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Tout comprendre des conséquences de la sécheresse hivernale

Une sécheresse hivernale frappe actuellement la France. En quoi consiste ce phénomène ? Quelles sont les répercussions sur l’environnement et la société ? On vous explique tout.
Green Actu’
2023-03-03T00:00:00.000Z
fr-fr

La sécheresse hivernale frappe actuellement l’Hexagone. En effet, cela fait désormais plus de 30 jours que la France n’a pas connu de pluie et de neige. Cette absence exceptionnelle d’eau est un record depuis l’hiver 1959 - c’est-à-dire que le cumul des précipitations est inférieur à un millimètre par jour. 🌧️

Bien que ce phénomène semble n’être qu’un événement passager, ce dernier fait suite à un été 2022 particulièrement chaud et sec ayant déjà asséché les sols. La situation devient donc particulièrement préoccupante.

Mais quelles sont les répercussions de ce phénomène sur notre environnement et sur notre société ? Comment anticiper les risques de manque d’eau pouvant être de mise cet été ? Greenly fait le point sur la situation. 👋

paysage de sécheresse avec sol craquelé et un arbre mort

🤔 Qu’est-ce qu’une sécheresse hivernale ?

Sécheresse hivernale, définition du phénomène 📖

Alors que la sécheresse estivale est principalement causée par de fortes températures couplées à une saison sèche, la sécheresse hivernale est provoquée par une absence de pluie sur plusieurs jours consécutifs. Tous deux sont à l’origine de l’assèchement des sols. 😖

Dans les faits, les pluies hivernales permettent de réalimenter les sols pour réutiliser l’eau l’été, ce qu’on appelle la «période de recharge » (qui se déroule généralement entre novembre et avril). Or, depuis le 21 janvier en France, aucune goutte d’eau n’est stockée dans les sols, les rivières et encore moins dans les nappes phréatiques.

👉 Autrement dit : à ce rythme, aucun stock d’eau ne sera reconstitué pour l’été prochain, ce qui représente un danger dans le cas où cette période s’avèrerait caniculaire.

Le lien avec le réchauffement climatique ☀️

Le manque d’eau est une cause naturelle de sécheresse. C’est pourquoi le lien avec le réchauffement climatique n’est pas encore établi avec le phénomène de sécheresse hivernale actuel. Cependant, la tendance d’assèchement des sols est une des répercussions inévitables du dérèglement climatique. 👀

Dans une France réchauffée de + 1,7 °C depuis 1900 (ce qui est considérable), les extrêmes chauds, secs et humides sont plus précoces, plus longs et plus intenses. Un phénomène qui ne fera que s’accentuer si nous ne parvenons pas à limiter le réchauffement à + 1,5 °C d’ici 2050. En effet, en période de canicule et de fortes chaleurs, le soleil évapore le peu d’eau stocké dans les sols, venant ainsi aggraver la sécheresse.

👋 En ce qui concerne la situation française, la présence d’un anticyclone est à l’origine de l’absence des perturbations. Concrètement, un anticyclone empêche les masses d’air humides provenant d’Atlantique d’arriver sur la France.

Les trois formes de sécheresses 📝

Pour bien comprendre de quoi retourne la sécheresse hivernale, il faut distinguer trois types de sécheresses : 

  • la sécheresse météorologique, qui s’illustre simplement par une absence totale de pluie durant une longue période. Pour constater l’état de sécheresse, il faut que le déficit hydrique soit en dessous des valeurs normales des précipitations d’un territoire ;
  • la sécheresse hydrologique, qui s’illustre par un niveau insuffisant d’eau dans les nappes phréatiques, les fleuves, les rivières ou encore, les lacs. Cela est causé par plusieurs paramètres : l’absence de précipitations, l’accès difficile de l’eau en profondeur, le ruissellement de l’eau de pluie (à cause d’un sol imperméable par exemple) au lieu d’être absorbée par le sol ou l’absorption par la végétation avant d’atteindre le sous-sol ;
  • la sécheresse des sols - ou sécheresse agricole - qui s’illustre par un déficit hydrique superficiel (sur un ou deux mètres de profondeur) ne répondant pas aux besoins en eau de la végétation. Bien qu’en hiver les plantes ne requièrent que peu d’eau, le déficit est particulièrement visible en été où la végétation se réveille et puise rapidement le stock d’eau disponible, asséchant les sols plus qu’ils ne le sont déjà.
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youtube screenshot

🔎 Quelles sont les conséquences de la sécheresse hivernale ?

De faibles rendements agricoles 🚜

L’agriculture est l’activité la plus consommatrice en eau (45 % du total) et est donc la plus impactée par la sécheresse hivernale. L’eau est majoritairement employée pour alimenter le bétail et irriguer les cultures (principalement de maïs, de blé et de sorgho). 💦

👀 Ce secteur se place devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (4 %).

Or, cette mauvaise « période de recharge » des nappes phréatiques pourrait nuire aux cultures. En effet, le manque d’eau peut être à l’origine de problèmes de germination et de croissance - notamment du maïs et du tournesol - pouvant causer la mort des végétaux, même les plus résistants, à l’image de la vigne. 

Ce cas de figure avait déjà eu lieu en 2022 où les rendements de maïs non irrigué avaient chuté de 54 % en région méditerranéenne. 📉

Le déséquilibre de l’écosystème ⚖️

Les poissons et les animaux dépendant des cours d’eau sont également touchés par la sécheresse. Ne pouvant plus s’abreuver correctement, ils se retrouvent dans l’obligation de migrer vers des territoires moins touchés par la sécheresse. Ce mouvement impacte ainsi l’écosystème général.

Le fonctionnement des sols progressivement modifié 👎

En hiver, la végétation est au repos et requiert peu d’eau, permettant ainsi le remplissage des nappes phréatiques. Cependant, au printemps et en été, elle consomme l’eau disponible dans les sols. 
Toutefois, en l’absence d’eau, les plantes vont capter les pluies et empêcher le remplissage des nappes phréatiques. ❌

Alors asséchés, les sols ne peuvent plus absorber les précipitations et donner lieu à des inondations, voire des glissements de terrain.

Une forte pression sur la ressource en eau 😱

Selon Météo-France :

Le mois de février 2023 devrait se terminer avec un déficit pluviométrique de plus de 50 %, devenant ainsi l’un des mois de février les plus secs jamais enregistrés depuis le début des mesures, en 1959.

Or, la sécheresse hivernale actuelle n’est qu’un impact en entraînant un autre. Il convient de remonter à l’hiver 2021-2022 pour s’en rendre compte. 

Cette période marque le début du déficit de pluie qui fragilise depuis les sols. S’est ensuivi la canicule de l’été 2022, provoquant une sécheresse exceptionnelle des sols. L’urgence était telle que plus de la moitié des départements français était placée en alerte sécheresse. De fait, les citoyens devaient respecter les restrictions d’eau pour leurs usages quotidiens et protéger les populations fragiles de la déshydratation. ⚠️

👉 À cela s’ajoute la répartition inégale de l’eau en France (le sud étant le territoire le plus critique). 

Ainsi, la sécheresse hivernale intervient alors même que les réserves souterraines en eau ne sont pas entièrement reconstituées. En janvier 2023, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a précisé que plus de trois quarts d’entre elles sont sous les normales mensuelles.

Le risque accru d’incendies 🔥

La sécheresse rend les arbres et à une végétation plus secs, ce qui facilite les départs de feux de forêt et de prairie, notamment dans le sud de la France. 🇫🇷

Or, les forêts et les sols sont deux des principaux puits de carbone naturels (avec les océans), c’est-à-dire que tout au long de leur vie, les arbres stockent une partie du carbone rejeté dans l’atmosphère. Cela permet de garantir l’équilibre entre le CO2 issu des activités humaines et la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère.

Cependant, en cas d’incendie, les arbres vont rejeter l’ensemble du carbone accumulé et accentuer le réchauffement climatique. Pire : les incendies réduisent considérablement le nombre d’arbres et donc la capacité de stockage du CO2. 🌳

👉 À noter : chaque année, 14 % des émissions françaises de gaz à effet de serre sont séquestrées par les forêts (soit 63 millions de tonnes de CO2). [ONF]

feu de forêt

👋 Que faire pour prévenir le risque de sécheresse hivernale ?

Repenser nos usages en eau 🧐

Pour éviter de revivre un été similaire à celui de 2022, il convient de prioriser les usages en eau potable et pour l’agriculture. Or, d’après Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, la France a :

Environ deux mois de retard de remplissage des nappes.

Cette situation va donc vraisemblablement faire l’objet d’un arrêté - dès le mois de mars - précisant les restrictions d’eau applicable à un territoire donné. Des mesures de rationalisation (voire d’interdiction) peuvent entrer en vigueur selon les quatre niveaux de limitation existants : 

  • vigilance, qui est un ensemble de mesures d’économies d’eau à destination des professionnels et des particuliers ;
  • alerte, qui doit permettre de réduire tous les prélèvements en eau ;
  • alerte renforcée, qui consiste à interdire les activités ayant un impact sur les milieux aquatiques ;
  • crise, qui doit permettre de préserver les usages prioritaires.

Elles concernent principalement les usages domestiques, agricoles et industriels. Par exemple, le remplissage des piscines personnelles, l’arrosage des jardins et le nettoyage des véhicules personnels, peuvent être interdits lors d’une sécheresse hivernale.

👉 L’objectif étant de consommer moins pour préserver cette ressource et éviter de venir creuser la tension en eau existante.

Adapter l’agriculture au changement climatique 🌾

Étant particulièrement consommatrice en eau (3,2 milliards de m3 d’eau par an sur les 30 disponibles), l’agriculture a toutefois les moyens pour s’adapter et prévenir la sécheresse des sols. Plusieurs solutions : 

  • diversifier les cultures en trouvant des variétés moins gourmandes en eau (le maïs étant l’une des plus avides d’eau) ;
  • planter des nouvelles espèces, quitte à déplacer les cultures de territoires (des oliviers à la place abricot, des vignes à la place des pêches, des orges à la place du blé, etc.) ;
  • s’initier à la permaculture, une pratique qui consiste à reproduire le fonctionnement de la nature au sein de l’agriculture. En prenant soin du sol et en associant différentes espèces végétales, l’agriculteur crée un écosystème harmonieux, durable, viable et autonome ;
  • adopter les techniques d’agroforesterie, qui consistent à associer des arbres fruitiers, des cultures et des animaux sur une même parcelle agricole. L’objectif étant de développer la biodiversité, tout en améliorant la gestion des sols ;
  • tendre vers l’agriculture durable afin de protéger les sols en améliorant leur gestion. Cela passe par le zéro déchet, l’utilisation raisonnée des ressources, la protection des espèces et la réduction de l’utilisation d’engrais ainsi que de pesticides ;
  • rationaliser l’irrigation, voire utiliser des eaux usées dans l’optique de limiter le gaspillage en eau.

Réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) 📉

La sécheresse hivernale qui frappe actuellement la France implique l’implication de tous les acteurs dans la protection de la ressource en eau. Nous l’avons vu, l’assèchement du sol est l’une des principales répercussions du dérèglement climatique. 😱

Pour éviter la multiplication de ce phénomène, il convient de prendre les devants en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) - principale cause du réchauffement climatique.

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