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Pourquoi la Méditerranée est une région sismique et volcanique
Le phénomène de formation d'un tsunami (et les éléments nécessaires)
La probabilité de survenue d'un tsunami en Méditerranée
Comment s'en protéger au maximum
UNESCO
22 juin 2022
Le risque est donc non négligeable, mais contrairement à ce qu’on peut penser, il n’est pas nouveau. Région sismique bien connue, la Méditerranée a déjà été le théâtre de tsunamis plus ou moins dévastateurs. Et il n’y a aucune raison de penser que ce type de catastrophe appartient au passé.
Dans ce contexte, les habitant(e)s de la côte ont tout intérêt à se préparer au maximum - qu’un tsunami ait lieu d’ici 30 ans ou pas.
Attention : cet article traite d’un sujet qui peut avoir un impact sur votre sécurité. Le but de ce contenu est de familiariser chacun et chacune à la notion de tsunami, ainsi qu’à l’importance de s’y préparer. Quelle que soit votre situation, nous rappelons qu’il est essentiel de se référer en priorité aux informations et recommandations délivrées par les autorités et/ou les éventuels organismes de secours.

Visualisez la Terre comme un puzzle géant.
Sous nos pieds, la surface de notre planète est divisée en grandes plaques rigides, qui flottent lentement sur le manteau terrestre. Ce sont les fameuses “plaques tectoniques” (parfois “plaques lithosphériques”).
Alloprof
Plateforme éducative
Le manteau terrestre est la couche située entre la croûte terrestre (là où nous nous trouvons) et le noyau de la Terre. C’est une zone de roche chaude et mobile qui, en bougeant lentement, fait “flotter” les plaques tectoniques localisées juste au-dessus.


On distingue trois grands types de frontières entre les plaques :
Quand deux plaques s’emboîtent ou se bloquent, l’énergie commence à s'accumuler - un peu comme un ressort qu’on comprime ou la corde d'un arc qu'on tire à fond.
Puis, à un moment donné, la pression devient trop forte : les plaques “rippent” soudainement et l’énergie se libère : c’est le séisme.

La Méditerranée est une zone géologiquement très active. Elle se trouve à la jonction entre la plaque africaine et la plaque eurasienne. En l'occurrence, cette frontière est une frontière convergente : la plaque africaine pousse vers le nord, et passe sous la plaque eurasienne. On appelle cela “un mouvement de subduction”.
Or, ce mouvement de subduction se trouve à l’origine d’une intense activité sismique et volcanique, notamment en Italie (où se trouvent plusieurs volcans célèbres à l’image de l’Etna ou du Vésuve) ou encore en Grèce.


Si vous voulez tout savoir des enjeux propres à la Méditerranée, n’hésitez pas à consulter notre article dédié.
Dans la plupart des cas, un tsunami est déclenché par la déformation soudaine du plancher océanique — autrement dit, du sol situé tout au fond de l’océan ou de la mer.
Lorsque cette déformation est causée par un séisme sous-marin, le fond marin se soulève ou s’effondre brusquement, déplaçant en un instant une énorme masse d’eau. Ce mouvement brutal à la verticale génère une série d’ondes puissantes, qui se propagent à grande vitesse dans l’océan ou la mer : c’est le début du tsunami.
Contrairement à une idée reçue, les tsunamis ne sont pas nécessairement liés à un séisme. Ils peuvent aussi survenir suite à une éruption volcanique particulièrement violente (ce fut le cas du Krakatoa en 1883), à un glissement de terrain (ce fut le cas en Sicile en 2002 - nous y reviendrons plus bas), ou encore à la chute d'une météorite.
En pleine mer, un tsunami passe souvent inaperçu : la vague ne peut être haute que d'une dizaine de centimètres, mais elle se déplace à une vitesse allant de 500 à 1000 km/h — presque aussi vite qu’un avion de ligne.
À mesure qu’il approche des côtes, le tsunami entre dans des zones de plus faible profondeur. La vitesse décroit, mais l’eau jusqu'ici cachée dans les profondeurs s’accumule et se comprime en hauteur, ce qui provoque une augmentation spectaculaire de la hauteur de la vague (jusqu'à plusieurs mètres).
Un tsunami se compose souvent de plusieurs vagues successives, la première n’étant pas toujours la plus destructrice. D'où l'importance de ne jamais abaisser sa vigilance après le passage de la première vague. D'autres peuvent arriver et s'avérer encore plus violentes et dévastatrices.
Depuis des mois, nombre de médias relaient une information selon laquelle un tsunami surviendra en Méditerranée d’ici 30 ans…
Personne, pas même les scientifiques, ne peut prédire la survenue d’un séisme ou d’un tsunami. C’est toute la difficulté que nous rencontrons face à ce type de catastrophe. En revanche, les scientifiques peuvent faire des probabilités. Dans le cas de la Méditerranée, ces probabilités sont d’autant plus intéressantes que nous disposons d’une base de données historiques, géologiques et statistiques suffisantes. Personne ne peut dire que le tsunami arrivera. Et ce n’est pas ce que disent les expert(e)s. Ils disent “les conditions sont réunies pour qu’il arrive”.
Philippe Jousset, Geosoc
Chercheur en géophysique
Philippe Jousset, Geosoc
Chercheur en géophysique
En l’espèce, les séismes de ces derniers mois montrent que l’activité sismique est particulièrement intense en ce moment, du côté de la Méditerranée. Les évacuations spectaculaires organisées à Santorin en février 2025, par exemple, ne manquent pas d’alimenter l’inquiétude. Mais si ces mesures de précaution sont pertinentes et nécessaires, cela ne veut pas forcément dire qu’un séisme de grande ampleur est imminent.
Philippe Jousset, Geosoc
Chercheur en géophysique
L'inquiétude soulevée par la perspective d'un potentiel tsunami n'est pas injustifiée, bien au contraire. Il y a tout lieu d'être sur ses gardes, car la nature de cette région est, par définition, propice à ce risque. Il y a eu des tsunamis par le passé, et rien n'incite à penser que cela ne se produira plus jamais. Il vaut donc mieux se montrer réaliste et pragmatique, et se préparer à cette éventualité pour la gérer au mieux le cas échéant.
Si les séismes sont si courants en Méditerranée, comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus de tsunamis ? Heureusement, tout séisme n’est pas synonyme de tsunami. Parmi les grandes conditions qui doivent être réunies :
CENALT
Centre d’alerte aux tsunamis
Attention toutefois : comme nous le disions plus haut, un tsunami peut aussi être déclenché par une éruption volcanique - et c’est déjà arrivé en Méditerranée. Le 30 décembre 2002, un glissement de terrain sous-marin a eu lieu sur les pentes immergées du Stromboli. En quelques secondes, une masse de roche a glissé dans la mer, provoquant un tsunami local. Des vagues de plusieurs mètres de haut ont ainsi frappé les côtes de la Sicile.

Et de fait, le Stromboli concentre certaines inquiétudes. Situé au nord de la Sicile, dans les îles Éoliennes, le Stromboli est l’un des volcans les plus actifs d’Europe. Il est en éruption quasi continue depuis des siècles, ce qui lui vaut le surnom de “phare de la Méditerranée”.
Particulièrement abrupt, le Stromboli présente la particularité de voir ses pentes directement plonger dans la Méditerranée - ce qui n’est pas sans conséquence en cas de chute de gros “débris” ou de glissements.
Francesco Italiano pour l’UNESCO, National Geographic
Responsable de la section de Palerme de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV)
D’après ce qu’on sait, l’un des tsunamis les plus violents jamais enregistrés en Méditerranée aurait eu lieu le 21 juillet 365, suite à un séisme au large de la Crète - d’une magnitude estimée entre 8,0 et 8,5.
George Pararas-Carayannis, sur ResearchGate
Président de la Tsunami Society International
Plus récent encore : on pense évidemment au tsunami de 1908, engendré par le tremblement de Terre de Messine. Environ 200 000 personnes avaient alors trouvé la mort.
Attention : un tsunami peut survenir très rapidement - parfois trop rapidement pour que les systèmes d’alarme se déclenchent longtemps avant l’arrivée de la vague. Pour cette raison, si vous avez un doute, n’attendez surtout pas et fuyez !
Consultez sans attendre les consignes données par France Diplomatie pour apprendre comment réagir en cas de séisme.
En cas de tsunami, beaucoup d’entre nous ont une tendance naturelle à vouloir mettre le plus de distance possible entre la mer et eux - et donc à vouloir fuir loin. Mais ce n’est pas la meilleure stratégie.
Il faut bien sûr vous éloigner le plus possible du rivage, mais tâchez surtout de fuir en hauteur dès que vous en avez la possibilité.
Les vagues d’un tsunami peuvent avancer à grande vitesse. Même si elles ne sont pas très hautes, elles peuvent donc s’enfoncer profondément et rapidement à l’intérieur des terres plates, surtout si le terrain est peu élevé. Et la vague ira toujours plus vite que vous.
À cet égard, le réchauffement climatique et l’élévation du niveau de la mer n’arrangent rien, puisque les vagues peuvent maintenant remonter beaucoup plus loin dans les terres.
Dans un contexte de tsunami, la rapidité d’évacuation est essentielle. Mais certaines personnes peuvent éprouver de grandes difficultés à fuir rapidement :
Pour cette raison, il est important de se préparer autant que possible en amont :