
Décarbonation : définition, pistes de réflexion et mise en œuvre
Le Larousse définit la décarbonation comme « l'ensemble des actions (mesures et techniques) visant à réduire la consommation d'énergies fossiles ».
ESG / RSE
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Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement, le 20/10/2022
Mis à jour par Anaïs Badillo, le 02/10/2025


Le mouvement s'accélère : à ce jour, 13 678 entreprises dans le monde se sont déjà engagées auprès de la SBTi pour aligner leurs objectifs climatiques sur la science. Parmi elles, 11 278 ont vu leurs cibles officiellement validées et 2 633 visent désormais le net-zéro (source : Science Based Targets Initiative). Loin d'être un effet de mode, la fixation d'objectifs fondés sur la science s'impose comme le nouveau standard de crédibilité climatique pour les entreprises. Reste une question : la vôtre en fait-elle partie ?
La SBTi (Science-based Targets Initiative) est une initiative ayant vocation à accompagner les entreprises dans la réduction de leurs émissions de Gaz à Effet de Serre (GES).
GUIDE PRATIQUE
Science Based Targets Initiative
L'initiative Science-based Targets Initiative (SBTi) constitue un cadre international volontaire qui guide les entreprises dans l'établissement de leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en cohérence avec les recommandations scientifiques formulées suite à la COP21.
En effet, l'objectif premier de la SBTi est de traduire concrètement les engagements de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 en 2015, à l'échelle des entreprises.
La SBTi, qui existe donc depuis juin 2015, établit des méthodes officielles, puis assure le contrôle et la validation des objectifs climatiques auxquels les entreprises s'engagent.
La SBTi ne se résume pas à un seul référentiel : elle propose plusieurs cadres selon l'horizon de temps et le périmètre visés (source : Science Based Targets Initiative) :
Le Corporate Net-Zero Standard est le référentiel central de la SBTi : il définit les règles que doivent respecter les entreprises pour faire valider un objectif net-zéro aligné sur la science. C'est lui qui fixe le périmètre d'émissions à couvrir et le niveau d'ambition attendu.
Concrètement, les objectifs doivent impérativement porter sur les scopes 1 et 2 définis par le Greenhouse Gas Protocol (GHG), sous peine d'être invalidés. Le scope 3, lui, doit être intégré dès lors qu'il pèse de manière significative dans l'empreinte totale de l'entreprise — ce qui est le cas de la grande majorité des organisations.
Une révision majeure en 2026... La SBTi a publié le 11 juin 2026 la version 2.0 de son « Corporate Net-Zero Standard », qui marque un changement d'orientation : le passage de la simple fixation d'objectifs à leur mise en œuvre concrète. Cette mise à jour permet des orientations plus souples, distingue les objectifs des scopes 1 et 2, et précise les exigences en matière de reporting et de vérification. Concernant le planning : la version 1.3.1 sera en vigueur pour l'approbation des objectifs tout au long de l'année 2026 ; dès le 1er février 2028, toutes les nouvelles propositions doivent être en conformité avec la version 2.0.
Être mentionné sur la liste « Companies Taking Action » du site principal de la SBTi, qui référence les entreprises prenant des actions SBTi, n'est pas un acte anodin. Dès qu'une entreprise signe sa lettre d'engagement, elle est publiquement listée sur le site de la SBTi comme s'étant engagée à définir des objectifs ; son statut évolue ensuite à mesure qu'elle franchit les étapes du processus.
Pour rejoindre le mouvement initié par la SBTi, il faut d’abord procéder à la signature d’une lettre d'engagement (accessible ici).
En la signant, l'organisation indique qu'elle s'engage à définir un objectif de réduction de ses émissions aligné sur les critères de la SBTi. Dès cette signature, l'entreprise apparaît dans le tableau de bord avec le statut « engagement pris ».
En l'absence d'un but clairement établi lors de son adhésion, une entreprise bénéficie d'une période de 24 mois, à partir de la date de signature, pour élaborer ses objectifs et réserver un créneau de validation auprès de la SBTi.
Cet objectif doit respecter les critères « Science Based Targets », c'est-à-dire un ensemble de règles précises qui garantissent qu'il est réellement aligné sur la science du climat. Concrètement, ces critères définissent : le périmètre d'émissions à couvrir (obligatoirement les scopes 1 et 2, et le scope 3 lorsqu'il pèse significativement dans l'empreinte carbone totale), le niveau d'ambition minimal (un rythme de réduction compatible avec la limitation du réchauffement à + 1,5 °C) et l'horizon de temps des objectifs (5 à 10 ans pour les objectifs à court terme). C'est le respect de ces conditions que la SBTi vérifie au moment de la validation.
Dans l’hypothèse où celle-ci marquerait un retard dans ses démarches, une relance lui sera adressée six mois avant la date butoir.
À noter ! Le montant facturé à l'entreprise pour la validation de ses objectifs varie en fonction d'un certain nombre de critères. Pour plus de détails, merci de vous référer directement à la grille fournie par la SBTi en cliquant ici.
Une fois l'objectif validé, il est publié sur le site de la SBTi et peut être mis en avant dans d'autres communications. L'entreprise est encouragée à communiquer sur sa démarche, à la fois pour valoriser son engagement et pour contribuer à la sensibilisation collective sur l'urgence climatique.
Oui, et la dynamique s'est nettement accélérée. La SBTi a validé sa première entreprise en 2015, sa 1 000ᵉ en 2021, et a franchi le cap des 10 000 entreprises validées début 2026, après en avoir validé plus de 2 800 sur la seule année 2025. Cela représente une hausse de 40 % en un an, et même de 61 % pour les engagements net-zéro. Au total, ces entreprises pèsent plus de 40 % de la capitalisation boursière mondiale et sont implantées dans plus de 90 pays. Fait notable, l'élan ne se limite plus à l'Europe : le Japon compte désormais le plus grand nombre d'entreprises validées (plus de 2 000), devant le Royaume-Uni, les États-Unis et la Chine (source : Science Based Targets Initiative).
La SBTi surveille de près l’engagement des entreprises adhérentes. Elle publie chaque année son rapport de progrès, présentant les évolutions liées aux engagements des structures adhérentes.
Pour suivre la progression de ses adhérents, la SBTi a créé un tableau de bord actualisé tous les jeudis. Mis à disposition du grand public, ce dernier indique :
Dans un rapport de 2024, la SBTi avait retiré les engagements net-zéro de 284 entreprises, dont Carrefour, Microsoft, Unilever, EDF et Suez. Carrefour a donc re-soumis et obtenu une nouvelle validation depuis. C'est un bon rappel que ces statuts ne sont pas figés (source : ClimateSeed, 2025).
Toute entreprise – qu’importe sa taille, son secteur d’activité et sa localisation – est incitée à rejoindre la SBTi. C’est le cas de certaines entreprises françaises, qui ont élaboré des stratégies carbone cohérentes avec les préconisations scientifiques.
Quelques exemples d’objectifs validés par la SBTi :
Au-delà du volume, les bénéfices se mesurent aussi côté entreprises.
Une étude publiée par la SBTi fin 2025,, portant sur 171 entreprises dotées d'un objectif validé depuis plus de deux ans, montre que 95 % constatent un effet positif sur leur réputation, 90 % sur leur ambition climatique et 86 % sur leur rythme de décarbonation
Les données indiquent par ailleurs un effet positif sur la confiance des investisseurs (76 %), qui facilite l'accès au capital, le scope 3 restant l'obstacle le plus difficile à surmonter.
The-Impact-of-Setting-SBTs.
Science Based Targets Initiative, 2025
En plus de l'inscription dans une politique de RSE, le label SBTi engendre des impacts quantifiables sur la performance de l'entreprise. Le rapport de la SBTi, publié à la fin de 2025, le vérifie sur trois aspects (source : Science Based Targets Initiative, 2025) :
Faire valider ses objectifs par la SBTi suppose un inventaire carbone solide, des cibles correctement calibrées et un dossier conforme à des critères exigeants — un parcours où beaucoup d'entreprises se heurtent à la complexité méthodologique. C'est précisément là que Greenly intervient. Notre méthodologie de comptabilité GES est conçue pour répondre aux exigences de la SBTi, avec des objectifs préconfigurés selon ses critères, afin de vous faire passer de la mesure à la cible validée sans repartir de zéro.
Concrètement, Greenly vous accompagne tout au long du processus, de la signature de la lettre d'engagement à la soumission de vos objectifs pour validation : calcul de votre empreinte sur les scopes 1, 2 et 3, définition d'une trajectoire alignée sur une transition bas-carbone, mobilisation de vos fournisseurs sur le scope 3 et structuration du dossier de soumission. Le tout appuyé par nos experts, qui sécurisent chaque étape jusqu'à la décision de la SBTi.

Les résultats parlent d'eux-mêmes : plus de 60 entreprises ont déjà obtenu leur reconnaissance SBTi avec Greenly, avec un taux de validation de 100 %. Pour en savoir plus, consultez notre page dédié à notre offre SBTI et réservez une démo avec l'un de nos experts.

Non. La SBTi n'est pas une certification mais un mécanisme de validation : elle vérifie que les objectifs de réduction d'une entreprise sont alignés avec les trajectoires scientifiques définies par l'Accord de Paris. Elle valide la cible, pas la performance réelle ni la conformité d'un produit.
La France compte parmi les pays les plus engagés, et de grands groupes possèdent des objectifs validés, tels que le Groupe La Poste, Danone, Nestlé, Sodexo, ou encore Mars (spécifiquement sur les objectifs liés aux terres, forêts et agriculture).
Portées par le Science Based Targets Network (SBTN), elles fixent des objectifs scientifiques sur la nature — biodiversité, eau, sols et océans. Là où la SBTi cible le climat et les émissions de gaz à effet de serre, le SBTN élargit la démarche aux autres limites planétaires.
Le réchauffement climatique résulte de l'accumulation, dans l'atmosphère, d'une quantité excessive de gaz à effet de serre, provoquée en grande partie par la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel). Face à ce constat, la SBTi aide les entreprises à fixer des objectifs de réduction de leurs émissions réellement alignés sur la science du climat, c'est-à-dire sur la trajectoire nécessaire pour limiter le réchauffement à 1,5 °C et atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.
Il n'existe pas de démarche distincte : une entreprise apparaît dans le « Companies Taking Action » dès qu'elle signe sa lettre d'engagement auprès de la SBTi, avec le statut « engagement pris », puis « objectifs validés » une fois ses cibles approuvées.