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Les différents types d'obsolescence programmée
Ce que dit la loi à son sujet et les dispositifs de lutte contre cette pratique
Au-delà d'inciter à la surconsommation, l'obsolescence programmée est désastreuse pour notre environnement. Mais qu'est-ce que l'obsolescence programmée ? Quelles formes prend-elle ? Quid de ses impacts environnementaux ? Que dit la loi à son sujet ? Et surtout, comment lutter contre l'obsolescence programmée ?

L'expression "obsolescence programmée" vient du latin obsolescere signifiant "tomber en désuétude". Selon Légifrance, il s'agit de "l'ensemble des techniques par lesquelles le metteur sur le marché d’un produit vise à en réduire délibérément la durée de vie pour en augmenter le taux de remplacement".
Autrement dit, l'obsolescence programmée est une pratique commerciale déloyale qui consiste à concevoir des produits à la durée de vie réduite. Un objectif : accroître les profits en poussant les consommateurs.rices à venir acheter de nouveau. Ce procédé s'inscrit dans un modèle de production et de consommation linéaire (extraire, produire, consommer et jeter).
Pour rappel, en 2012, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a défini 4 types de durée de vie :
L'obsolescence programmée peut se présenter sous quatre formes différentes :
L'obsolescence programmée concerne essentiellement 3 types de produits :
Puis en 1932, un certain Bernard London propose cette technique pour relancer l'économie des États-Unis, où les effets de la crise de 1929 continuent de se faire sentir. Car selon lui, cette pratique stimule la production et la consommation.
Mais il faut attendre les années 1950 pour qu'un designer américain, Brooks Stevens, fasse de l'obsolescence son fer de lance. Il popularise ainsi la notion de "tendance", en proposant régulièrement de nouveaux modèles au design inédit.
Il va sans dire que depuis la seconde moitié du XXe siècle, le développement quasi constant de la société de consommation a grandement contribué à faire de l'obsolescence programmée une forme de norme.
Depuis 2014, l'obsolescence programmée est considérée comme un délit par la loi Hamon. La loi de la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 est ensuite venue durcir la réglementation française.
Elle reconnaît et punit l'obsolescence programmée :
Aujourd'hui, rares sont les personnes qui ne détiennent pas d'appareils électroniques. Mais rares sont également les personnes qui sachent ce que contiennent ces fameux appareils électroniques.
Les smartphones, par exemple, contiennent pas moins de 70 composants dont le cobalt et le lithium (utilisé pour la conception des batteries). Or, la surexploitation de ces matières premières n'est pas sans conséquence :
Le renouvellement constant de nos appareils incite à la surproduction, occasionnant une pollution aux proportions gigantesques. Celle-ci est engendrée tout au long du cycle de vie du produit, mais plus particulièrement au moment de l'extraction de ces fameuses matières premières, de la production de l'appareil, de sa distribution et de sa fin de vie.
Chaque année, 20 à 50 millions de tonnes de déchets sont jetés, ce qui représente environ 20 kg de déchets par Français.ses.
Selon l'organisation "Halte à l'obsolescence programmée" (HOP), l'allongement de la durée de vie des équipements informatiques, de l'électroménager, du textile et de l'ameublement permettrait de diminuer les émissions annuelles françaises de 77 millions de tonnes de CO₂.
En vue d'améliorer la durée de vie des appareils, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire a acté la mise en place d'un indice de réparabilité de certains produits électroniques et électriques au 1er janvier 2021 .
Cette note permet d'orienter les décisions d'achat des consommateurs vers des produits facilement réparables, justifiant d'une durée de vie plus longue.
De nouvelles catégories ont été ajoutées le 1er janvier 2022. Sont ainsi concernés :
Le caractère plus ou moins réparable de chaque bien est noté sur 10. Ceci prend en compte la disponibilité et le prix des pièces détachées, mais également la démontabilité du produit, ou encore la disponibilité des conseils d'utilisation et d'entretien.
En 2025, cet indice a commencé à évoluer vers "l'indice de durabilité" sur les téléviseurs (le 8 janvier) et les lave-linge (8 avril), avec l'ajout de nouveaux critères, tels que la robustesse et la fiabilité des appareils.
L'éco-conception consiste à allonger la durée de vie d'un objet en le rendant plus robuste, réparable, facile à entretenir et adaptable aux évolutions technologiques. Évidemment, il s'agit aussi de réduire son impact sur l'environnement (avec l'usage de matières recyclées notamment).
Le fabricant optimise les étapes du cycle de vie de l'appareil pour le rendre plus écologique en :
De son côté, le.la consommateur.rice contribue à la lutte contre l'obsolescence programmée en prenant soin de son matériel. Des actions simples peuvent être mises en place :
Les garanties doivent évidemment être mises à profit aussi souvent que possible. Outre le fait que le recours aux garanties permet d’allonger la durée de vie de ses produits en les faisant réparer, elle pousse les fabricants à concevoir des produits plus durables. En cas de réparation sous garantie, c'est le fabricant ou le vendeur qui paie.
Il existe deux types de garanties :
La digitalisation de nos services, de nos relations et l'essor du télétravail nous a rendu.e.s accros aux appareils numériques. Or, certain.e.s consommateurs.rices peinent à résister à l'appel de la nouveauté.
Parvenir à prendre du recul au milieu de ces appels incessants à consommer n'est facile pour personne. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas quelques bonnes pratiques à mettre en place : supprimer les applications mobile à usage purement commercial, se fixer un délai minimal de réflexion avant d'envisager sérieusement de passer à l'achat d'un produit donné, se désabonner des newsletters de certaines marques, etc.