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Matériaux biosourcés : le guide pour tout comprendre en 2023

Les matériaux biosourcés sont-ils le futur du BTP ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ces écomatériaux.
Green Actu’
2023-01-04T00:00:00.000Z
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ouvrier construction bâtiment

Les matériaux biosourcés sont de plus en plus utilisés dans le BTP. 👋

Enjeu majeur de la transition écologique et de la lutte contre le changement climatique, le secteur du BTP est responsable de 23 % des émissions françaises de gaz à effet de serre (GES). 

En vue de limiter le réchauffement climatique, il convient donc de bâtir et de rénover des bâtiments de manière écoresponsable, c'est-à-dire en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de l’ouvrage. 👀

Quels sont ces matériaux ? Quels sont leurs avantages ? Leur utilisation est-elle juridiquement encadrée ? On vous explique tout dans cet article. 👇

ciment étalé

👋 Quels sont les matériaux biosourcés ?

Matériaux biosourcés, présentation 💬

Les matériaux biosourcés - également appelés « biomatériaux » ou « écomatériaux » - sont de plus en plus utilisés dans la construction de bâtiments. Répondant aux enjeux du développement durable, ces derniers permettent de sortir du sol un habitat écologique, moins polluant et à faible consommation énergétique. 📉

Ces matériaux sont partiellement ou totalement issus de matière organique renouvelable - la biomasse - d’origine végétale (à l’image du bois) ou animale (comme la laine de mouton). Ils peuvent être employés comme matière première dans la décoration, le mobilier fixe et en tant que matériau de construction dans un bâtiment. 👍

Il existe ainsi une grande diversité de matériaux biosourcés :

  • le bois, qui offre de très bonnes performances acoustiques et thermiques. Il peut être utilisé à tous les niveaux (charpentes, poutres, isolation, plancher, etc.) et provient généralement de forêts gérées durablement ;

  • le chanvre, qui est une plante ayant une très grande résistance au feu. Elle offre d’excellentes performances acoustiques et thermiques, ce qui explique son utilisation en tant qu’isolant des combles, des murs et des toitures. Sa particularité ? Le chanvre peut être transformé en béton de chanvre en vue de créer des murs porteurs ;

  • la paille, qui ne nécessite aucun traitement avant utilisation en tant qu’isolant intérieur et extérieur ou comme revêtement de façade. Son principal avantage ? Elle est très économique ;

  • le lin et la laine de mouton, qui remplacent les laines minérales utilisées pour les travaux d’isolation - en tant que panneaux semi-rigides ;

  • la ouate de cellulose, qui possède d’excellentes propriétés isolantes. Elle doit néanmoins subir un traitement chimique pour résister aux incendies. Issue de journaux recyclés, il s’agit d’un matériau de grande qualité qui nécessite peu d’énergie lors de sa fabrication ;

  • le liège, qui bénéficie d’excellentes performances acoustiques et isolantes - notamment du plancher - en plus d’être biodégradable et imputrescible ;

  • les textiles recyclés - c’est-à-dire que les vêtements sont défibrés, mélangés et thermoliés - sont utilisés pour isoler les murs, les combles perdus et les rampants de toiture.

👉 Ces divers matériaux peuvent prendre la forme de panneaux, de blocs de béton végétaux, de poutre ou encore de briques.

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youtube screenshot

Matériaux biosourcés VS matériaux de construction traditionnels ⚡️

L’empreinte environnementale des matériaux biosourcés est particulièrement faible - nous le verrons par la suite - contrairement aux matériaux habituels. En effet, ces derniers sont riches en énergie grise - à savoir une énergie cachée ou indirecte consommée lors du cycle de vie entier d’un matériau. À titre d’information, l’énergie grise est de :

  • 60 000 kWh/m³ pour l’acier ;
  • 500 kWh/m³ pour du béton utilisé en tant que mur porteur et 1 850 kWh/m³ pour le béton armé ;
  • 3 300 kWh/m³ pour l’enduit synthétique ;
  • 50 kWh/m³ pour la cellulose de bois en tant qu’isolant thermique.

💥 Bon à savoir : ces données varient selon les lieux de fabrication et les technologies de production utilisées.

Autre différence majeure : les écomatériaux sont plus chers que les matériaux traditionnels. Toutefois, leur durée de vie est plus longue et la matière est renouvelable à l’infini. Le matériau le moins cher est la ouate de cellulose, tandis que le liège fait partie des plus onéreux. 💸

Les matériaux biosourcés font néanmoins l’objet d’une idée reçue : leur installation serait laborieuse. Pourtant, il s’avère que les techniques de mise en œuvre de ces biomatériaux sont relativement les mêmes que celles employées pour les matériaux habituels. Les ouvriers ne sont pas impactés par ce choix. 🛠️

👍 Quels sont les avantages des matériaux biosourcés ?

Ils s’inscrivent dans une démarche d’économie circulaire 🔄

De par leurs performances environnementales, les matériaux biosourcés s’inscrivent dans une démarche d’économie circulaire, puisqu’ils : 

  • réduisent le gaspillage - via la réutilisation et le recyclage des matières, des produits, ainsi que la revalorisation des déchets ;
  • préservent les ressources minérales et fossiles menacées d’épuisement. En effet, ces matières premières proviennent de ressources importantes et renouvelables présentes sur l’ensemble du territoire ;
  • diminuent l’impact environnemental du secteur - la majorité des matériaux est biodégradable et contribue à la régénération des sols ou à la production d’énergie verte.  

👀 Bon à savoir : seule 10 % de la paille de blé produite annuellement est nécessaire pour isoler l’ensemble des bâtiments construits chaque année en France.

travailleur debout sur une charpente en bois

Ils réduisent les émissions GES du BTP 📉

Responsable de 23 % des émissions françaises de gaz à effet de serre, le BTP consomme 43 % des consommations énergétiques annuelles de l’Hexagone. Dans l’optique d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le secteur du bâtiment doit répondre à trois principaux objectifs :

  • baisser les consommations d’énergie des bâtiments ;
  • amoindrir la facture énergétique ;
  • réduire l’empreinte carbone des bâtiments.

Pour réduire les émissions du secteur, le choix de matières premières respectueuses de l’environnement n’est plus une option. ❌

Fort heureusement, les matériaux biosourcés participent à réduire l’empreinte environnementale sur l’ensemble du cycle de vie d’un logement et constituent une des réponses à l’urgence climatique. ✅

Comment ? Étant principalement constitués de biomasse, les matériaux biosourcés stockent du carbone atmosphérique durant toute la durée de vie du bâtiment - à l’image des puits de carbone - tout en assurant de hautes performances techniques. 📈

Lors de sa fin de vie, deux solutions permettent de récupérer le carbone stocké :

  • le valoriser grâce au réemploi ou au recyclage ;
  • le rendre à l’atmosphère via la valorisation énergétique, le compostage ou la mise en décharge - mais en utilisant la technique du torchage afin d’éliminer une grande partie du méthane.

De plus, généralement locaux et peu transformés par des traitements chimiques, les matériaux biosourcés réduisent l’empreinte carbone liée au transport. 🚗 

La faible empreinte carbone des matériaux biosourcés n'est plus à prouver ! Elle est d'ailleurs inscrite dans l’article 5 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte qui précise que :

l’utilisation des matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles.

Ils respectent les réglementations en vigueur ⚖️

Les matériaux de construction biosourcés répondent aux exigences du code de la construction et de l’habitation. Ces derniers font l’objet d’évaluation et doivent justifier de documents techniques garantissant les qualités techniques des matériaux et l’assurabilité des bâtiments construits avec ces matériaux. 📑

De son côté, la loi Elan du 23 novembre 2018 encadre et préconise l’utilisation du bois et des matériaux biosourcés dans la construction. En ce sens, elle inscrit la performance environnementale comme étant une problématique principale du secteur. 

Dernièrement, la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) encadre la transition écologique de la construction neuve. Comment ? En prenant en compte :

  • l’efficacité énergétique du bâtiment et sa production d’énergies renouvelables ;
  • les émissions de GES générées durant tout le cycle de vie de l’ouvrage - c’est-à-dire de l’extraction des ressources à sa déconstruction en passant par la construction et l’usage ;
  • la quantité de stockage de carbone permise par les matériaux biosourcés.

👉 Au vu de leurs caractéristiques avantageuses, les matériaux biosourcés font également partie du plan de relance 2020-2022 d’un montant de 100 milliards d’euros en faveur de l’écologie, de la compétitivité et de la cohésion. À ce titre, leur utilisation doit être valorisée dans la rénovation énergétique des bâtiments.

mètre sur un plan de maison

Ils répondent aux attentes des consommateurs 🧐

À l’heure où l’urgence climatique est de mise, les citoyens souhaitent contribuer à l’effort collectif. Cela passe par de multiples écogestes quotidiens, mais également par des changements majeurs dans leur mode de vie. À l’image de leur habitation. 🏠

De fait, en quatre ans, la demande des matériaux biosourcés a explosé de 10 %. Plusieurs raisons à ce succès. Les écomatériaux :

  • possèdent des propriétés respirantes, ce qui permet de réguler naturellement la température et prévenir l’humidité ;
  • ont de très bonnes qualités hygrométriques, thermiques et acoustiques améliorant ainsi la qualité de vie des habitants ;
  • permettent de bâtir une structure solide ;
  • peuvent être utilisés dans la fabrication de mortiers et de bétons, dans des matériaux composites plastiques ou encore dans la chimie du bâtiment (peintures et colles).

✅ L’utilisation de matériaux biosourcés fait-elle l’objet d’une certification ?

Label Bâtiment biosourcé, présentation et objectifs 🎯

Le Label Bâtiment biosourcé permet de valoriser l’utilisation des matériaux biosourcés dans les constructions neuves. Il fixe ainsi un cadre réglementaire composé de niveaux d’exigences quantitatifs et qualitatifs à respecter. 📝

👀 Bon à savoir : ce label a vu le jour en 2012 suite au décret n° 2012-518 du 19 avril 2012 relatif au label Bâtiment biosourcé et à l’arrêté d’application du 19 décembre 2012 relatif au contenu et aux conditions d’attribution du label Bâtiment biosourcé.

Porté par les ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des territoires, le label est volontaire. C’est au maître d’ouvrage d’en faire la demande auprès d’un organisme conventionné par l’État à condition qu’elle soit accompagnée d’une demande HQE Bâtiment ou HQE Bâtiment Durable.

Dans le détail, le label définit le taux d’incorporation (en kilogrammes) de matériaux biosourcés par mètre carré de surface de plancher et attribue l’un des trois niveaux à l’ouvrage, qu’il soit public ou privé :

  • le premier niveau requiert l’utilisation de deux écomatériaux de construction mais ayant des fonctions différentes ;
  • le deuxième et troisième niveaux nécessitent l’utilisation de plusieurs matériaux biosourcés issus de familles différentes.

L’organisme en charge de l’évaluation vérifiera le respect de ces critères tout en prenant en compte les matériaux, ainsi que la performance énergétique globale. Néanmoins, la certification n’est délivrée qu’à la fin du chantier. 👋

✍️ À noter : la réalisation de nouveaux travaux - notamment le changement de matériaux - peut mener au retrait de la certification si les critères d’obtention ne sont plus respectés.

D’autres labels existent 👀

Plusieurs autres labels permettent de certifier l’utilisation de matériaux biosourcés :

  • le Label Produit Biosourcé, qui est un label privé visant à améliorer la visibilité et la reconnaissance des produits de construction composés de matières premières biosourcées ;
  • le label Produit Biosourcé +, qui certifie les produits contenant 80 % de matières premières biosourcées ; 

le Label Énergie Positive et Réduction Carbone, qui encourage l’utilisation de matériaux biosourcés. Cette certification encadre les émissions de GES et incite les structures à diminuer leur consommation énergétique.

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