3 bonnes pratiques de green UX


Par Anaïs Badillo, Copywriter spécialisée sur les thématiques liées à l’environnement


Pour commencer : qu'est-ce que veut dire UX ?
Définition générale de l’UX
L'Expérience Utilisateur, ou « UX » de l’acronyme l'anglais « User Experience », désigne la qualité de l'interaction d'un utilisateur avec un espace numérique, que ce soit une application mobile, un site web, etc. (source : Définitions Marketing).
L'UX a gagné en popularité dans les années 2000 grâce à l’essor d'internet. Toutefois, face à la diversité des acteurs sur internet (sociétés, organisations, gouvernement, etc.), à l'expansion du commerce en ligne et à l'inondation des articles de blog, il est devenu primordial, tout comme dans le commerce traditionnel, d'adapter ses pratiques et de répondre aux attentes du consommateur.
Quel est le but de l'UX ?
Autrement dit, si on convertit cela en actions, l'UX implique de :
- comprendre, et analyser les besoins des utilisateurs via des recherches, des interviews et des tests ;
- structurer, organiser l’information et créer des parcours utilisateurs fluides (créer des personas, concevoir l’architecture du site internet et de l’information, etc. ). Cette étape joue un rôle clé à la fois en green UX (expérience utilisateur optimisée) et en green SEO (réduction du poids des pages et amélioration de l’accessibilité) ;
- designer pour concevoir des interfaces intuitives et accessibles (UI design, ergonomie, cohérence visuelle) ;
- tester et valider l’expérience avec des utilisateurs via des tests d’usabilité comme l’A/B testing et ajuster selon les retours ;
- optimiser et améliorer en continu en fonction des données, des retours et de l’évolution des besoins.
À noter qu'il n'existe pas un seul métier dans l'UX, mais plusieurs, chacune se concentrant sur des missions spécifiques. Une personne peut cependant couvrir l’ensemble de ces aspects : on parle alors de lead UX, un rôle transverse qui supervise toutes les thématiques et dirige les équipes.
Pour la partie design, on fait appel à un UX Designer, qui se concentre sur l’ergonomie et la mise en page. L’analyse des comportements utilisateurs est, quant à elle, confiée à l’UX Researcher. Enfin, d’autres métiers émergent pour répondre aux besoins croissants du web, comme l’UX/UI Designer (axé sur l’expérience et l’interface) ou encore l’UX Architect, spécialisé dans la structuration des parcours numériques (source : France Travail).
Comment définir l’éco-design appliqué au web ?
Comme tout produit ou service proposé par une entreprise, un site internet doit aussi être conçu en tenant compte des ressources limitées présentes sur Terre.
L'éco-conception web désigne une démarche qui vise à réduire l'impact environnemental d'un site internet tout au long de son cycle de vie, en optimisant sa conception technique, le contenu créé et son ergonomie pour diminuer sa consommation énergétique et son empreinte carbone.
Prendre en compte toutes les étapes du cycle de vie dans l’éco-conception web peut sembler abstrait, car un site internet n’est pas un objet tangible. Pourtant, son écosystème repose sur des éléments bien réels : serveurs, terminaux et réseaux, dont l’impact environnemental numérique doit être pris en compte. Dans la pratique, cette démarche se traduit par l'optimisation du poids des pages, la limitation des requêtes serveur, la conception d’interfaces sobres et efficaces ou encore la facilitation de l'accès aux contenus pour réduire le temps de navigation des utilisateurs, etc...
Dans cette approche, l’efficience et la sobriété numérique deviennent un critère de conception aussi fondamental que l’esthétique ou l’expérience utilisateur, comme l’illustre cet exemple relayé par Reporterre :
L'éco-conception web permet-elle réellement de réduire l'impact environnemental?
L’éco-conception d’un site web permet de réduire son impact environnemental, comme l'illustre l'étude du baromètre de l’éco-conception digitale de l’association Green IT.
En analysant seulement 10 pages parmi les 80 sites d’ e-commerce les plus visités en France (d’après SEMrush), l'impact environnemental généré pour un milliard de pages vues est le suivant :
- 600 000 litres d’eau consommées (soit équivalent à la fabrication de 1 818 182 de canette de 33cl) ;
- 40 000 kg de CO2 émis (soit équivalent à 833 333 trajets en métro).
L’éco-conception d’un site peut donc réduire ces impacts grâce à l'efficience numérique, mais quelles améliorations concrètes et mesurables peut-on réellement attendre ? C’est ce que révèle une étude du WWF sur la réduction de l’impact environnemental d’un site internet :
À présent, les craintes futures portent sur l’arrivée de l’intelligence artificielle, qui pourrait anéantir le peu d’efforts mis en place depuis peu…
3 bonnes pratiques pour éco-concevoir un site internet
Dans la mise en œuvre de cette stratégie de marketing durable, il est nécessaire de définir des objectifs couvrant toutes les étapes, de la conception à la maintenance du site internet (source : Eco Index) :
- en phase de conception, limitez le contenu et les fonctionnalités à l'essentiel en privilégiant les pages statiques plus légères. Évaluez l'impact environnemental de chaque élément ajouté et concentrez-vous uniquement sur ce qui apporte une réelle valeur à l'utilisateur. Adoptez l'approche « mobile first » qui force à la sobriété et concevez des interfaces épurées qui accélèrent l'accès à l'information. Privilégiez les polices système et réduisez le poids des médias en optimisant leur format et dimensions ;
- en phase de développement et publication, compressez systématiquement tous les fichiers (HTML, CSS, JavaScript, SVG). Aussi, implémentez le « lazy loading » afin de charger les images uniquement lorsqu'elles deviennent visibles. Enfin, privilégiez les technologies légères, comme les API natives (fonctionnalités intégrées directement aux navigateurs) ;
- en phase de maintenance, optimisez le serveur pour réduire le nombre de requêtes et la consommation d’énergie – en mettant en place une politique de nettoyage régulier des données obsolètes...