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Coupe du Monde FIFA 2026 : Quelle est la véritable empreinte carbone ?
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Coupe du Monde FIFA 2026 : Quelle est la véritable empreinte carbone ?

Secteurs d'activitéÉvénementiel
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Kara Anderson

Par , UK Copywriter, le 04/06/2026

Mis à jour par Agnès Potier-Murphy, le 16/06/2026

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footballer kicking ball
Notre analyse estime l'empreinte carbone de la Coupe du Monde 2026 à 7,8 millions de tCO₂e. Voici d'où viennent réellement les émissions.
Secteurs d'activité
2026-06-16T00:00:00.000Z
fr-fr
Data Story

Avertissement méthodologique : Les estimations contenues dans ce rapport reposent sur des données publiquement disponibles, des facteurs d'émission reconnus et des hypothèses transparentes documentées tout au long du texte. Lorsqu'aucun chiffre officiel n'est disponible, les meilleures données proxy disponibles sont utilisées, avec leur base et leurs limites clairement indiquées. Tous les chiffres visent à fournir un contexte et un ordre de grandeur plutôt que des mesures définitives. Les émissions réelles pourront varier. 

La Coupe du Monde FIFA 2026 sera le plus grand tournoi de football de l'histoire. Pour la première fois, la compétition s'élargit à 48 équipes et 104 matchs (soit une augmentation de 63 % du nombre de rencontres par rapport à Qatar 2022) répartis dans 16 villes aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Plus de cinq millions de billets ont déjà été vendus, sur un total anticipé d'environ six millions.

Cette envergure soulève une question simple : quel est le coût climatique réel d'un événement de cette taille ?

En s'appuyant sur des données publiquement disponibles et des méthodologies d'émissions établies, ce rapport construit une estimation bottom-up de l'empreinte totale en gaz à effet de serre de la Coupe du Monde 2026, couvrant les vols des équipes, les déplacements des spectateurs, les opérations des stades, les rénovations, l'hébergement, la logistique et les déchets.

👉 Le chiffre clé : environ 7,8 millions de tonnes de CO₂e. Soit approximativement 2,1 fois le total officiel déclaré pour Qatar 2022.

7,8 millions de tonnes de CO₂e
Qatar 2022

Mais le point le plus important demeure la structure de ces émissions. Le Qatar a construit sept nouveaux stades pour l’événement, générant d'énormes émissions d'infrastructure initiales. Le tournoi 2026 se déroule dans des stades NFL existants, de sorte que l'infrastructure ne représente que 3 % du total. En revanche, les déplacements des spectateurs dominent avec une estimation de 87 % de l'empreinte globale, car les supporters se rendent à un tournoi organisé dans trois pays répartis sur un continent, avec des distances de trajet moyennes nettement plus longues qu'au Qatar.

👉 Ce rapport passe en revue chaque source d'émission majeure, explique comment chaque chiffre a été calculé et replace les résultats dans leur contexte par rapport au Qatar 2022.

Une note sur la méthodologie et la transparence

Calculer l'empreinte carbone d'un grand événement sportif implique de faire des choix sur ce qu'il faut inclure, exclure, et comment estimer ce qui ne peut pas être directement mesuré. Chacun de ces choix est explicité dans ce rapport, chaque donnée étant sourcée et référencée.

Lorsqu'un chiffre vérifié existe (un coût de rénovation confirmé, un facteur d'émission du réseau publié, un chiffre de fréquentation officiel) il est utilisé directement. Lorsqu'un chiffre spécifique est introuvable, l’équivalent le plus défendable disponible est utilisé, avec sa base et ses incertitudes clairement indiquées. Lorsque les données sont véritablement indisponibles, la catégorie est soit exclue, soit signalée comme estimation indicative.

Une note sur la comparaison avec le Qatar 2022 : les deux tournois ont des structures, des méthodologies et des périmètres de reporting différents. Le chiffre officiel du Qatar (3 631 034 tCO₂e) couvre la période de reporting complète de 2011 à 2023, incluant plus d'une décennie d'émissions préparatoires. Ce rapport couvre uniquement la phase du tournoi et les coûts de rénovation attribuables à la Coupe du Monde. Les comparaisons tout au long du rapport doivent être lues comme directionnelles plutôt qu'exactes.

La Coupe du Monde 2026 en un coup d'œil

Avant d'examiner les émissions, il est utile de comprendre ce qui distingue structurellement 2026 du Qatar.

Paramètre Qatar 2022 2026 (USA / Canada / Mexique)
Équipes 32 48
Matchs 64 104
Villes hôtes 5 16
Pays hôtes 1 3
Fréquentation totale (anticipée) 3,4 millions ~6 millions
Construction de stades 7 nouveaux + 1 rénové 0 nouveau — rénovations uniquement
Durée du tournoi 28 jours ~39 jours

Les résultats d'emblée : total des émissions estimées pour 2026

Le total estimé pour la Coupe du Monde FIFA 2026 est d'environ 7,8 millions de tCO₂e, soit près de 2,1 fois les 3,63 millions de tCO₂e déclarés pour Qatar 2022.

Catégorie d'émissions Estimation 2026 (tCO₂e) Qatar 2022 (tCO₂e) % du total 2026
Déplacements des équipes (vols) 17 677 ~17 000
Déplacements des spectateurs 6 817 762 1 878 106
Exploitation des stades 63 126 52 404
Rénovation des stades 174 978 249 625
Merchandising et alimentation 80 670 45 770
Hébergement 367 200 728 403
Transport intra-urbain 161 604 91 690
Logistique et fret 63 716 39 210
Gestion des déchets 19 282 10 940
Médias et diffusion 1 528 940
TOTAL 7 767 543 3 631 034 100%

Données Qatar 2022 issues du Rapport FIFA de comptabilisation des GES 2022 .

Note sur les déplacements des équipes : le scénario favorable est retenu pour 2026 (scénario défavorable : 18 764 tCO₂e — écart de ~1 100 tCO₂e, négligeable à cette échelle). Les déplacements des équipes pour Qatar 2022 ne sont pas détaillés séparément dans le rapport GES officiel ; le chiffre de ~17 000 est une estimation dérivée.

Pourquoi 2026 génère-t-il plus d'émissions que le Qatar ?

La Coupe du Monde 2026 est tout simplement un événement de beaucoup plus grande envergure. La fréquentation devrait atteindre six millions (jusqu'à 76 % de plus que les 3,4 millions d'entrées cumulées au Qatar) et le nombre de matchs augmente de 63 %. Plus de personnes qui voyagent plus loin, pour plus de matchs, dans trois pays : c'est le principal moteur d'un total plus élevé.

+76 %
fréquentation
+63 %
matchs

Les distances de déplacement des spectateurs amplifient encore le phénomène. Les supporters indiens font face à un voyage aller-retour de près de 28 000 km ; depuis l'Arabie Saoudite, 24 600 km ; depuis le Royaume-Uni, près de 15 000 km. Le Qatar se situe au centre géographique des principales régions du monde passionnées de football. L'Amérique du Nord, non.

Le spectateur international moyen se rendant à l'édition 2026 fait face à un voyage aller-retour d'environ 19 400 km, contre une moyenne estimée à 13 000 km pour le Qatar. Cet écart de distance, appliqué à 2,1 millions de spectateurs internationaux, est le principal moteur de la différence dans les émissions liées aux déplacements des spectateurs.

Mais plusieurs facteurs structurels jouent en sens inverse, et ils sont significatifs. Le Qatar a construit sept nouveaux stades pour l’événement : ses émissions d'infrastructure seules s'élevaient à 893 337 tCO₂e, soit près d'un quart de son total déclaré. Le tournoi 2026 utilise des stades NFL existants, de sorte que cette catégorie tombe à 238 105 tCO₂e, soit seulement 3,1 % de notre total.

Les hôtels du Qatar, fonctionnant avec une climatisation industrielle continue par une chaleur désertique, généraient environ 103 kg CO₂e par personne-nuit ; les hôtels américains génèrent environ 18 kg CO₂e par personne-nuit (en considérant 36 kg CO₂e par chambre par nuit dans les facteurs de conversion GES DEFRA 2025, un chiffre qui s’appuie sur les données du Cornell Hotel Sustainability Benchmarking Index pour les États-Unis), divisé par une occupation standard de 2 personnes par chambre), soit environ six fois moins. Par ailleurs, les réseaux électriques des pays hôtes de 2026 sont environ 25 % moins carbonés que celui du Qatar, ce qui réduit les émissions des opérations des stades malgré 40 matchs supplémentaires.

Ce qui fait monter les émissions

✈️

Distance moyenne parcourue par les spectateurs internationaux

19 400 km

contre 13 000 km pour Qatar 2022

🌍

Spectateurs internationaux

2,1 millions

avec l'écart de distance appliqué à cette échelle

Ce qui fait baisser les émissions

🏟️

Infrastructures des stades

238 105 tCO₂e

contre 893 337 tCO₂e pour Qatar 2022

🏨

Émissions hôtelières par nuitée et par personne

18 kg CO₂e

contre 103 kg CO₂e pour Qatar 2022

Intensité carbone du réseau électrique

25 % inférieure

à l'intensité du réseau qatarien

87,8%

Le résultat net : les déplacements des spectateurs pèsent si lourd — 87,8 % du total — que les avantages structurels sur l'infrastructure, l'hébergement et l'intensité du réseau ne suffisent pas à les compenser.

déplacements spectateurs
infrastructures
hébergement
intensité du réseau

Déplacements des équipes

Comment nous avons calculé ce chiffre

Les distances sont calculées en orthodromie (aéroport à aéroport) en utilisant la formule de Vincenty. Les distances pour le Match 1 partent de l'aéroport principal de chaque nation jusqu'à son lieu de match ; les Matchs 2 et 3 utilisent les distances de lieu à lieu ; les tours à élimination directe utilisent le lieu du match précédent de chaque équipe comme origine.

Les facteurs d'émission sont calculés bottom-up à partir de la consommation de carburant des aéronefs : kg de carburant par heure ÷ vitesse de croisière = kg de carburant par km, puis × 3,16 (facteur CO₂ du carburéacteur GIEC) × 1,7 (multiplicateur de forçage radiatif, recommandations DEFRA/DESNZ).

Bandes de portée : court ≤ 1 500 km à 15,99 kg CO₂e/km, moyen 1 500–3 500 km à 19,59 kg CO₂e/km, et long > 3 500 km à 37,01 kg CO₂e/km.

Les déplacements des équipes sont l'aspect de l'empreinte carbone de la Coupe du Monde qui occupe le plus de place dans le débat public, mais ils représentent en réalité l'un des plus faibles dans cette estimation, à seulement 0,2 % du total. Quarante-huit équipes nationales qui prennent l’avion vers des tournois répartis dans trois pays génèrent environ 17 677 tCO₂e dans le meilleur des cas. La phase de groupes représente 91 % des émissions liées aux déplacements des équipes ; les tours à élimination directe contribuent relativement peu, car les équipes voyagent entre des villes américaines plutôt que de traverser des océans.

Pour replacer le total dans son contexte : l'ensemble des déplacements des équipes, soit 48 sélections, 104 matchs et des vols sur trois continents) représente l'équivalent de l'empreinte carbone annuelle d'environ 1 880 Français (sur la base du chiffre de consommation INSEE 2023 de 9,4 tCO₂e par personne et par an).

Les émissions estimées liées aux déplacements des équipes s'échelonnent entre 17 677 tCO₂e et 18 764 tCO₂e, soit une différence d'environ 1 100 tCO₂e pour l'ensemble du tournoi.
Tour Meilleur cas (tCO₂e) Pire cas (tCO₂e) Notes
Phase de groupes 16 152 16 152 Tous les lieux sont fixés
Huitièmes de finale 650 1 737 Équipe qualifiée inconnue
Seizièmes de finale 372 372 Exact
Quarts de finale 268 268 Exact
Demi-finales 121 121 Exact
Match pour la 3e place et Finale 114 114 Exact
TOTAL 17 677 18 764

Déplacements des spectateurs

Comment nous avons calculé ce chiffre

La fréquentation totale de 6 000 000 (FIFA, avril 2026)[1] est répartie à 35 % internationale (2,1 millions) et 65 % nationale (3,9 millions), sur la base des chiffres réels du Qatar 2022[2]. Les spectateurs internationaux prennent l'avion depuis l'aéroport de la plus grande ville de leur pays d'origine jusqu'au lieu de match et retour. La répartition par nationalité suit les principales nations visiteuses du Qatar 2022[3], les ressortissants des États-Unis, du Canada et du Mexique étant reclassés comme domestiques. Tous les voyages aller-retour internationaux sont long-courriers ; le facteur DEFRA 2025 classe économique long-courrier de 0,11704 kg CO₂e/pkm s'applique[4].

Pour les spectateurs domestiques (résidents des États-Unis, du Canada, du Mexique), nous avons dû estimer la proportion se déplaçant en avion par rapport à la voiture. Aucune donnée publiée n'existe sur le comportement de déplacement domestique spécifique à la Coupe du Monde ; nous avons donc utilisé le Super Bowl comme proxy le plus proche disponible. Le rapport d'impact économique du Super Bowl 2025 (LSU/EBPR) a constaté que 96 % des spectateurs venaient de l'extérieur de la Louisiane[5], et le rapport du Comité d'accueil du Super Bowl du Minnesota 2018 a établi que 95 % des visiteurs venaient de l'extérieur du Minnesota[6]. Ces deux points de données sont cohérents. Nous appliquons une répartition plus conservatrice de 80 % avion / 20 % voiture, ajustée à la baisse par rapport aux chiffres du Super Bowl pour tenir compte du caractère multi-sites de la Coupe du Monde 2026, où certains supporters assisteront à des matchs dans leur propre ville ou État et se déplaceront en voiture plutôt qu'en avion. Cet ajustement relève de notre propre jugement et ne s'appuie sur aucune source publiée. La distinction dans l'État / hors de l'État est utilisée comme proxy pour voiture/avion, ce qui constitue en soi une simplification étant donné la grande variabilité de la taille des États.

Pour la distance des vols domestiques, nous avions besoin d'un chiffre représentatif de la distance parcourue par un supporter prenant l'avion pour assister à un match de la Coupe du Monde. Plutôt que de supposer une ville d'origine fixe, nous avons calculé la distance moyenne entre les 16 villes hôtes : nous avons calculé la distance à vol d'oiseau entre chaque paire possible des 16 sites (120 paires au total) et les avons moyennées. Cela donne 2 367 km aller simple (4 733 km aller-retour). La logique est qu'un supporter prenant l'avion pour un match de la Coupe du Monde est à peu près aussi susceptible de voyager entre n'importe quelles deux villes hôtes, de sorte que la distance inter-villes moyenne constitue un équivalent raisonnable pour le vol domestique moyen. Cette distance aller-retour est long-courrier (plus de 3 500 km), donc le facteur DEFRA 2025 classe économique long-courrier de 0,11704 kg CO₂e/pkm s'applique[4].

Pour la distance en voiture, nous avions besoin d'une moyenne pour les supporters se déplaçant au sein de leur État. En utilisant les données de superficie des États du Bureau du recensement des États-Unis[7] (superficie totale des États-Unis 9 158 022 km² ÷ 50 États = 183 160 km² en moyenne par État), et en traitant l'État moyen comme un cercle, on obtient un rayon d'environ 241 km. Nous utilisons 200 km aller simple (400 km aller-retour) comme chiffre rond et conservateur. Il s'agit d'une approximation géométrique : la taille des États varie considérablement et les sites ne sont pas toujours situés au centre des États. Facteur voiture : 0,113 kg CO₂e/pkm (moyenne EPA véhicule particulier 0,170 kg CO₂/km ÷ 1,5 d'occupation moyenne du véhicule)[8].

Limites : la part internationale de 35 % repose sur le format compact du Qatar, à un seul pays[2] ; le large marché domestique de 2026 pourrait attirer une proportion plus importante de supporters locaux, réduisant ainsi les émissions totales. Chaque spectateur est modélisé comme n'assistant qu'à un seul match. Les données du Qatar indiquent que les visiteurs internationaux ont assisté en moyenne à environ 2,9 matchs, ce qui, dans le cas du Qatar, représentait un court trajet en taxi entre les sites. Pour 2026, assister à plusieurs matchs implique de prendre l'avion entre les villes, un profil d'émissions fondamentalement différent. Nous n'avons pas modélisé cela car aucune donnée fiable n'existe sur le nombre de matchs auxquels les visiteurs internationaux de 2026 assisteront, et appliquer directement le chiffre du Qatar risquerait de surestimer un comportement propre à un tournoi compact dans une seule ville. Il s'agit de la lacune la plus significative de notre estimation. Par ailleurs, début mai 2026, certains matchs de phase de groupes avaient encore des billets disponibles, ce qui suggère que la fréquentation finale pourrait être inférieure à 6 millions. La répartition voiture/avion utilise les frontières des États comme proxy, ce qui constitue une simplification compte tenu de la grande variabilité de leur superficie.

Note sur les facteurs d'émission : les facteurs de conversion GES DEFRA 2025[4] sont utilisés pour les vols des spectateurs, plutôt que la méthodologie bottom-up de consommation de carburant des aéronefs utilisée pour les déplacements des équipes. Les déplacements des équipes sont modélisés comme des arrangements de type charter. Les spectateurs voyagent sur des services commerciaux réguliers de type d'appareil inconnu, pour lesquels la méthodologie DEFRA par passager (basée sur des taux de remplissage réels et la composition de la flotte) est l'outil approprié. Les deux approches sont standard en comptabilité carbone et utilisent les mêmes tranches de distance.

87,8% des émissions totales

Les déplacements des spectateurs constituent, et de loin, la principale source d'émissions de cette estimation, environ 6,82 millions de tCO₂e, soit 87,8 % du total. Qatar 2022 a déclaré des émissions totales liées aux déplacements de 1,88 million de tCO₂e pour l'ensemble des spectateurs et des équipes. L'estimation des déplacements des spectateurs pour 2026 seule représente près de 3,6 fois ce chiffre.

✈️

6,82 millions de tCO₂e

émissions estimées liées aux déplacements des spectateurs pour 2026

📈

3,6×

les émissions de déplacement déclarées pour Qatar 2022

👥

725 000 personnes

approximativement l'empreinte carbone annuelle de Marseille

Source pour l'empreinte par personne en France : INSEE 2023, empreinte carbone basée sur la consommation .

Spectateurs internationaux

Comment nous avons calculé ce chiffre

Les 2,1 millions de spectateurs internationaux estimés sont modélisés à partir de la répartition par nationalité du Qatar 2022[1], ajustée pour reclassifier les visiteurs nord-américains comme domestiques.

Les 58 % restants des arrivées internationales non identifiées individuellement dans les données du Qatar se voient attribuer une distance de 9 710 km dans un sens : une moyenne pondérée dérivée des principaux marchés entrants outre-mer aux États-Unis par volume de visiteurs[2]. La pondération est basée sur les volumes de visiteurs déclarés pour le Royaume-Uni (4,037 millions), l'Inde (2,190 millions), l'Allemagne (1,995 million), le Brésil (1,910 million) et le Japon (1,844 million).

Toutes les distances sont calculées à l'aide de la formule de Vincenty depuis l'aéroport international principal de chaque nation jusqu'au centroïde géographique des 16 villes hôtes de la Coupe du Monde.

Origine Part visiteurs intl Distance aller (km) Aller-retour (km) Émissions est. / spectateur (kg CO₂e)
Arabie Saoudite 11 % 12 300 24 600 2 879
Inde 9 % 13 895 27 790 3 253
Royaume-Uni 6 % 7 413 14 826 1 735
Argentine 4 % 8 681 17 362 2 032
Égypte 3 % 10 946 21 892 2 562
Iran 3 % 11 476 22 952 2 686
Maroc 3 % 7 866 15 732 1 841
Soudan 3 % 11 500 23 000 2 692
Reste du monde (58 %) 58 % 9 710 19 420 2 273
Parts par nation issues de The Peninsula Qatar (novembre 2022) . Distance « reste du monde » pondérée à partir des données marchés entrants NTTO 2024 – Enquête sur les voyageurs aériens internationaux (SIAT) . Toutes les distances calculées via la formule de Vincenty. Facteur d'émission : Facteurs de conversion GES DEFRA 2025 , classe économique long-courrier : 0,11704 kg CO₂e/pkm.
✈️

2 407 kg CO₂e

émissions moyennes / spectateur international

×
👥

2,1 millions

spectateurs internationaux

=
🌍

5,05 millions de tCO₂e

total voyages internationaux

Pondéré sur toutes les nations d'origine, le spectateur international moyen génère environ 2 407 kg CO₂e. Appliqué à 2,1 millions de spectateurs internationaux, les émissions totales liées aux voyages internationaux s'élèvent à environ 5,05 millions de tCO₂e.

Spectateurs domestiques

Les 3,9 millions de spectateurs domestiques estimés (résidents des États-Unis, du Canada, du Mexique) sont répartis à 80 % avion / 20 % voiture. Le rapport d'impact économique du Super Bowl 2025 (LSU/EBPR) a constaté que 96 % des spectateurs venaient de l'extérieur de la Louisiane. Le chiffre de 80 % est retenu comme estimation centrale conservatrice pour un tournoi multi-sites où certains supporters assistent à des matchs locaux.

Segment Spectateurs Distance AR (km) FE (kg CO₂e/pkm) Émissions totales (tCO₂e)
Avion (80 %) 3 120 000 4 733 0,11704 1 728 690
Voiture (20 %) 780 000 400 0,113 35 256
Total domestique 3 900 000 1 763 946
La distance de vol de 4 733 km aller-retour est la distance orthodromique moyenne (Vincenty) calculée sur les 120 combinaisons par paires des 16 villes hôtes. La distance en voiture de 400 km aller-retour est dérivée de la superficie moyenne des États américains (183 000 km², Bureau du recensement des États-Unis ), convertie en rayon de cercle d'environ 241 km. Facteur voiture : EPA 0,170 kg CO₂/km ÷ 1,5 d'occupation ( NHTS 2022, US DOE ) = 0,113 kg CO₂e/pkm. Facteur vol : DEFRA 2025 classe économique long-courrier , 0,11704 kg CO₂e/pkm (le trajet domestique aller-retour de 4 733 km est long-courrier).
~4×
plus d'émissions par entrée qu'au Qatar 2022

Qatar 2022

552 kg CO₂e

par entrée

Coupe du Monde 2026

2 003 kg CO₂e

par entrée
Trajet aller-retour moyen du spectateur international
2026
19 400 km
Qatar
13 000 km
Le Qatar se situe au centre géographique de nombreuses grandes régions du monde passionnées de football, permettant des trajets relativement courts depuis l'Europe, l'Asie du Sud et l'Afrique. Ce n'est pas le cas de l'Amérique du Nord. La distance de trajet moyenne plus longue pour les spectateurs internationaux est le principal facteur des émissions plus élevées liées aux déplacements des spectateurs dans l'estimation 2026.

Exploitation des stades

Comment nous avons calculé ce chiffre

Les chiffres par match et par équipe du Qatar 2022 issus du Rapport de comptabilisation des GES FIFA 2022[1] sont utilisés comme référence et ajustés en appliquant le ratio du facteur d'émission du réseau pondéré 2026 à celui du Qatar.

Facteur de réseau pondéré 2026 : 0,344 kg CO₂e/kWh, basé sur États-Unis 0,367 kg CO₂/kWh[2], Canada 0,100 kg CO₂e/kWh[3] et Mexique 0,454 kg CO₂e/kWh[4], pondérés à 75/12,5/12,5 % par part de matchs.

Qatar : 0,460 kg CO₂e/kWh, d'après les données AIE citées dans le Rapport GES FIFA[1].

Limite : aucun ajustement de la charge de climatisation n'est effectué. Plusieurs sites 2026 font face à des conditions estivales chaudes, mais la différence nette d'énergie par rapport au Qatar ne peut pas être quantifiée de manière fiable sans données au niveau des sites.

L’exploitation des stades est estimée à environ 63 126 tCO₂e, soit 0,8 % du total. Les pays hôtes de 2026 génèrent de l'électricité à une intensité carbone pondérée de 0,344 kg CO₂e/kWh, environ 25 % inférieure à celle du Qatar de 0,460 kg CO₂e/kWh. Le réseau canadien est particulièrement propre à 0,100 kg CO₂e/kWh, reflétant un mix principalement hydroélectrique et nucléaire.

Rénovations des stades

Comment nous avons calculé ce chiffre

Les coûts de rénovation en USD sont convertis en EUR au taux de 0,92, puis multipliés par le facteur d'émission de construction basé sur les dépenses de l'ADEME de 0,245 kg CO₂e/EUR[1] (ADEME Base Carbone, « Travaux de construction », secteur NACE F).

Seuls les coûts confirmés ou déclarés après juin 2022 (date à laquelle la FIFA a annoncé les villes hôtes) sont attribués à la Coupe du Monde.

Pour les sites sans chiffre de coût public, les estimations sont extrapolées à partir de l'installation de gazon naturel confirmée à Seattle pour 19,4 M$[2], utilisée comme référence.

Limite : le facteur ADEME couvre l'ensemble du secteur de la construction français, et non les travaux spécifiques aux stades ; le carbone incorporé réel pourrait être plus élevé. Les estimations de coûts pour 8 des 16 sites sont indicatives uniquement.

Les rénovations des stades sont estimées à environ 174 978 tCO₂e pour les 16 sites, soit 2,3 % du total. Tous les sites 2026 sont des stades NFL préexistants. Les rénovations de 200 millions de dollars pour le Super Bowl au SoFi et Levi's Stadium sont exclues, ces travaux étant attribuables au Super Bowl LX ; les travaux spécifiques à la Coupe du Monde dans ces deux sites sont estimés à 12 millions de dollars chacun (ENR, mars 2026).

Site Coût rénovation CM Confiance Source / base tCO₂e
Seattle (Lumen Field) 19,4 M$ Confirmé ENR, mars 2026 4 375
Toronto (BMO Field) 114,4 M$ (C$157,9 M) Confirmé Ville de Toronto / CBC, mars 2026 25 786
New York (MetLife Stadium) 25 M$ Déclaré Déclaration PDG MetLife, mai 2026 5 635
Mexico (Estadio Azteca) 80 M$ Déclaré ENR, mars 2026 18 032
Vancouver (BC Place) 128,5 M$ (C$176 M) Déclaré WorldCupWiki / CBC, 2026 28 964
Boston (Gillette Stadium) 250 M$ Déclaré — borne haute ENR mars 2026. Travaux pré-2022 possibles. 56 350
Kansas City (Arrowhead) 50 M$ Déclaré Analyse 22ZIN, 2026 11 270
Philadelphie (Lincoln Financial) 25 M$ Estimé Benchmarké vs MetLife (périmètre identique) 5 635
Los Angeles (SoFi Stadium) 12 M$ Estimé ~62 % référence Seattle ; périmètre allégé 2 705
San Francisco (Levi's Stadium) 12 M$ Estimé ~62 % référence Seattle ; périmètre allégé 2 705
Atlanta (Mercedes-Benz) 10 M$ Estimé ~50 % Seattle ; travaux temporaires uniquement 2 254
Dallas (AT&T Stadium) 10 M$ Estimé ~50 % Seattle ; travaux mineurs 2 254
Houston (NRG Stadium) 10 M$ Estimé ~50 % Seattle ; préparation mineure 2 254
Miami (Hard Rock Stadium) 10 M$ Estimé Rénovation majeure 2016 ; préparation CM minimale uniquement 2 254
Guadalajara (Estadio Akron) 10 M$ Estimé ENR : rafraîchissement mineur 2 254
Monterrey (Estadio BBVA) 10 M$ Estimé ENR : rafraîchissement mineur 2 254
Sources des coûts de rénovation : ENR Engineering News-Record , Outlook India (déclaration PDG MetLife) , CBC News Toronto , WorldCupWiki , 22ZIN . Facteur d'émission : ADEME Base Empreinte® , 0,245 kg CO₂e/EUR (Travaux de construction, NACE F).

 Alimentation, boissons et marchandises

Comment nous avons calculé ce chiffre

Les facteurs d'émission officiels par spectateur du Qatar 2022 sont dérivés du Rapport de comptabilisation des GES FIFA 2022[1]. Alimentation et boissons : 26 560 tCO₂e ÷ 3 404 252 entrées = 7,80 kg CO₂e par spectateur. Marchandises : 19 210 tCO₂e ÷ 3 404 252 entrées = 5,64 kg CO₂e par spectateur. Les deux facteurs sont ensuite extrapolés à la fréquentation anticipée de 6 millions de spectateurs pour le tournoi 2026.

L'alimentation, les boissons et les marchandises sont estimées à environ 80 670 tCO₂e, soit 1,0 % du total. Ces chiffres sont dérivés du rapport GES officiel du Qatar, qui reste la seule Coupe du Monde pour laquelle des facteurs vérifiés par spectateur existent. À capacité maximale des sites (~7,24 millions d'entrées), l'estimation s'élève à environ 97 355 tCO₂e.

Catégorie FE / spectateur (kg CO₂e) Estimation centrale 2026 (tCO₂e) Capacité max. 2026 (tCO₂e)
Alimentation et boissons 7,80 46 812
56 494
Marchandises 5,64 33 858
40 861
Total 80 670 97 355

Hébergement

Comment nous avons calculé ce chiffre

Les spectateurs internationaux (2,1 millions) se voient attribuer un séjour moyen de 6 nuits, sur la base des chiffres du Qatar 2022 (Annexe II du Rapport GES FIFA)[1]. Les spectateurs domestiques (3,9 millions) se voient attribuer un séjour de 2 nuits. Il s'agit d'une estimation centrale sans source de données publiée directe, utilisée comme hypothèse plausible pour un court déplacement sportif domestique. Les émissions hôtelières sont calculées à l'aide des facteurs DEFRA 2025[2] : 36 kg CO₂e par chambre par nuit (États-Unis, Cornell CHSB), divisé par 2 personnes par chambre sous une hypothèse d'occupation standard.

Limite : les émissions d'hébergement sont sensibles à la durée de séjour domestique supposée. À 1 nuit, les émissions baissent d'environ 70 000 tCO₂e ; à 3 nuits, elles augmentent d'environ la même quantité.

L'hébergement est estimé à environ 367 200 tCO₂e, soit 4,7 % du total. Malgré une fréquentation quasi double, ce chiffre est nettement inférieur aux 728 403 tCO₂e du Qatar. Les hôtels du Qatar nécessitaient une climatisation industrielle continue, générant environ 103 kg CO₂e par personne-nuit, contre 18 kg CO₂e pour les hôtels américains, soit environ six fois moins.

Segment Spectateurs Nuits moy. FE (kg CO₂e/pers./nuit) Total (tCO₂e)
International 2 100 000 6 18 226 800
Domestique 3 900 000 2 18 140 400
Total 367 200

Transports intra-urbains, logistique, déchets et médias

Comment nous avons calculé ce chiffre

Ces catégories utilisent la décomposition Scope 3 du Rapport de comptabilisation des GES FIFA Qatar 2022 comme référence[1]. Transports intra-urbains et déchets : scalaire de fréquentation 6 000 000 ÷ 3 404 252 = 1,763×. Logistique/fret et médias/diffusion : scalaire de matchs 104 ÷ 64 = 1,625×.

Limite : le Qatar était un tournoi exceptionnellement compact[2] ; les transports intra-urbains en 2026 couvrent 16 villes dans trois pays distincts et obéiront à une logique structurellement différente.

Ces quatre catégories représentent environ 3,1 % du total.

Catégorie Qatar 2022 (tCO₂e) Scalaire Estimation 2026 (tCO₂e)
Transports terrestres intra-urbains 91 690 Fréquentation 1,763× 161 604
Logistique et fret 39 210 Matchs 1,625× 63 716
Gestion des déchets 10 940 Fréquentation 1,763× 19 282
Médias et diffusion 940 Matchs 1,625× 1 528
Total 142 780 246 130
Catégories exclues Construction des sites d'entraînement : le Qatar a construit des installations dédiées, alors que le tournoi 2026 utilise des infrastructures existantes.

Construction temporaire des stades et gradins (le plus grand poste d'infrastructure du Qatar à 640 058 tCO₂e, couvrant plus de 170 000 sièges temporaires et le stade Ras Abu Aboud) ne s'applique pas au tournoi 2026.

Comparaison complète avec le Qatar 2022

Le total officiel du Qatar de 3,63 millions de tCO₂e couvre la période de reporting complète de 2011 à 2023. Ce rapport couvre uniquement la phase du tournoi et les coûts de rénovation attribuables à la Coupe du Monde. La comparaison est directionnelle, et les moteurs structurels importent davantage que le ratio lui-même.

Catégorie Qatar 2022 (tCO₂e) Estimation 2026 (tCO₂e) Évolution Moteur
Déplacements (équipes + spectateurs) 1 878 106 6 835 439
+3,6× Plus de participants + distances plus longues
Infrastructure 893 337 238 105
−71 % Sites existants vs construction neuve
Hébergement 728 403 367 200
−50 % Intensité énergétique hôtelière plus faible
Alimentation, marchandises, transport intra-urbain, logistique, déchets, médias 131 188 326 800
+1,7× Plus de fréquentation et de matchs
Total 3 631 034 7 767 543 +2,1×
Le renversement le plus frappant concerne l'infrastructure. Les nouveaux stades du Qatar et les gradins temporaires représentaient 24,6 % de son total. Pour 2026, ce chiffre tombe à 3,1 %. Cette différence structurelle est ce qui empêche le chiffre 2026 d'être encore plus élevé, malgré un nombre de matchs et de spectateurs nettement supérieur.

24,6 %

du total Qatar 2022 — stades neufs et gradins temporaires

3,1 %

de l'estimation 2026 — infrastructures

Ce que cette estimation n'inclut pas

Le chiffre de 7,8 millions de tCO₂e a un périmètre défini. Les éléments suivants n'y sont pas inclus et méritent d'être explicitement mentionnés.

Présence à plusieurs matchs

Une note sur la fréquentation cumulée : cette estimation traite chacune des 6 millions d'entrées comme un individu distinct effectuant un trajet aller-retour complet. En réalité, certains spectateurs (notamment les visiteurs internationaux) assisteront à plusieurs matchs. Les données du Qatar suggèrent que les visiteurs internationaux ont assisté en moyenne à environ 2,9 matchs chacun. Un supporter assistant à trois matchs effectue un seul vol international aller-retour plus de courts trajets inter-villes, et non trois vols internationaux aller-retour distincts. Notre modèle surestime donc probablement les émissions liées aux déplacements des spectateurs assistant à plus d'un match. L'ampleur de cet effet dépend du nombre de spectateurs de 2026 qui assisteront à plusieurs matchs, ce qui est inconnu à l'avance, mais il convient de noter que notre chiffre principal pourrait surestimer les émissions à cet égard.

Visionnage à domicile

Des centaines de millions de personnes regardent la Coupe du Monde à la télévision ou en streaming. Environ 5 milliards de personnes ont suivi Qatar 2022 sur l'ensemble des plateformes (FIFA). Les émissions liées à la diffusion ne sont pas incluses ici.

Fan zones et diffusions publiques

Les fan festivals officiels de la FIFA et les diffusions publiques non officielles génèrent des déplacements supplémentaires, une consommation d'énergie et des déchets non pris en compte dans cette estimation.

Déplacements corporate et sponsors

Les diffuseurs, sponsors, invités en hospitalité corporate et l'écosystème commercial plus large entourant le tournoi génèrent des émissions hors du périmètre de cette estimation.

Opérations pré-tournoi

Le chiffre officiel du Qatar couvre les activités depuis 2011. Ce rapport ne couvre que la phase du tournoi ; la comparaison n'est donc pas entièrement à périmètre constant.

Ce que les chiffres signifient

87,8%

de l'empreinte totale provient des déplacements des spectateurs

74%

des émissions liées aux déplacements proviennent des visiteurs internationaux

3,1%

provient des opérations et rénovations des stades

7,77M

tCO₂e d'empreinte totale estimée

C'est un problème de déplacements des spectateurs, pas un problème de stades

La conclusion la plus importante est structurelle. L'empreinte carbone de la Coupe du Monde 2026 est dominée par les déplacements des spectateurs : 87,8 % du total, soit plus que toutes les autres catégories réunies. Les opérations et rénovations des stades ne représentent ensemble que 3,1 %. Les aspects de l'histoire environnementale de la Coupe du Monde qui retiennent le plus l'attention (construction, opérations, logistique des équipes) ne constituent pas le problème principal.

Une réduction significative des émissions pour 2026 et les tournois futurs ne viendra pas, en majorité, de stades plus économes en énergie ou de vols d'équipes moins émetteurs. Elle viendra de décisions sur les origines des supporters, leurs modes de déplacement et la question de savoir si le format du tournoi favorise ou non les voyages long-courriers.

Les voyages internationaux sont le principal moteur

Au sein des déplacements des spectateurs, les visiteurs internationaux représentent environ 74 % des émissions tout en ne constituant que 35 % des entrées. Un seul spectateur venant d'Inde génère environ 3 253 kg CO₂e (sur la base de la distance calculée par Vincenty de 13 895 km dans un sens depuis Mumbai jusqu'au site moyen de la Coupe du Monde, au facteur DEFRA 2025 classe économique long-courrier de 0,11704 kg CO₂e/pkm). À cette échelle, la répartition par nationalité du public est un levier plus déterminant que presque toute décision opérationnelle que la FIFA ou les pays hôtes peuvent prendre.

Si la part internationale s'avère inférieure aux 35 % retenus ici (hypothèse plausible au vu du large marché domestique de 2026), les émissions totales seraient sensiblement plus faibles.

Le Qatar n'est pas une référence pertinente

Le total de 3,63 millions de tCO₂e du Qatar correspond à un tournoi dont le profil d'émissions est très différent de celui de 2026. Le Qatar se situe au centre géographique des principales régions du monde passionnées de football : un vol relativement court depuis l'Europe, l'Asie du Sud et l'Afrique simultanément. Son mix de visiteurs comprenait d'importants voyageurs long-courriers en provenance d'Inde, du Royaume-Uni, d'Argentine et d'ailleurs, mais sa distance de trajet moyenne était nettement plus courte que celle de 2026. Il a également généré d'énormes émissions d'infrastructure initiales en construisant sept nouveaux stades, ce qui a représenté près d'un quart de son total. Un tournoi compact du Golfe avec une infrastructure largement nouvelle n'est pas un modèle transposable à ce que seront les futures Coupes du Monde, et les chiffres 2026 le reflètent globalement.

Les déclarations de neutralité carbone exigent un périmètre clair

La possibilité d'une Coupe du Monde durable dépend entièrement du périmètre de reporting retenu. S'il ne couvre que les émissions opérationnelles (logistique, énergie, voyages officiels) des progrès significatifs sont envisageables. S'il est censé refléter l'impact climatique total des déplacements de millions de supporters à travers le monde, le défi est d'un tout autre ordre de grandeur.

Lorsque les États-Unis, le Canada et le Mexique ont soumis leur candidature conjointe en 2018, les consultants en développement durable ARUP ont estimé l'empreinte carbone totale du tournoi à 3,7 millions de tCO₂e. Ce chiffre (basé sur un tournoi de 80 matchs, et non les 104 finalement confirmés) reste l'estimation officielle la plus citée pour 2026. La FIFA a depuis publié une Stratégie de Durabilité et de Droits Humains pour le tournoi (inside.fifa.com/tournament-organisation/world-cup-2026-sustainability-strategy), articulée autour de quatre piliers dont un pilier environnemental couvrant l'efficacité énergétique, la réduction des déchets et la planification des transports au niveau des villes hôtes. La stratégie ne fixe cependant pas de budget carbone spécifique ni d'estimation d'émissions actualisée pour le tournoi, et ne contient aucun engagement sur la manière dont l'empreinte totale sera rendue publique.

Les engagements généraux de la FIFA (une réduction de 50 % des émissions d'ici 2030 et la neutralité carbone d'ici 2040) s'appliquent à la FIFA en tant qu'organisation, et non à ce tournoi spécifiquement. Ils ont été annoncés à la COP26 en 2021 dans le cadre du Programme des Nations Unies Sport pour l'Action Climatique.

La stratégie n'aborde pas les déplacements des spectateurs, que ce rapport identifie comme représentant 87,8 % de l'empreinte totale estimée. L'écart entre l'estimation officielle de la candidature et les estimations indépendantes est considérable : le chiffre de Greenly de 7,77 millions de tCO₂e est 2,1 fois supérieur à l'estimation ARUP ; les Scientists for Global Responsibility, en partenariat avec l'Environmental Defense Fund, ont établi leur estimation indépendante à 9 millions de tCO₂e (sgr.org.uk). La déclaration de neutralité carbone de la FIFA pour le Qatar 2022 a été jugée non étayée par le régulateur suisse de la publicité en juin 2023 (rapporté par The Guardian, juin 2023) : première décision réglementaire formelle à l'encontre d'un organe dirigeant pour greenwashing d'un grand événement sportif.

Les déplacements des spectateurs ne sont pas une externalité. Ils sont la raison d'être du tournoi.

Le score final

La Coupe du Monde FIFA 2026 devrait générer environ 7,8 millions de tCO₂e, soit environ 2,1 fois le total officiel du Qatar 2022 de 3,63 millions de tCO₂e. L'envergure plus importante, le format multi-pays et les distances de trajet moyennes plus longues poussent tous les émissions à la hausse. Mais le tournoi ne nécessite pas non plus de nouveaux stades, bénéficie d'un réseau électrique plus propre et opère sur des marchés où l'infrastructure hôtelière est nettement moins carbonée.

Le défi, ce sont les déplacements des spectateurs. Quand des millions de supporters traversent l'Atlantique, le Pacifique et le continent nord-américain en avion, l'arithmétique carbone est implacable. La conception des stades et les opérations du tournoi (les éléments que les organisateurs contrôlent le plus directement) ne sont pas la principale source du problème.

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