens de réaliser ses ambitions.
C’est pourquoi nous proposons à tous nos clients une bibliothèque d’actions diversifiées. Issue des dernières stratégies sectorielles de décarbonation, cette dernière est triée en fonction de leurs objectifs et personnalisée par nos experts.
Chez Greenly, nos services et notre équipe d’experts climat sont à vos côtés pour vous aider à prioriser les différentes actions de réduction disponibles en fonction de leur impact sur le climat et de leur rentabilité économique. À terme, il s’agit de construire une stratégie bas carbone efficace et à la hauteur des enjeux.
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Une « stratégie Net Zéro » représente un engagement de transformation radicale qui vise à diminuer les émissions de la chaîne de valeur d'au moins 90 % en comparaison avec une année de référence, conformément au standard de la SBTi. Intéressé(e) ? Greenly lance sa Certification Net Zero Contributor !
La neutralité carbone est une condition d'équilibre global qui se réalise lorsque les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine sont compensées par des absorptions équivalentes dans des puits de carbone naturels ou technologiques.