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L'influence des cycles de Milankovitch sur le climat terrestre
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L'influence des cycles de Milankovitch sur le climat terrestre

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Les cycles de Milankovitch nous aident à comprendre les variations naturelles du climat sur Terre. Mais expliquent-ils le réchauffement climatique actuel ?
Écologie
2026-01-08T00:00:00.000Z
fr-fr

Les points clés à découvrir dans cet article

  • Les trois paramètres des cycles de Milankovitch

  • La manière dont ils influencent le climat sur Terre

  • Pourquoi ils ne jouent aucun rôle dans le réchauffement climatique actuel

Lorsqu’on évoque le réchauffement climatique et la responsabilité que l’espèce humaine porte à cet égard, il n’est pas rare de se voir rétorquer que le climat de notre planète a, de toute façon, toujours connu des fluctuations. Indépendamment de ce que nous ou une quelconque autre forme de vie pouvait faire... Et c’est parfaitement exact. Le climat terrestre a changé par le passé et il changera dans le futur, pour des raisons naturelles et indépendantes de la civilisation humaine. Parmi elles : les fameux cycles de Milankovitch. 
la planète terre

Les cycles de Milankovitch

Cycles de Milankovitch, quèsaco ?

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Les cycles de Milankovitch font référence à des variations que connaît notre planète sur des périodes relativement bien identifiées. Ces variations impactent notamment son inclinaison, sa trajectoire ("l'orbite" en langage plus scientifique) mais aussi son axe de rotation. Or, l'ensemble de ces changements ont une influence directe sur le climat terrestre.

Laurent Sacco pour Futura Sciences

Journaliste scientifique

Ces modifications sont causées par l'attraction gravitationnelle des autres planètes du Système solaire, en particulier Jupiter et Saturne, du fait de leurs masses importantes, mais aussi Vénus de par sa proximité.
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Pour rappel, ce qu'on appelle une "orbite" correspond à la trajectoire que suit un objet autour d’un autre corps. Par exemple, on dit que la Lune dessine une orbite autour de la Terre, de même que la Terre dessine une orbite autour du Soleil - dit autrement, la Lune tourne autour de la Terre, et la Terre tourne autour du Soleil. L’axe de rotation de la Terre, quant à lui, désigne le degré d’inclinaison de notre planète par rapport à la verticale. Cet axe de rotation est actuellement de 23,4°. 

L’histoire de la théorie astronomique des climats

Benjamin Levrard

Institut de Mécanique Céleste, Observatoire de Paris

L'idée d'une influence astronomique sur les climats a longuement été débattue et souvent rejetée par la communauté scientifique et les climatologues avant que dans les années 1970, la comparaison entre les données climatiques et les données astronomiques à la fois dans le domaine temporel mais aussi en analysant les fréquences des signaux ne montre, de façon irréfutable, une corrélation entre le forçage astronomique et la réponse du climat terrestre.

On l’aura compris : l’histoire de "la théorie astronomique des climats" n’a pas été un long fleuve tranquille. Il aura fallu plus d’un siècle pour que l’existence de cette influence soit officiellement reconnue.

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Si les travaux de Milankovitch ont eu un impact décisif, il faut également souligner la contribution de Louis Agassiz et James Croll à cette découverte. Malheureusement, aucun des trois scientifiques ne vit la théorie validée de son vivant, car ce fut seulement en 1976 qu’un article publié dans Science par Hays, Imbrie et Shackleton démontra enfin l’existence de ces fameux cycles.  

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Les trois paramètres des cycles de Milankovitch

1. L’excentricité

excentricité milankovitch
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Le premier paramètre est l'excentricité. Cette dernière évalue dans quelle mesure l’orbite de la Terre s’écarte du cercle parfait.

Car contrairement à ce qu’on pourrait peut-être imaginer, la Terre ne tourne pas autour du Soleil en effectuant un cercle parfait. Sa trajectoire ressemble plutôt à une ellipse (une sorte de cercle aplati), dont la forme varie sur une période de 100 000 ans environ.

NASA

National Aeronautics and Space Administration

Au fil du temps, l'attraction de la gravité des deux plus grandes planètes géantes gazeuses de notre système solaire, Jupiter et Saturne, fait varier la forme de l'orbite de la Terre de presque circulaire à légèrement elliptique.
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Pour rappel, la Terre fait le tour du Soleil en 365 jours.

❄️
Lorsque l'excentricité grandit, l'orbite s'allonge et la Terre s'éloigne davantage du Soleil pendant une partie de l’année. Sur cette période, notre planète reçoit logiquement moins d’énergie solaire. 
☀️
Lorsque l’excentricité rétrécit, l’orbite se réduit et la Terre se rapproche davantage du Soleil pendant un certain temps. Elle reçoit alors plus d’énergie solaire. 

NASA

National Aeronautics and Space Administration

L'excentricité est la raison pour laquelle nos saisons ont des durées légèrement différentes, les étés dans l'hémisphère nord ayant actuellement environ 4,5 jours de plus que les hivers, et les printemps environ trois jours de plus que les automnes. Au fur et à mesure que l'excentricité diminue, la durée de nos saisons s'équivaut progressivement.
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On appelle périhélie le point d’orbite où la Terre se trouve la plus proche du Soleil, et aphélie le point d’orbite où elle s’en trouve la plus éloignée.

2. L’obliquité

obliquité milankovitch
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Le deuxième paramètre est l'obliquité, qui fait référence à l'angle dessiné entre l'axe de rotation de la Terre et le plan de son orbite autour du Soleil. Dit plus simplement, il s'agit de savoir si la Terre est plus ou moins "penchée".

Cet angle d’inclinaison oscille légèrement sur une période de 41 000 ans – entre 22,1° et 24,5°. Conséquence directe : la manière dont la lumière solaire se répartit sur Terre fluctue et affecte les saisons. 

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Quand l'inclinaison est plus faible (22,1°), les saisons sont moins marquées, car la différence entre l’énergie reçue en été et l’énergie reçue en hiver est moindre. Inversement, quand l'inclinaison est plus forte (24,5°), les saisons sont plus contrastées, avec des étés plus chauds et des hivers plus froids.

les saisons sur terre

NASA

National Aeronautics and Space Administration

Plus l'angle d'inclinaison axial de la Terre est grand, plus nos saisons sont extrêmes, car chaque hémisphère reçoit plus de rayonnement solaire pendant son été, lorsque l'hémisphère est incliné vers le soleil, et moins pendant l'hiver.

3. La précession

précession milankovitch
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Le troisième paramètre est la précession. Ce terme désigne en fait un mouvement que la Terre effectue sur son propre axe de rotation, et qui ressemble un peu au mouvement d’une toupie sur le point de s’arrêter.

Faites l'expérience : au début, la toupie devant vous tourne très rapidement sur elle-même en restant parfaitement droite. Puis, à mesure que la toupie ralentit, son axe de rotation jusqu'ici parfaitement vertical va se mettre à osciller par moment, jusqu'à ce qu'elle finisse par arrêter de tourner. Si la Terre, elle, ne cesse jamais de tourner, elle effectue en revanche ce mouvement d'oscillation – mais de manière infiniment plus lente bien sûr.

Il faut environ 26 000 ans pour voir s’effectuer un cycle complet de cette oscillation que l'on nomme "précession". Or, la précession a un impact direct sur les saisons telles que nous les connaissons, car elle change doucement la façon dont la Terre s’oriente par rapport au Soleil à un instant T de l'année.

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L’orbite de notre planète connaissant elle aussi des variations, l'orientation de notre planète au moment où elle connaît son point de périhélie et d’aphélie évolue donc à l’échelle de milliers d’années. Actuellement, le périhélie se produit en hiver dans l’hémisphère nord et en été dans l’hémisphère sud. La Terre se trouvant alors plus proche du Soleil, les hivers sont moins rigoureux dans l’hémisphère nord, tandis que les étés de l’hémisphère sud se trouvent accentués. Mais un jour, la situation se trouvera inversée.

périphérie et aphélie milankovitch

Sciences et Avenir

Magazine mensuel français de vulgarisation scientifique

(...) [dans l’hémisphère nord.ndlr] en l'an 6430, le périhélie aura lieu au moment de l'équinoxe de printemps. Et dans un peu moins de 10.000 ans, au moment du solstice d'été.

Comment les cycles de Milankovitch influencent-ils le climat ?

Les cycles de Milankovitch influencent le climat terrestre en modifiant la quantité et la répartition de l’énergie solaire que la Terre reçoit sur de très longues périodes. Lorsque l’excentricité est à son maximum, par exemple, notre planète reçoit moins d’énergie solaire, ce qui favorise les glaciations. 

Les cycles de Milankovitch expliquent en partie les alternances entre :

🥶
les périodes glaciaires au cours desquelles l’énergie solaire reçue est faible (en raison d’une faible obliquité, d’une orbite elliptique ou d’une précession défavorable), et les glaces s’étendent en conséquence ; 
😎
les périodes interglaciaires au cours desquelles l’énergie solaire augmente, les glaces fondent, et les températures globales remontent. 
une onde bleue

Milankovitch et le réchauffement climatique

Les cycles de Milankovitch ne sont pas responsables du réchauffement climatique que nous connaissons actuellement sur Terre. 

NASA

National Aeronautics and Space Administration

Les scientifiques ne connaissent aucun changement naturel dans l'équilibre entre la quantité de rayonnement solaire absorbée par la Terre et la quantité d'énergie rayonnée dans l'espace qui puisse expliquer une période de réchauffement climatique aussi rapide. La quantité de rayonnement solaire entrant n'a augmenté que légèrement au cours du siècle dernier et n'est donc pas un moteur du réchauffement climatique actuel de la Terre.
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Pour rappel, le réchauffement climatique est lié à l’accumulation excessive de gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine au sein de notre atmosphère. Pour en savoir plus à ce sujet, n’hésitez pas à consulter notre article explicatif. Si vous souhaitez également comprendre pourquoi le Soleil ne se trouve pas à l’origine du changement climatique, vous trouverez de plus amples explications dans notre article relatif aux arguments du courant climatosceptique.

Dernier point – et pas des moindres : aussi invraisemblable que cela puisse paraître au regard de l’actualité, il faut savoir que notre planète évolue actuellement vers la fin d’une période interglaciaire. La NASA confirme que les positions orbitales actuelles de la Terre devraient entraîner un refroidissement progressif de notre planète, commencé il y a déjà 6 000 ans environ. Un phénomène toutefois enrayé par le réchauffement climatique d’origine anthropique.

NASA

National Aeronautics and Space Administration

Les modèles climatiques indiquent que tout forçage du climat terrestre dû aux cycles de Milankovitch est submergé lorsque les activités humaines font que la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre dépasse environ 350 ppm.
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Or, en 2023, la concentration de dioxyde de carbone au sein de notre atmosphère a atteint 421 ppm. 

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Les limites des cycles de Milankovitch

Les cycles de Milankovitch ont beau être établis, cela ne signifie pas qu’ils gouvernent à eux seuls la science du climat terrestre. Pour preuve : comme nous venons de le voir, les êtres humains eux-mêmes sont parvenus à provoquer un réchauffement sans précédent (battant les records du maximum thermique du passage paléocène-éocène (PETM)), à une période où la Terre devrait lentement glisser vers une nouvelle ère glaciaire.

CORDIS

Commission européenne

Les recherches suggèrent que nous avons retardé le début de la prochaine période glaciaire, qui aurait dû commencer dans les 10 000 prochaines années environ.

Une forme de sacre. Mais pas des meilleurs.

Bibliographie

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